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Nationale

Mafia du corail à Annaba: Quatre braconniers arrêtés et un important matériel saisis

Mafia du corail à Annaba: Quatre braconniers arrêtés et un important matériel saisis

Encore une fois, les éléments de la gendarmerie nationale d’Annaba ont réussi mercredi dernier à mettre hors d’état de nuire une bande spécialisée dans la pêche illicite du corail. 

Informés par des sources anonymes  et à bord d’un hélicoptère de la sélection aérienne 511, les forces  de la gendarmerie nationale avaient surpris  quatre braconniers, âgés entre 28 et 32 ans,  à bord  d’une embarcation maritime, non loin de l’Oued Seybouse, qui s’apprêtaient de rejoindre la haute mer pour opérer le braconnage du corail, produit marin interdit à la pêche depuis 2001.

Surpris, les trafiquants ont jeté une partie de leur équipement marin par-dessus bord, n’empêche que les éléments de  la gendarmerie nationale ont permis de saisir 3 moteurs d’embarcation, des compresseurs servant au remplissage d’oxygène, 3 paires de palmes, 12 filets de récolte de corail, 8 ceintures de plongée, et deux croix st-André.  Ainsi,  malgré l’élaboration de plusieurs textes de loi pour ouvrir légalement l’exploitation du corail en Algérie, Il faudrait  encore attendre pour savoir si l’ouverture de la concession de corail aux investisseurs pourra se faire ou non dans notre pays. En effet, les résultats des études entamées depuis plusieurs années par les spécialistes en la matière aussi bien au niveau du Ministère de la Pêche que dans certaines universités n’ont pas abouties encore.

Et c’est à la lumière de ces conclusions que la décision  d’exploitation avait fait l’objet d’une étude le 2 février dernier. Sid-Ahmed Ferroukhi, ministre des ressources halieutiques, Avait  annoncé lors d’une journée d’étude à El-Tarf consacré au corail que « la pèche du corail suspendue en 2001 pour permettre sa régénérescence va reprendre au courant de l’année 2021 ».  L’agence nationale pour le développement de la pêche et de l’aquaculture (ANDPA), dont le siège est à El-Tarf avait transmis, pour rappel,  à l’ensemble des directeurs de la pêche et des ressources halieutiques des 13 wilayas côtières une notice à l’attention des professionnels de la pêche en vue de donner des avis ou se souscrire avant l’organisation  des enchères concernant  30 concessions d’exploitation de corail à pourvoir.

Les participants devraient préalablement, d’après la notice administrative, après avoir pris connaissance du décret n°231/15, remplir les conditions nécessaires pour pouvoir participer aux enchères desdites concessions. Parmi ces conditions, outre l’obligation de la nationalité algérienne, être détenteurs d’équipements marins et d’une main-d’œuvre qualifiée entre autres. Il faudrait signaler qu’une fois la proposition de concession est adjugée, le concessionnaire est tenu à se conformer à plusieurs engagements, dont celle de ne pécher que 100 kg/an de corail. Laquelle quantité sera remise à l’Agence Nationale de l’or (Agénor) contre payement. Un professionnel de la pêche d’Annaba, rencontré, a déclaré au jeune-indépendant : «  100 kg/an c’est peu. Entrer dans le jeu du cahier des charges n’est pas profitable pour le futur concessionnaire. Ce que l’on peut gagner par an est peu par rapport aux financements injectés dans l’affaire ». Une question se pose. Est-ce que les réponses des futurs concessionnaires n’avaient pas satisfaits les pouvoirs publics  pour permettre les concessions ?

La pêche du corail, un secteur en déperdition

En dépit de la surveillance accrue des gardes cotes, le braconnage s’est multiplié, notamment du coté de la zone maritime d’El Kala. Cette région côtière est devenue le lieu de prédilection de la mafia du corail, puisqu’il faut noter que son plateau continental est de très faible profondeur et très riche en ressources corallifère. Les points de pillage les plus utilisés par les contrebandiers se situent au large de Cap Roux, frontière maritime avec la Tunisie, un endroit où le pillage bat son plein. Depuis l’année 2001, date de l’interdiction de la pêche de corail, plusieurs études ont réalisées par les universités algériennes.

Ces études ont porté sur tous les paramètres entourant les richesses coralliennes sur nos côtes, comme la prospection des bancs et leur évaluation exacte, l’intérêt biologique à prendre en considération pour leur développement, les mesures d’exploitation.  Rappelons que la pêche de cette inestimable richesse avait tours  été effectuée jusqu’ici de façon anarchique, détruisant les colonies de ce fragile animal parfois de façon irrémédiable, et la décision intervenue en 2001 d’interdire la pêche au corail sur nos cotes n’avait pas dissuadé, loin de là, la pêche illicite. Une mesure qui a donné naissance à des réseaux de contrebande sévissant en particulier le long du littoral est d’El Kala, et qui porte un grave préjudice aux colonies de jeunes pousses de corail arrachées par les fameuses « croix de St André » que les garde-côtes retrouvent très souvent, accrochées à des balises de GPS abandonnées par les contrebandiers lors des contrôles.

Le vide juridique qui, depuis l’indépendance entourait la pêche du corail sur notre littoral a été comblé au cours de ces dernières années, et la circulaire ministérielle 139 du 19.10.88 qui présentait des lacunes, a été renforcée par une armada de lois en vue de protéger le corail et d’assurer son exploitation judicieuse, sans nuire à la vie et au développement de cet animal qui fait partie de la chaîne alimentaire. Une exploitation « alternée »selon les paroles de l’ex ministre de la pêche.



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