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Monde Afrique

Mali : Maiga accuse Paris de trahison

Mali : Maiga accuse Paris de trahison

Alors que la tension est encore vive, le Premier ministre malien, Choguel Maïga, vient d’enfoncer le clou. Il a accusé la France de trahison et de vouloir “diviser” le Mali, en alimentant, voire encourageant des velléités autonomistes.

Dans un entretien exclusif accordé à France 24 et RFI, le chef de gouvernement malien a révélé que « les hautes autorités françaises, des sénateurs et des députés ont dit clairement dans des débats: ”il faut donner l’autonomie au nord du Mali” ».

Le Premier ministre estime “très clair” que Paris, par ses “manœuvres”, et son “discours” qualifiant la junte au pouvoir d’illégitime, “préparait un plan” pour la renverser.

Choguel Maïga affirme que Bamako n’a “jamais demandé” le départ, récemment annoncé, des militaires français de l’opération Barkhane. Il assure que les Français ont pris la décision de partir “au motif que le Mali s’apprêterait à discuter avec les terroristes.”

Le chef du gouvernement explique que les militaires maliens ont déjà réoccupé les bases libérées par les Français ces dernières semaines. “Nous nous sommes réorganisées”, assure le Premier ministre, preuve que le départ des militaires français n’a pas vraiment déstabilisé les autorités maliennes, en dépit de la persistance de la menace terroriste dans le pays et au Sahel.

Interrogé à propos du groupe russe Wagner, il précise que le Mali travaille “avec des coopérants russes”, dans le cadre d’un contrat signé avec Moscou. “Le mot Wagner, ce sont les Français qui le disent. Nous, on ne connaît pas de Wagner”, affirme-t-il.

Maïga revendique plusieurs victoires contre les radicaux islamistes sur le terrain : “On est allés au cœur du terrorisme pour détruire les bases et nous gagnons du terrain”, phrase qui accable indirectement les bilans négatifs des opérations françaises depuis de longues années, sans véritable résultat probant sur le terrain. C’est cet échec de l’intervention militaire française qui ne semble pas être du goût de Paris et qui a motivé surtout la réaction des officiers supérieurs de l’armée malienne.

Sur le plan de la partition du territoire malien, Maiga a ajouté que Paris veut “diviser le Mali et que les Maliens du nord et du sud ne peuvent pas vivre ensemble”.

Maïga a fait savoir qu’Alain Juppé, alors ministre des Affaires étrangères sous Nicolas Sarkozy, a dit lors de son dernier voyage au Mali en mars 2012 qu’il “faut donner l’autonomie aux Touareg”.

Pour le candidat du Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR) qui se présente pour la troisième fois à la présidentielle malienne, il faut selon lui  “rebâtir l’Etat, il faut refonder l’armée, il faut réaffirmer un deuxième point, l’unité de notre peuple et l’intégrité de son territoire; il faut ensuite former l’homme comme actuel développement et enfin assurer la promotion de la femme et redonner espoir à la jeunesse”.

“Ce qui nous est arrivé, soutient-il, c’est le résultat d’une trahison du peuple et de son armée, par l’élite politique”.

“Pendant vingt ans, on a instauré l’indiscipline dans l’armée; les hauts responsables politiques ont fait de l’armée un dépotoir de tous les enfants qu’ils n’arrivaient pas à contrôler”, a-t-il estimé.

Ce n’est pas la première fois que Maiga accuse Paris d’ingérence et surtout de trahison. Il y a quelques semaines, le Premier ministre malien a déploré le “vide” que risque de créer le retrait des troupes françaises dans le nord du Mali particulièrement. Il a accusé la France d’un “abandon en plein vol” avec sa décision de retrait de la force Barkhane, justifiant la nécessité pour son pays de “chercher d’autres partenaires”.

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