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Nationale

Manifestations citoyennes : Omerta des uns et expectative des autres

Manifestations citoyennes : Omerta des uns et expectative des autres

 C’est le silence radio qui caractérise l’ensemble des partis de l’allégeance et le gouvernement, suite au deuxième acte de protesta spectaculaire qui a été signé, massivement, par le peuple algérien vendredi passé, pour revendiquer le retrait du président actuel des élections présidentielles prévues en avril prochain.
Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, dont l’intervention jeudi dernier devant lses députés n’a fait que raffermir la détermination du peuple et redoubler sa solidarité, tombe le lendemain dans le mutisme.
Abdelmalek Sellal, qui vient tout juste de reprendre sa mission de chef d’orchestre censé « relooker » au maximum l’image du Président en poste en vue de briguer un 5e mandat, trébuche d’ores et déjà avec l’imprévisible mouvement de manifestations que connaît le pays depuis plus d’une semaine.
On vient d’apprendre officiellement son limogeage de la direction de campagne du candidat Abdelaziz Bouteflika. Il a été remplacé par Abdeghani Zaâlane, actuel ministre des Travaux publics et des Transports.
Il n’y a que le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Nourredine Bedoui, qui a fait une sortie médiatique en se déplaçant à l’hôpital de la Sûreté nationale (Les Glycines) pour s’enquérir de l’état de santé des policiers blessés lors des petites escarmouches ayant eu lieu vers la fin de ces manifestations. Certes, Bedoui n’a pas manqué de saluer le caractère pacifique de ces manifestations et de rappeler « le droit du peuple algérien à la liberté d’expression ». Mais il faut dire aussi qu’il n’a pas hésité à durcir le ton pour avertir contre d’éventuelles dérives incontrôlables que pourraient provoquer quelques opportunistes qui s’infiltreraient parmi la foule.
Pour le quatuor composant l’alliance présidentielle, à savoir le Rassemblement national démocratique (RND), le Front de libération nationale (FLN), TAJ et le MPA, qui se sont donnés à « un grand spectacle » le jour de la désignation du président Bouteflika comme candidat à la présidentielle du 18 avril 2019, cet élan de solidarité du peuple refusant le 5e mandat semble les pousser dans l’omerta.
Les attentes de l’opposition
De son côté, la classe politique dite d’opposition a réagi de façon timide ou plutôt feint d’être au-devant de la scène politique. 
C’est le cas du Mouvement de la société pour la paix (MSP), dont le président Abderrazak Makri n’exclut pas un report de l’élection présidentielle après ce grand mouvement populaire, dans un communiqué rendu public vendredi soir.
« Le MSP réaffirme son soutien au mouvement populaire pacifique auquel il participe depuis le début et affirme que ce mouvement doit se poursuivre jusqu’à ce que ses objectifs soient atteints », estime le MSP.
Il a appelé à la rectification du processus électoral pour que la prochaine élection présidentielle, qu’elle se tienne dans les délais ou à une autre date, soit transparente pour conférer des perspectives d’avenir au pays. Selon ce parti, il est temps que le pouvoir soit attentif aux revendications du peuple et qu’il rejette l’option du cinquième mandat.
Le FFS, quant à lui, a indiqué lors d’un meeting organisé hier à Skikda que « le peuple algérien a donné une véritable leçon de manifestation pacifique, mobilisant toutes les franges de la société ».
Le premier secrétaire du FFS, Mohamed Hadj Djilani, a dit que « le peuple algérien a réaffirmé sa volonté du changement, lui qui aspire depuis plus d’un demi-siècle à son droit à l’autodétermination. La volonté populaire s’est exprimée dans la rue en faveur du changement, la construction d’une alternative démocratique est en marche ».
« La crise que traverse le pays n’est pas une crise de personnes mais plutôt une crise de projet politique, économique et social », a estimé M. Djilani, ajoutant que l’objectif du changement est de « reconstruire le consensus national et populaire, d’élire une Assemblée nationale constituante souveraine et de jeter les bases d’une seconde République ».
Saluant la mobilisation pacifique des Algériennes et des Algériens pour le changement et l’édification d’un Etat de droit, Djilani considère que la maturité et la conscience politique existent bien au sein des rangs du peuple.
Il a appelé en outre les citoyens à « faire preuve de vigilance afin que les projets ne sortent pas de leur véritable chemin qui est celui d’une véritable alternative démocratique ».
Pour Djilani, le FFS a été « parmi les premiers à appeler à la mobilisation pacifique des Algériens et Algériennes et des forces vives du pays pour imposer l’alternative démocratique sociale ». 

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