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Nationale

Malaise à l’Université Abbas-Aghrour de Khenchela

Malaise à l’Université Abbas-Aghrour de Khenchela

Que se passe-t-il au juste au campus de Khenchela ? Au moment où la quasi-totalité des centres universitaires enchaînent la deuxième semaine des premières séries d’examen, les étudiants de l’université Abbas-Aghrour de la ville des Aurès semblent laissés rade aussi bien par leurs enseignants que par la direction du campus.

Après le mouvement de protestation des étudiants entamé au début du mois en cours et qui a été « entaché » de dépassements dont auraient fait les frais certains enseignants et aussi faute de réaction claire de la direction de l’université, c’est au tour des enseignants de monter au créneau.

L’activité de plusieurs départements a été gelée pendant trois jours et les étudiants sont privés d’examens en raison du débrayage auquel a appelé le Cnes. Plus de 50% des encadreurs, à en croire un chiffre avancé par un des membres du bureau de la représentation syndicale, auraient suivi le mot d’ordre lancé mercredi par le bureau local du Conseil.

Dans un communiqué portant le sceau du Cnes local, les enseignants dénoncent les agissements du recteur qualifiés de contraires à l’intérêt de l’université.

Parmi les griefs contre le premier responsable du campus, des prises de décision jugées illégales, son ingérence dans les prérogatives d’autrui faisant fi des règlements et de la législation en vigueur, ou encore sa mauvaise gestion de certains dossiers dans lesquels les relations personnelles ont influé sur ses prises de décision, lit-on dans le communiqué.

Le signataire de celui-ci accuse, par ailleurs, le recteur de complaisance dans le traitement du dossier des étudiants accusés d’avoir manqué de respect et même insulté ouvertement certains enseignants, lesquels auraient exigé que les auteurs soient traduits en conseil de discipline.

Une « détermination » qui n’a, par ailleurs, pas laissé indifférente une des représentations estudiantines. Le bureau local de l’Union nationale des étudiants algériens a dans un communiqué, largement diffusé, accusé le rédacteur de la plate-forme revendicative du Cnes de chercher « via des pratiques agressives à gêner les voies du dialogue entre les étudiants et la direction de l’université ».

Des enseignants « persona non grata »

Cela au moment où des enseignants issus des autres régions, notamment des villes de l’Est, lancent un appel à la raison. Des étudiants originaires de la ville des Aurès « bien encadrés », s’alarment ces enseignants, ont enclenché via les réseaux sociaux une véritable chasse aux sorcières. Sans aucune réserve, des messages à connotation régionaliste sont postés depuis quelque temps sur le serveur web.

Rappelons que l’université Abbas-Agrour a été éclaboussée au début de l’année écoulée par un scandale de plagiat, un énième à toucher une université algérienne.

La doyenne de la faculté des Sciences humaines, deux enseignants et un stagiaire reconnus coupables des faits et sanctionné après épuisement de toutes les voies de recours par le conseil de discipline ont été sévèrement « punis ».

Les quatre enseignants auteurs de la triche avaient été reconnus coupables d’avoir plagié des travaux de thèses de doctorants et autres chercheurs arabes du Moyen et du Proche Orient. Des reproductions publiées presque textuellement sur les pages d’une publication universitaire ont été signées des noms des fauteurs.

Ce périodique édité par la faculté des Sciences humaines dont l’honorifique titre de responsable de la publication n’a pas été sans mettre dans la gêne le recteur de l’université, était chapeauté par un comité de rédaction dont la direction était assurée par la doyenne. Ce scandale avait laissé planer l’éventualité d’un changement à la tête de la direction de l’enceinte administrative du centre universitaire.

Une perspective qui avait alors été mal perçue par les enseignants notamment ceux affiliés au Cnes, lesquels avaient appelé au calme et à l’apaisement, allant jusqu’à soutenir la thèse d’accords entre toutes les composantes de l’université qui constitue l’un des centres le plus importants de la région des Aurès, faisant de l’intérêt du centre universitaire la principale mission auquel devaient s’atteler enseignants, étudiants et administrateurs.

Une accalmie qui n’aura finalement duré que quelques mois puisque sur la base de pratiques de la direction, qualifiées d’inadmissibles, ce même conseil semble aller dans le sens d’un recadrage de ses objectifs. La montée au créneau cette semaine de la représentation syndicale confirme en tout cas ce revirement.

Certes, les révélations faites sur le plagiat avaient suscité une réaction vive de la tutelle laquelle avait, rappelons-le, dépêché une commission pour faire la lumière sur le délit, puis sanctionné les auteurs. Seulement, à en croire des enseignants, la stratégie adoptée par la direction de l’université était alors de reprendre les mêmes pour un autre recommencement.

Et, du coup, des enseignants soupçonnés d’avoir été à l’origine des révélations sur le plagiat se sont retrouvés dans le collimateur de ceux qui auraient peut-être une autre vision des règles devant régir le milieu universitaire, et qui s’aventurent aussi à user de pratiques tribales en ce lieu en principe sacré.

Aux dernières nouvelles, le premier responsable de l’université aurait affiché sa disponibilité à discuter avec les enseignants grévistes. Une réunion à laquelle ont été conviés les représentants du Cnes devait se tenir dans l’après-midi d’hier.

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