Magtaa Kheira le sanctuaire de l’abattage clandestin
Les déchets et carcasses sont jetés pêle-mêle, en plein air, quelquefois même sur la chaussée, pas loin de la route où est enregistré un mouvement incessant de voitures qui ralentissent pour stationner ou par simple curiosité.
Sur la route qui mène à Douaouda en venant de Boufarik ou de Birtouta, et avant même d’arriver au barrage de la Gendarmerie nationale pour prendre la route vers la côte, ce sont plus de quinze bouchers qui sont installés l’un à côté de l’autre, sous des bâtisses de fortune en brique. Ces bouchers informels, sans foi ni loi, s’adonnent, au su et au vu de tous, à l’abattage d’agneaux et de bovins, et ce dans des conditions déplorables. L’hygiène y fait cruellement défaut alors que les contrôles des services vétérinaires et sanitaires ainsi que ceux de la répression des fraudes sont quasiment absents.
Beaucoup de carcasses sont étalées à l’air libre, sur la chaussée poussiéreuse et crasseuse. L’odeur y est plus que nauséabonde. Elle émane de ces mares pleines de sang, mélangées à de l’eau. Les mouches et les moustiques, vecteurs de maladies, y sont omniprésents.
Ces pseudo-bouchers sans scrupules n’hésitent pas à céder, à des prix défiant toute concurrence, le kilogramme de viande ovine à un prix oscillant entre 950 et 1 100 DA.
Interrogé sur ce business ainsi que sur les conditions d’abattage et d’absence des règles d’hygiène et de contrôle vétérinaire, l’un des bouchers a confié au Jeune Indépendant : «Je fais cela depuis longtemps, personne n’est mort jusqu’à présent.»
Les conditions désastreuses dans lesquelles cette viande est exposée laissent perplexes plus d’un, car malgré l’interdiction par la loi, des femelles sont souvent abattues.
Islam, vétérinaire de son état, a expliqué au Jeune Indépendant : «Les bovins atteints de brucellose peuvent contaminer le consommateur à travers un kyste qui peut causer une stérilité chez l’homme. Le germe de la brucellose pénètre par voie digestive et, malgré un traitement antibiotique, il est difficile d’obtenir une guérison définitive à court terme.»
D’autre part, le côté environnemental reste le point noir de ce phénomène. En effet, les déchets et carcasses sont jetés pêle-mêle, en plein air, quelquefois jusque sur la chaussée.
Notons que la plupart, pour ne pas dire aucun, de ces pseudos-bouchers ne possèdent pas de registre du commerce.
Les autorités n’ont donc jamais emprunté cette route ? Malgré cette insalubrité criante, les clients y viennent nombreux. A quand la fin de ce laxisme, cette inconscience et cette passivité ? A quand la fin de cette démission des responsables ?