La police des eaux chasse les gaspilleurs – Le Jeune Indépendant
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Nationale

La police des eaux chasse les gaspilleurs

La police des eaux chasse les gaspilleurs

L’Algérie est appelée à adopter un plan d’urgence pour économiser ses ressources hydriques exposées à une surutilisation et au gaspillage. C’est l’une des mesures prises par le président de la République Abdelmadjid Tebboune, lors du dernier conseil des ministres, qui a annoncé la réactivation de la police des eaux.

Si les changements climatiques et le manque de la pluviométrie sont à l’origine du stress hydrique auquel fais face le monde entier et compris l’Algérie, le gaspillage et l’incivisme des citoyens compliquent davantage la situation. L’eau cette denrée précieuse tend, en effet, à se raréfier de plus en plus mettant en danger la vie de millions de personnes mais qui a aussi de graves conséquences sociales et économiques.

L’Algérie a connu depuis des années un stress hydrique important, d’où la nécessité d’adopter une stratégie efficiente pour pouvoir alimenter régulièrement tous les foyers en eau potable, raison pour laquelle il faut protéger l’eau. C’est pourquoi l’autre décision prise a été la police des eaux instituée dans le cadre de la Loi n° 05-12 du 4 août 2005 relative à l’eau, qui a pour mission de contrôler les champs d’utilisation des eaux dans tous les domaines et de lutter contre le gaspillage partout dans le pays.

Le chef de l’État a, en effet, donné  des instructions fermes pour lutter contre le gaspillage d’eau, appelant à la mobilisation de  tous les services , notamment ceux  de  l’Intérieur, des Ressources en eau, de  l’Agriculture, de l’Industrie et de l’Environnement, à grande échelle, en  vue de créer un plan d’urgence visant à mettre en place une nouvelle  politique permettant d’économiser l’eau à l’échelle nationale et de  préserver la richesse hydrique souterraine.

Concernant les prérogatives de la police des eaux, elles sont définies par le texte de loi. L’article 159 de cette loi indique qu’ « Il est institué une police des eaux constituée par des agents relevant de l’administration chargée des ressources en eau ». Les agents de la police des eaux exercent leurs prérogatives conformément à leur statut, aux dispositions de l’ordonnance n° 66-155 du 8 juin 1966 portant code de procédure pénale, modifiée et complétée », selon la même source. Dans son article 161, il est précisé que « Les infractions à la présente loi font l’objet de recherche, de constatation et d’enquête par les officiers et agents de police judiciaire ainsi que par les agents de la police des eaux ».

Les agents sont tenus de constater « les infractions commises par procès-verbal relatant les faits et les déclarations de leur(s) auteur (s) ». Pour ce faire, ils ont accès aux ouvrages et installations exploités au titre des utilisations du domaine public hydraulique. De même qu’ils sont habilités, conformément à l’article 164 de cette loi « à conduire, devant le procureur de la République ou l’officier de police judiciaire compétent, tout individu surpris en flagrant délit d’atteinte au domaine public hydraulique, sauf si la résistance du contrevenant constitue pour eux une menace grave. Toutefois, dans l’exercice de leurs fonctions, les agents de la police des eaux peuvent requérir la force publique pour leur prêter assistance.

Il faut rappeler, que l’Algérie est passé par plusieurs périodes de sécheresse, dus principalement à la rareté des précipitations. En 2021, une crise de la soif a été évitée par la mise en œuvre des plans d’urgence initiés par le ministère des ressources en eau et de la Sécurité hydrique. Idem pour l’année 2022, où la situation ne s’est pas améliorée et la faible pluviométrie enregistrée depuis le début de l’automne a poussé les pouvoirs publics à agir pour préserver cette ressource précieuse.

La préservation d’eau necessite un éveil de la société

Contactée par le Jeune Indépendant, Dr. Fatoum Lakhdari, chercheuse agro-écologiste a estimé que la lutte contre le gaspillage d’eau qui est une « ressource hydrique vitale » doit en premier lieu passer par un éveil de la société quant à l’importance de cette eau,  surtout que les changements climatiques menacent sérieusement cette ressource. Abondant dans le même ordre d’idées, la chercheuse a insisté sur la nécessité d’inculquer la culture du risque chez les citoyens, avant de recourir à la répression. « Entant que scientifiques, nous n’avons pas cessé d’alerter sur le problème du gaspillage d’eau, appelant les citoyen à adopter les bons réflexes pour protéger l’eau. Nous avons fait notre travail convenablement. J’ai même proposé l’adoption d’un plan d’économie de l’eau d’irrigation des surfaces agricoles » a-t-elle souligné.

Le Dr Lakhdari a affirmé qu’il est nécessaire de traiter les eaux usées et de favoriser leur réutilisation afin de préserver la santé publique et la ressource en eau. L’agro-écologue a réitéré son appel à rationaliser l’utilisation d’eau, évitant l’usage excessif de cette ressource hydrique. Pour rappel, le Dr Lakhdari avait déclaré que « l’Algérie devrait tirer profit des eaux recyclées pour atténuer la crise d’eau actuelle ». Elle avait ajouté qu’il était nécessaire de traiter les eaux usées et de favoriser leur réutilisation afin de préserver la santé publique et la ressource en eau. « Le recyclage des eaux usées traitées est un créneau important et un défi à relever par l’Algérie.

C’est l’une des alternatives appropriées pour faire face au stress hydrique qui se manifeste ces dernières années par une raréfaction de la pluviométrie », a-t-elle recommandé. Elle avait par ailleurs regretté le fait que des milliers de mètres cubes d’eaux usées partent dans l’environnement sans être utilisés.

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