Lutte contre le terrorisme et le crime organisé : L’Algérie appelle à un front mondial
Unir les forces face aux menaces du terrorisme et de la criminalité transnationale, qui ignorent les frontières, c’est le plaidoyer porté, ce jeudi, par le directeur général de la Sûreté nationale, Ali Badaoui, depuis le siège des Nations unies à New York, où se sont réunis les chefs de police de dizaines de pays à l’occasion de la cinquième édition du Sommet des chefs de police des Nations unies (UNCOPS 2026).
Ali Badaoui a d’emblée déclaré que « le monde est confronté à des défis sécuritaires de plus en plus complexes », devant les représentants des services de police réunis au siège des Nations unies. Il a expliqué que les crises régionales, les conflits armés et les profondes mutations géopolitiques favorisent aujourd’hui le développement d’une criminalité transnationale organisée, toujours plus mobile, plus structurée et plus difficile à combattre.
Il a ainsi souligné que les réponses traditionnelles ne suffisent plus, soutenant que « seule une coopération internationale plus étroite permettra d’anticiper des menaces qui gagnent en sophistication et dont les ramifications dépassent largement les frontières nationales ».
Le directeur général de la DGSN a particulièrement attiré l’attention sur les liens de plus en plus étroits entre les organisations criminelles et les groupes terroristes. Le trafic de stupéfiants, la circulation illicite d’armes, le blanchiment d’argent, la cybercriminalité et d’autres formes de criminalité organisée constituent, selon lui, « autant de sources de financement et de soutien logistique qui renforcent les capacités de nuisance des réseaux terroristes ».
Face à cette évolution, Ali Badaoui a estimé qu’il est désormais indispensable d’« intensifier les efforts internationaux » afin de bâtir une réponse collective à la hauteur des défis actuels. Il a rappelé que la sécurité est devenue un enjeu partagé et qu’aucun Etat, aussi performant soit-il, ne peut agir seul contre des réseaux opérant simultanément sur plusieurs continents.
Le directeur général de la Sûreté nationale a ainsi plaidé pour « un renforcement de la coopération policière internationale » afin de garantir une meilleure protection des citoyens, de préserver les institutions et de consolider l’ordre public. Il a soutenu que « la lutte contre ces phénomènes passe nécessairement par une coopération permanente entre les services de police, fondée sur la confiance, la réactivité et le partage de l’information ».
Dans cette perspective, Ali Badaoui a appelé à renforcer la coordination opérationnelle avec les Nations unies, Interpol ainsi qu’avec les mécanismes régionaux de coopération, notamment Afripol. Il a souligné l’importance d’améliorer les échanges de renseignements criminels, de développer les mécanismes d’alerte rapide et de favoriser un partage plus soutenu des expertises et des expériences de terrain.
Le chef de la DGSN a également plaidé pour l’élargissement des domaines de coopération internationale, estimant qu’« il convient d’étendre cette coopération à la lutte contre le blanchiment d’argent, ainsi qu’au traçage, à la saisie et au recouvrement des avoirs criminels », considérant que l’assèchement des ressources financières constitue l’un des moyens les plus efficaces pour fragiliser durablement les organisations criminelles.
Dans le même esprit, il a appelé à renforcer les programmes conjoints de formation et de perfectionnement des forces de police afin de permettre aux enquêteurs et aux unités spécialisées de s’adapter à l’évolution constante des modes opératoires des groupes criminels et terroristes.
Renforcement des capacités sécuritaires africaines
Par ailleurs, le chef de la police nationale a mis en avant l’engagement de l’Algérie en faveur du développement des capacités sécuritaires du continent africain. Il a rappelé que le pays accueille régulièrement des sessions de formation spécialisées au profit des services de police africains dans des domaines particulièrement sensibles, tels que la lutte contre la cybercriminalité, le trafic de stupéfiants, la police scientifique, les techniques modernes d’investigation ou encore la gestion des crises.
Soulignant que « ces initiatives contribuent à améliorer la préparation des services de sécurité africains face aux nouvelles menaces », il a rappelé que le partage des compétences constitue aujourd’hui un levier essentiel pour renforcer la sécurité collective et prévenir l’émergence de nouvelles formes de criminalité.
Le directeur général de la DGSN a également mis en avant la qualité du partenariat entre l’Algérie et les Nations unies dans le domaine de la formation. Revenant sur les actions menées cette année, il a rappelé qu’une session conjointe avait été organisée, en mai dernier, au profit des éléments de la Sûreté et de la Gendarmerie nationales, consacrée « au rôle des opérations de maintien de la paix des Nations unies ».
Ali Badaoui a également annoncé « l’organisation de nouvelles sessions de formation de formateurs », avec la participation de représentants des Etats membres. Il a ajouté que « des opérations de sélection et d’évaluation, encadrées par des experts des Nations unies, seront organisées au cours du dernier trimestre de l’année », dans le cadre du renforcement de la contribution de l’Algérie aux opérations internationales de maintien de la paix.
Par cette intervention devant les responsables des services de police du monde entier, l’Algérie a réaffirmé sa vision d’une sécurité fondée sur la coopération, le partage des expertises et la solidarité entre les Etats. Alger entend ainsi poursuivre son engagement au sein des mécanismes multilatéraux et renforcer sa contribution aux efforts internationaux, avec pour objectif de préserver la paix, la stabilité et la sécurité collective.