-- -- -- / -- -- --
Nationale

Mali : La CMA rejette le pré accord d’Alger

Mali : La CMA rejette le pré accord d’Alger

La nouvelle est tombée comme un couperet, la Coordination des mouvements de l’Azawad, a finalement rejeté le document sanctionnant de longs mois de dialogue inclusif. La Malgré les signes évidents d’un malaise chez les négociateurs de la CMA, tout le monde voulait encore croire à un effort politique devant aboutir au paraphe du pré accord d’Alger.

Aujourd’hui, en plus des violences persistant au Mali contaminant même la capitale Bamako, c’est un nouvel ajournement de la paix qui vient contrarie le labeur de la médiation internationale dont l’Algérie a assuré généreusement la tête de file. Coup dur passager ou crise majeure ?

« Il fallait s’y attendre » diront les uns, « incroyable » prétendront les autres. La Coordination des mouvements de l’Azawad, la CMA, composée notamment du MNLA, du MAA et du HCUA, ne paraphera pas finalement le pré accord d’une trentaine de pages qui aspirait à poser une feuille de route pour construire une paix durable au Mali.

Pour rappel, les leaders de cette branche de la rébellion avaient décidé de ne pas parapher ledit document le 1er Mars dernier quand les autres parties, représentants du gouvernement malien et les groupes politico-militaires rassemblés dans la Plate-forme, ont accepté d’entériner le contenu par l’apposition d’un paraphe en attendant la signature définitive qui était prévue à Bamako vers la fin de ce mois.

« La CMA demande à la médiation internationale de lui accorder le temps et le soutien nécessaire pour partager de bonne foi le projet d’accord avec les populations de l’Azawad dans un délai raisonnable avant tout paraphe(…) et rassure la communauté internationale(ONU, UE, UA, CEDEAO, OCI) et les Etats membres de la médiation(Algérie chef de file, Burkina Faso, Mauritanie, Niger, Tchad) que sa démarche vise à donner toutes les chances de réussite au processus d’Alger pour aboutir à un accord durable » affirment les dissidents dans la déclaration lue par un de ses représentant à Alger. Un message poli qui annonçait toutefois quelques difficultés…

L’amertume des Azawadiens

La médiation a bien eu l’intention d’accompagner les leaders de la CMA dans leur campagne d’explication du contenu du pré accord d’Alger.

Mais, l’effervescence hostile à ce texte excluant toute idée de fédéralisme, a précédé le retour des négociateurs dans le septentrion malien, en particulier à Kidal, fief irrédentiste particulièrement attaché à une redéfinition de la gouvernance jacobine malienne pour une large autonomie de type fédérale au profit de l’Azawad.

Une entité que Bamako et nombre de Maliens du Sud (et même du Nord du Mali) ont du mal à reconnaître en acceptant cependant le préambule du pré accord d’Alger qui évoque l’Azawad comme « une réalité socioculturelle, mémorielle et symbolique ».

Pas assez pour les Azawadiens qui n’ont pas apprécié un certain paternalisme tactique dans l’appréhension de leur identité et de leur revendication territoriale tout au long des débats pendant les cinq rounds de pourparlers à Alger. Un membre du MNLA ira jusqu’à déclarer dans les coulisses que les réactions des émissaires du gouvernement malien devant les membres de la médiation n’ont fait que blesser davantage les Azawadiens en plus d’accentuer les frustrations.

« A plusieurs reprises nous avons évité de claquer la porte en raison de notre grande amitié et de notre sincère reconnaissance à l’endroit de l’Algérie qui a encore une fois voulu nous aider à trouver une sortie de crise pacifique dans notre contentieux historique avec le pouvoir malien. »

Les langues se délient et la CMA reproche à présent à certaines parties de la médiation d’avoir exercé des pressions. Moussa Ag Assarid, représentant du MNLA en Europe a déclaré que « ce document n’est pas en mesure d’apporter la paix ».

Un sixième round à Tam ?

Que va-t-il donc se passer à présent à Bamako ? Peut-on concevoir la poursuite du processus sans une partie importante de la rébellion ? Impensable. Il faudra donc ramener les dissidents à la table de négociations pour une nouvelle étape de discussions. Le gouvernement malien n’a pas d’autres choix que de garder la porte du dialogue ouverte.

Du côté d’Alger, des sources proches du dossier nous ont assuré que des contacts sont maintenus avec la CMA et qu’un plan B est à l’étude pour permettre au front du refus de rejoindre le dialogue.

Ag Assarid étant favorable à des discussions supplémentaires à Bamako, le JI a appris qu’un sixième round réservé aux négociateurs de la CMA devrait être organisé dans les prochains jours à Tamanrasset, selon un membre influent de la Coordination qui a requis l’anonymat. « Nous voulons toujours dialoguer mais pas au détriment de nos revendications légitimes.

Le Gatia est venu jouer au trouble-fête en tentant de nous mettre en minorité sur nos terres ancestrales. Mais c’est une erreur car s’il devait rester un seul Azawadien jaloux de sa liberté, Bamako ne pourrait pas mater l’Azawad. Nous pensons qu’Alger l’a compris et continuera à promouvoir le dialogue. Nous restons à l’écoute de toutes propositions respectant les aspirations légitimes de nos populations. »

 Le Mali agressé par le terrorisme international a besoin de retrouver sa paix interne au plus vite. Puisse la sagesse l’emporter enfin contre l’adversité et pour le développement d’un des pays les plus pauvres au monde.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email