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Maladie rénale chronique : Dépistage, prévention et équité

Maladie rénale chronique : Dépistage, prévention et équité

Dans le cadre de son plan opérationnel de lutte contre les maladies chroniques non transmissibles, l’Institut national de santé publique (INSP) a lancé ce mardi des journées de formation-ateliers dédiées à la maladie rénale chronique, sous la coordination de son directeur général, le Pr Abderrezak Bouamra. Celui-ci a indiqué que cette initiative place la prévention et le dépistage précoce au cœur de la réponse sanitaire.

Lors de son allocution d’ouverture, le Pr Bouamra a affirmé que « la maladie rénale chronique constitue aujourd’hui l’un des défis majeurs de santé publique », soulignant que « souvent diagnostiquée tardivement, elle évolue silencieusement, entraînant des complications graves et une mortalité élevée, notamment en raison de son lien étroit avec d’autres pathologies chroniques, en particulier les maladies cardiovasculaires, premières causes de décès ».

Il a également tenu à mettre en avant la complexité de cette pathologie, qui dépasse le seul cadre médical, expliquant que « la maladie rénale chronique est associée à une vulnérabilité sociale, à une pression psychologique importante et à une saturation progressive du système de santé ». Il a indiqué que l’extension des centres de dialyse, bien que nécessaire, ne saurait constituer une réponse suffisante.

Pour le DG de l’INSP, limiter la prise en charge de la maladie rénale à une approche exclusivement curative revient à traiter les conséquences sans agir sur les causes. Il a ainsi soutenu qu’« on ne peut pas espérer maîtriser une maladie chronique si l’on se contente de soigner les cas existants, sans empêcher l’apparition de nouveaux », précisant que « cette logique curative engendre une pression permanente sur les ressources humaines et matérielles, sans infléchir durablement l’incidence de la maladie. A l’inverse, une approche fondée sur la prévention permet non seulement de réduire les complications, mais aussi de ralentir la progression de la pathologie et d’optimiser l’utilisation des moyens disponibles.

Il a rappelé que le système de santé national repose sur deux principes fondamentaux, en l’occurrence l’équité et l’accessibilité aux soins. Dans cette optique, la prévention constitue un levier central, articulé autour de trois axes principaux, à savoir le dépistage régulier des populations à risque, la réduction des complications et la garantie d’un accès équitable aux soins.

C’est dans cet esprit que le diabète et l’hypertension artérielle, considérées comme les deux principales causes de la maladie rénale chronique, l’INSP a inscrit ces formations dans une démarche cohérente et progressive. Après une session dédiée à l’hypertension artérielle, une autre formation consacrée au diabète est programmée, afin d’agir en amont sur les facteurs de risque.

Au-delà de l’offre de soins, le DG de l’INSP a également mis en exergue un défi majeur, celui de la difficulté à modifier les comportements en matière de prévention. Il a déploré le fait que malgré la multiplication des campagnes d’information, les actions préventives peinent à produire les résultats escomptés.

Face à ce constat, le responsable a déclaré que son institution œuvre sans relâche à changer ce type de comportement, annonçant des travaux de recherche menés en collaboration avec des sociologues afin d’identifier les freins sociaux et culturels qui entravent l’adhésion aux actions de prévention. Il a également mis en avant l’importance d’examens simples, tels que la bandelette urinaire, comme outil de dépistage accessible et efficace pour les populations à risque.

 

Optimiser le parcours de soins

Le Pr Bouamra a également plaidé pour une meilleure optimisation du parcours de soins, soulignant que l’insuffisance rénale ne conduit pas systématiquement à la dialyse. « Il existe des indications précises, et les patients doivent être orientés en fonction de ces indications », a-t-il rappelé, appelant à promouvoir toutes les alternatives thérapeutiques disponibles lorsque cela est possible. Il a aussi souligné l’importance d’assurer la sécurité des patients dialysés, notamment face aux maladies infectieuses, et de renforcer les actions de prévention telles que la greffe rénale, et ce conformément aux orientations du ministère de la Santé.

Par ailleurs, le DG de l’INSP a annoncé que la mise en place d’un registre national de la maladie rénale chronique est en bonne voie. Ce dispositif, élaboré en collaboration avec les services de dialyse, les établissements hospitaliers et les différents secteurs concernés, permettra de produire des indicateurs fiables et d’évaluer l’évolution réelle de la maladie. Il a martelé que « sans données, il est impossible d’évaluer nos actions ou d’ajuster nos stratégies », soutenant que l’augmentation constante de l’incidence observée ces dernières années impose des décisions fondées sur des preuves scientifiques solides.

En conclusion, le Pr Bouamra a rappelé que la lutte contre la maladie rénale chronique est une bataille de long terme qui ne se gagne ni dans l’urgence ni dans la seule prise en charge hospitalière. Il a affirmé avec conviction que « cette bataille se gagne dans la prévention et le dépistage », appelant à une mobilisation collective et à une intégration pleine et entière de cette pathologie dans la stratégie nationale de lutte contre les maladies non transmissibles.

Une approche globale, scientifique et concertée, qui ambitionne, dans un premier temps, de stabiliser l’incidence de la maladie, avant de parvenir à infléchir durablement la courbe.



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