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Culture

Lynda Handala : « Combattre toutes les formes d’intolérance »

Lynda Handala : « Combattre toutes les formes d’intolérance »

Et si le futur avait des murmures ! Après Les voix du hoggar, Lynda Handala revient avec Alunissons (Dalimen Ed). Un roman fantasy qui se déroule en 3010. Il s’agit avant tout d’une œuvre d’anticipation où l’imaginaire est abondamment utilisé. Porteuse d’un message universel, l’auteure évoque l’avenir de l’humanité. Un univers où se côtoient bravoure, voyages sur la lune, et technologie avancée. Le tout pour un roman hors du temps, mais qui n’est pas si loin de la réalité. C’est ce qu’on a déniché, en tout cas, entre les fabuleuses lignes qui façonnent cette œuvre. Une trame bien ficelée, distractive que nous avons examinée, bien entendu, avec l’auteure.

Votre nouveau roman Alunissons se déroule en 3010. Il intègre à la fois un univers fantasy et une histoire d’anticipation. Pourquoi avoir opté pour un genre hybride (science-fantasy) ?
Fantasy, parce que c’est un genre qui permet l’évasion sans concession, de faire évoluer mes personnages dans des décors oniriques, évoluant au gré de l’imaginaire, peupler les cieux de monades abritant des monarques sans têtes, et ce faisant, faire passer des messages hauts en couleurs et aux nombreuses interprétations. En fait, ce genre permet la normalisation du surréalisme dont je suis friande. Ensuite, j’ai fait appel à quelques codes du roman d’anticipation, en ancrant mon histoire en 3010 et en utilisant une technologie avancée futuriste, mon côté scientifique idéaliste ! Pour universaliser mon histoire : je voulais que n’importe qui puisse se sentir concerné puisqu’il est question du devenir de l’humanité.

Une imminente menace pèse sur l’humanité. Pour combattre ce danger, un groupe de jeunes va effectuer plusieurs voyages sur la lune. Est-ce un cri d’alarme qu’on observe de la part de l’auteure ?
Oui, c’est un cri d’alarme à peine masqué. C’est une mise en garde et un message d’espoir. Mais ces voyages ne sont pas une fuite, ils vont chercher la solution, parfois ailleurs, pour sauver leur monde. Le notre n’est pas encore arrivé à ce stade de destruction, nous pouvons encore agir avant notre mise sous cloche. 


Handala: Agir avant la mise sous cloche

Vous avez misé sur les jeunes pour construire votre récit. À votre avis, un personnage frais constitue-t-il l’attractivité d’une œuvre ?
Pas forcément ! J’ai quelques personnages moins frais qui jouent un rôle central (l’Elfe du Rocher notamment)… mais il est vrai que j’avais besoin de héros jeunes, d’abord pour leur insouciance, qui s’écaille en filigrane, comme leur monde qui tombe en ruine. J’avais besoin de leur courage pour se lancer dans l’inconnu, et qui tout compte fait est insouciance. Ils sont un peu mes pages blanches que j’entache au gré des épreuves qui les forgent.

Guerres, racisme, famine et nettoyage ethnique. L’humanité fonce droit dans le mur. C’est justement une menace d’extinction qu’on trouve aussi derrière votre œuvre?
Une menace d’extinction de l’humanité sous plusieurs formes. Que ce soit par l’acceptation et la généralisation du racisme, par la destruction de notre environnement, qu’on devine ultérieure à l’histoire (notre présent ?) mais dont les personnages subissent, avec violence, les conséquences, aussi par l’intolérance vis-à-vis de minorités (ethniques, sociales, areligieuses…) Toutes les dérives, tous les extrémismes sont destructeurs, il faut rester vigilant.
Il est clair que la subjectivité est un élément qui caractérise les différentes lectures. Cependant, pourrait-on voir Alunissons comme un appel. Un roman qui exhorte l’autre à aller plus haut, plus loin ?
Aller plus haut, plus loin, pourquoi pas dans un sens métaphorique, aller vers l’autre, creuser en soi, combattre les dérives sectaires et toutes les formes d’intolérance mais aussi tous les comportements destructeurs, qui sont déjà à échelle humaine évitables et dont la prévention peut être salvatrice. Au final, tout commence par là : l’éducation, la lecture, la compréhension.

Un auteur est toujours confronté à un défi majeur. Ecrire pour distraire mais aussi pour mettre à nu certaines vérités qui animent son quotidien. Vous vous inscrivez dans quelle perspective en tant qu’auteure ?
Mes héros vont au cours de leur périple rencontrer plusieurs personnages, être accueillis, jugés ou meurtris, par différentes sociétés, aux fonctionnements intrinsèquement différents de tout ce qu’ils connaissent. J’ai donc utilisé chacun de ces mondes pour dénoncer ou décrire une injustice qui me révolte : entrave à la liberté d’expression, mise à mort des apostats, intolérance face à la différence.

Vous avez publié Les voix du Hoggar (Dalimen Ed) à l’âge de 19 ans, et ce, avant de rebondir sur Alunissons. Comptez-vous rester dans la littérature fantasy ?
Je ne sais pas encore, j’ai envie d’explorer toutes les possibilités que m’offre l’écriture voire allier différentes formes d’expression. Même si je dois avouer que j’affectionne ce genre puisqu’il donne une liberté à ma plume et à mon imagination.

Il y a un intervalle de 9 ans entre les deux œuvres. Une raison particulière ?
En fait, j’ai entamé l’écriture d’une grande partie d’Alunissons en 2010 (c’est aussi la raison pour laquelle Alunissons se déroule en 3010) puis j’ai un peu cessé l’écriture de ce projet, au profit d’autres écrits, mais aussi de mon autre passion, le dessin et parce que mes études de pharmacie devenaient plus prenantes. Ce temps d’arrêt m’a permis de travailler ma plume et de laisser murir Alunissons, qui, au cours de toutes ces années a finalement subi plusieurs transformations.

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