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Nationale

Manifestations du 17 octobre 1961 : l’horreur à Paris

Manifestations du 17 octobre 1961 : l’horreur à Paris

Il y a cinquante-huit ans, le 17 octobre 1961 a été marqué par une répression sauvage de la police française à Paris, lors d’une manifestation pacifique d’Algériens organisée par le Front de libération nationale (FLN).

Le bilan de cette manifestation, qui appelait à la paix, est effrayant : plus de 200 morts ont été décomptés au lendemain de la marche. « C’est un devoir de mémoire de commémorer cette journée qui témoigne du massacre dont ont été victimes des dizaines de milliers d’Algériens de tous les âges », témoignent les survivants. Les manifestants étaient venus directement de leur lieu de travail ou des quartiers où ils habitaient à Nanterre, pour dénoncer le colonialisme français. « Cela faisait 7 ans que la guerre en Algérie avait éclaté. » Témoigne hadj Mohamed, un octogénaire. Il avait à peine dix-huit ans quand il a répondu à l’appel à la manifestation, lancé par le FLN. « Des restrictions ont été prises par le gouvernement français a l’encontre de la communauté algérienne de France, à savoir le couvre-feu qui leur a été imposé. » En ajoutant :

« Ça devait être une manifestation pacifique dépourvue de toute violence ; elle devait se dérouler dans les rues de Paris. Environ 30 000 personnes se s’étaient rassemblées pour cette marche » conclut notre interlocuteur. Les manifestants criaient des slogans : « Algérie algérienne », « Pas de couvre-feu », « Libérez Ben Bella », « Paix », « Négociation ». Confiants, ils sont sortis en toute sérénité et ont marché dans les principaux quartiers de Paris : la Concorde, Opéra, Bonne-Nouvelle, Etoile et Pont de Neuilly. Cependant, les services de police, sous la responsabilité du préfet de Paris, Maurice Papon, avaient préparé une répression sauvage. La police a tiré sur la foule en plein Paris, au pont de Neuilly et les (CRS), ayant resserré l’étau autour des Algériens, ont jeté ces derniers dans La Seine par dizaines. Les manifestants ont été embarqués dans des bus pour être placés dans des camps d’internement provisoire où ils étaient parfois battus à mort. Le lendemain, La Seine a charrié des cadavres par dizaines. Plus de 15 000 Algériens ont été interpellés, arrêtés et torturés. Ils ont subi des violences innommables. Néanmoins, les autorités françaises ont minimisé la répression en annonçant deux morts seulement et 68 blessés. Immédiatement après, la presse a contesté les chiffres. Le Monde écrit : « Les morts et les blessés sont plus nombreux qu’on ne le dit » (source : Regard sur le siècle).

Pour rappel, la presse française a été censurée, comme l’a indiqué le quotidien l’Humanité dans son édition du 18 octobre 1961. Plusieurs jours après le massacre, des corps continuaient à être retirés de La Seine. « Ils ont marché avec l’espoir d’acquérir une résolution positive pour l’Algérie, mais le bilan a été horrible. Personne ne peut savoir le nombre exact d’Algériens assassinés, encore moins le nombre de disparus », témoigne Malik, victime du massacre commis par la police à l’encontre des marcheurs pacifiques. Cette journée du 17 octobre 1961 est commémorée par tous les Algériens, comme on peut le constater sur les réseaux sociaux. Les jeunes restent connectés et contre l’oubli de cette journée, comme en témoignent les jeunes sur leur page : « Allah yarham chouhada ; l’indépendance de l’Algérie a été chèrement payée par les patriotes. » D’autres internautes publient également sur leur mur : « On n’oublie pas nos morts, on les porte dans nos cœurs… »

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