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Culture

Maïssa Bey, des œuvres sur les planchers

Maïssa Bey, des œuvres sur les planchers

Parmi les personnalités mises à l’honneur par la direction de la culture dans le cadre de la célébration du mois du patrimoine, figure le nom de l’écrivaine Maïssa Bey, dont la biographie et les œuvres sont présentées au public à travers le « portail du patrimoine de Médéa » via sa page facebook.

De son vrai nom Samia Benameur, Maïssa Bey est née en 1950 à Ksar El Boukhari (60 km au sud de Médéa). Après des études universitaires de lettres françaises à l’université d’Alger, elle se consacrera à l’enseignement dans un lycée à Sidi Belabbès. Dans une conférence qu’elle a donnée à l’occasion du festival national du théâtre comique, en 2017 à Médéa, elle parlera du volet particulier de son expérience dans l’écriture romanesque et de ses œuvres adaptées au théâtre. Prise par son métier de professeure de français dans un lycée, un métier qu’elle a choisi par amour pour la littérature et les livres, elle n’a pas commencé à “écrire très jeune mais bien plus tard”. Elle en écrira à ce jour une douzaine dont le dernier remonte à 2015. Principal trait de son amour pour la littérature : une lectrice boulimique qui fréquentait le plus souvent les bibliothèques qui étaient près de chez elle à Alger.

J’étais, dira-t-elle, ce qu’on appelle un rat des bibliothèques, je lisais tous les livres qui me tombaient entre les mains, de la bande dessinée aux romans et les œuvres des auteurs classiques. Sans savoir quel a été l’élément déclenchant, elle expliquera qu’elle a commencé à écrire pendant la décennie noire pour “évacuer les moments de pression, d’oppression et de peur vécus en cette période par les algériens, des moments où l’on voulait réprimer les gens pour les empêcher de s’exprimer, de les réduire au silence”. Le rapport de ses œuvres avec le théâtre a commencé avec l’adaptation de ses nouvelles à l’issue de sa « rencontre avec un metteur en scène français qui a réussi à faire un véritable travail de création, en incarnant les personnages sans même toucher au texte ».

D’abord son 1er roman « Au commencement était la mer » qui a reçu une demande d’adaptation, mais le scénario a essuyé un refus de l’auteur pour s’être éloigné de l’esprit du texte. Quant au 3ème livre « Entendez-vous dans la montagne » qui décrit les dernières traces du père de l’écrivaine, torturé et tué en prison, il a été adapté au théâtre et joué au centre culturel français d’Alger. Parlant de son expérience dans l’écriture théâtrale, elle expliquera que le temps, le lieu et les personnages sont limités dans l’écriture d’une pièce de théâtre, facteur qui constitue une contrainte dans ce genre d’écriture, dira-t-elle. Parmi ses pièces, celle intitulée « Tu vois ce que je veux dire », jouée en France, relate l’histoire de deux harragas qui ont embarqué clandestinement dans un bateau chinois.

Découverts par l’équipage, ils ont été jetés à la mer. Autre pièce intitulée « Chaque pas que fait le soleil », a été présentée par une compagnie de théâtre française, dont le thème tourne autour de l’histoire d’une femme prise en otage dans un pays indéterminé. Auteure de plusieurs romans, Maïssa Bey a été lauréate du « Grand Prix de la nouvelle de la Société des gens de lettres » en 1998, du prix « Marguerite Audoux », en 2001, du « Prix Cybèle » en 2005, du « Grand Prix des libraires » algériens pour l’ensemble de son œuvre en 2005, du « Grand Prix du roman francophone » au SILA de2008 et du « Prix de l’Afrique Méditerranée-Maghreb » en 2010.

A ce jour, elle a publié notamment, « Au commencement était la mer » aux Edition Marsa en 1996, « Nouvelles d’Algérie » chez Grasset en 1998. Chez l’édition de l’Aube a publié « Cette fille-là » en 2001, « Entendez-vous dans les montagnes Sahara, mon amour » (poèmes) en 2005, « Bleu, blanc,vert » en 2007, « Pierre, Sang, Papier ou Cendre » en 2008, et « Puisque mon cœur est mort » en 2010. Elle a publié aussi conjointement chez l’Aube et Barzakh « Sous le jasmin la nuit » en 2004 et « Surtout ne te retourne pas » en 2005, « L’une et l’autre (essais) en 2009 et « Hizya, Regards croisés » en 2015.

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