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Culture

Maisons d’édition: Des miroirs vivants des créations intellectuelles

Maisons d’édition:  Des miroirs vivants des créations intellectuelles

Si l’Algérie vit actuellement une crise multisectorielle passagère, un domaine d’activité est toutefois épargné : celui des maisons d’édition toujours régulières et florissantes. Témoin le grand nombre de titres paraissant dans notre monde de l’édition, avec leurs auteurs invités chaque semaine dans les librairies pour présenter leurs œuvres.

Cela ne veut pas dire que nos maisons d’édition n’ont pas de problèmes, notamment la cherté de la matière première qu’est le papier, mais leur activité reste prospère avec un équipement de haute technologie et performant, en plus d’un personnel compétent et qualifié. C’est notre intelligentsia qui en tire profit, mettant sa création intellectuelle pleine d’enseignements au service de notre pays, de notre société, de nos populations.
Ces livres publiés par nos maisons d’édition sont de vrais trésors pour redécouvrir nos racines, notre histoire authentique, notre identité, notre culture, notre civilisation, notre art de vivre. La nuit coloniale nous a enterrés vivants, nous cachant, à son profit, nos valeurs, nos victoires, nos vertus. Les Algériens ayant vécu cette période ne connaissaient que la civilisation du pays colonisateur, son histoire, sa géographie calquée sur la métropole, ses hommes de lettres, ses penseurs, ses ingénieurs. Cette intoxication de la pensée était telle que la civilisation coloniale a fait croire aux Algériens que leurs ancêtres étaient les Gaulois. Aujourd’hui, grâce à nos maisons d’édition, c’est le jour qui succède à la nuit. Nos auteurs se sont évertués à faire redécouvrir notre réelle histoire, particulièrement nos héros qui ont symbolisé la résistance contre l’occupant, Jughurta, Massinissa, l’Emir Abdelkader et, bien sûr, les valeureux moudjahidine allant de Didouche Mourad, Larbi Ben M’hidi, Abane Ramdane, Amirouche, Krim Belkacem jusqu’aux grands hommes politiques ayant façonné la Révolution comme Ferhat Abbès, Messali Hadj, Aït Ahmed. Grâce à nos maisons d’édition des centaines de titres, voire des milliers ont été publiés, nous éclairant sur notre passé révolutionnaire à contre-courant et même à 360° des supposées convictions des tenants de la nuit coloniale. Ces livres sont vivants et hautement précieux car la plupart ont été écrits par les acteurs ayant participé eux-mêmes aux combats libérateurs. Ces combats ont été la source d’inspiration d’auteurs plus jeunes qui n’ayant pas connu la guerre, mais qui ont utilisé cette période glorieuse pour concevoir des œuvres romancées et que nos maisons d’édition ont spontanément publiées. Ces maisons ont spectaculairement dynamisé la parution des romans écrits après l’indépendance. Dignes continuateurs de Assia Djebar, de Taos Amrouche, de Mouloud Feraoun, de Mouloud Mammeri, ces nouveaux romanciers, femmes et hommes, ont analysé la société algérienne, étudié ses traditions, ses comportements, ses coutumes et ses caractéristiques culturelles pour bâtir des œuvres propres cadrant avec le quotidien et le vécu de chacun. Tout citoyen algérien s’identifie aux personnages des romans ainsi créés et c’est un réel plaisir pour lui de pouvoir lire et se passionner pour une littérature spécifiquement algérienne. Il est réjouissant de constater que chaque semaine de nouveaux romans apparaissent, mis en valeur par les librairies de la capitale à l’image de celles du Tiers monde, de Chiheb à Bab El Oued, d’El biar, des Beaux-arts, de la rue Victor-Hugo. La nouvelle génération est venue assurer la relève de notre monde de la littérature personnifié par les classiques de Kateb Yacine, Benhadouga, Rachid Mimouni, Rachid Boudjedra, Amine Zaoui, Tahar Ouattar,Hamid Grine, Tahar Djaout, Leila Aslaoui. Ces nouveaux romanciers sont révélés au public en étant les lauréats de concours littéraires annuels, notamment celui portant le nom de Assia Djebar. Si le roman occupe une place de choix dans les publications des maisons d’édition, d’autres thèmes sont aussi importants comme les beaux livres faisant découvrir nos sites géographiques, notre art culinaire, notre artisanat, notre musique, nos grands artistes, nos penseurs. Des pédagogues, des psychiatres, des chercheurs universitaires , des économistes, des hommes de sciences, des médecins, des juristes, des politologues, des historiens sollicitent aussi nos maisons d’édition.
Celles-ci répondent à leurs appels et nous citerons les maisons appartenant au domaine public, l’Anep, l’Enag, l’Office des publications universitaires, sans oublier le Haut-commissariat à l’amazighité, spécialisé dans la publication d’ouvrages académiques et de titres écrits en langue amazighe. Le secteur privé, quant à lui, détient une part importante des publications à l’image des éditions Chiheb, Casbah et beaucoup d’autres implantées sur le territoire national.
D’une manière générale, ces maisons d’édition, qui sont des miroirs authentiques de notre création intellectuelle, œuvrent et travaillent essentiellement dans la promotion du produit créatif national. 
C’est une mission stratégique d’une haute importance pour le rayonnement de notre pays, sa personnalité, son histoire millénaire, son louable effort à redynamiser le patriotisme, l’unité des Algériens et à redéployer sa belle image sur le plan international.

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