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Nationale

Lutte contre le cancer : Bouzid plaide pour l’acquisition rapide des médicaments

Lutte contre le cancer : Bouzid plaide pour l’acquisition rapide des médicaments

L’Algérie recense 50 000 personnes atteintes du cancer (tous types confondus) et déplore le décès de plus de 20 000 personnes, et le fait de laisser les patients attendre l’arrivée du médicament est considéré par les spécialistes comme une perte de chances.

Le difficile accès au traitement nécessaire demeure l’une des causes de la complication de l’état de santé des cancéreux. De ce fait, le professeur Kamel Bouzid, chef de service d’oncologie au Centre Pierre et Marie Curie (CPMC) à l’hôpital Mustapha, a appelé hier le Premier ministre à intervenir en vue de débloquer le budget nécessaire à l’importation des médicaments.

Invité au forum d’El Moudjahid, le professeur a indiqué que « nous sommes en négociations avec la tutelle et le Premier ministère pour acquérir les médicaments nécessaires au plus tard le premier trimestre de l’année en cours ». Faute de budget, l’acquisition des médicaments en question a pris tout ce temps-là, fait-il observer. Il faut savoir, ajoute-t-il, que le coût d’une boîte avoisine 20 000 euros, non sans rappeler l’utilisation optimale et rationnelle des médicaments indispensables à plus d’un.

Le professeur Bouzid a estimé que le premier plan de lutte contre le cancer a réussi, sans toutefois avancer un taux précis. Pour lui, les points positifs essentiels qui méritent d’être relevés sont d’abord la prise de conscience de la population, qui réalise de plus en plus la dangerosité de cette pathologie et procède au dépistage précoce. Il a aussi évoqué la prise en charge de cette catégorie de malades qui a connu un bond non négligeable, notamment en termes de radiothérapie, dénombrant 43 accélérateurs à l’échelle nationale. Nonobstant, l’invité du forum n’a pas fait dans la dentelle en pointant du doigt les collectivités locales et les DSP (Directions de santé et de population) des 48 wilayas qui, selon ses dires, ne se sont pas impliquées convenablement dans une « priorité nationale », à savoir la mise en œuvre du plan national cancer adopté lors d’un Conseil des ministres. Cette négligence de la part des autorités locales a enrayé la mobilisation souhaitée dans certaines wilayas, où la population ne croit pas encore à la possibilité de soigner ce genre de maladie en Algérie. Il est affirmatif quant à la capacité des compétences algériennes de soigner tous les cancers, à l’exception de la greffe de moelle osseuse chez les enfants.

Il regrette d’autre part la non exploitation de l’argent du fonds national cancer, qui est censé financer toutes les actions liées à la lutte contre le cancer (dépistage, prévention, maintenance des équipements de radiothérapie). Sur le deuxième plan de lutte contre le cancer 2020-2024 qui est en cours d’élaboration, il est envisagé de combler les insuffisances relevées lors de la mise en œuvre du premier plan (2015-2019).

Les causes principales explique le Pr Bouzid, étant à l’origine des maladies oncologiques, sont la vieillesse, d’autant que l’âge moyen d’espérance de vie actuel est de 80 ans. Le tabac vient en second lieu avec une proportion de 35%, puis les infections qui ne sont pas des moindres, mentionnant l’infection HPV (virus du Papillome humain) considérée comme agent du cancer du col de l’utérus. A ce propos, le professeur recommande la vaccination des filles et garçons à l’âge de 15 ans, ce qui permettra d’éradiquer ce virus.

Par ailleurs, la sonnette d’alarme a été tirée sur l’ampleur du phénomène de l’obésité qui gagne nos enfants en milieu scolaire. L’intervenant a fait savoir qu’une enquête menée à Alger et Sétif en 2018 a montré que le quart des élèves sont obèses. Il a expliqué que ces enfants obèses à l’âge tendre vont être confrontés à des problèmes de santé, tels le diabète, le cancer et les maladies cardiovasculaires.

Il a conclu en mettant l’accent sur le régime alimentaire comme première action préventive. Le professeur invite l’ensemble des Algériens à revenir aux habitudes alimentaires de leurs ancêtres et de renoncer à la nourriture« occidentalisée ».

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