Lutte contre la drogue : Une responsabilité nationale partagée
Le fléau de la drogue et de l’addiction constitue une menace nationale ciblant en priorité la jeunesse, imposant désormais une approche anticipative, préventive et sécuritaire fondée sur la coordination intersectorielle. C’est ce qu’a indiqué, ce mardi, Brahim Boughali, le président de l’Assemblée populaire nationale (APN).
Boughali a affirmé que « le phénomène de la drogue et de l’addiction ne peut plus être considéré comme une simple problématique sanitaire ou sociale, mais constitue désormais une menace nationale globale », aux ramifications sécuritaires, juridiques, sociales et sanitaires, ciblant directement la jeunesse algérienne, « pilier du présent et fondement de l’avenir ».
Cette position a été exprimée dans une allocution lue en son nom par Ahmed Mouaz, vice-président de l’APN, à l’ouverture de la journée parlementaire intitulée « La prévention du danger de la drogue sur la société et la prise en charge de l’addiction », organisée par la commission de la jeunesse, des sports et de l’activité associative, en présence d’universitaires, d’experts et de spécialistes.
Le président de l’APN a salué le choix du thème de cette rencontre parlementaire, estimant qu’il s’agit d’« un sujet vital, traduisant une prise de conscience réelle de la part des représentants de la nation quant à l’ampleur des défis auxquels fait face la société algérienne, notamment sa jeunesse ».
Il a souligné que la tenue de cette journée intervient dans « un contexte national, régional et international marqué par une complexité croissante », où les sociétés sont confrontées à des menaces affectant leur cohésion sociale, leur sécurité sanitaire et leur stabilité globale, précisant que « la drogue est devenue un phénomène transfrontalier, aux modes opératoires évolutifs, profondément lié aux mutations économiques, sociales et culturelles ».
Boughali a tenu à mettre en garde contre la transformation de l’addiction en « un défi national complexe », affirmant que « l’Algérie n’est plus confrontée à de simples comportements déviants individuels, mais à une tentative de déstabilisation ciblant la jeunesse et la cohésion de l’Etat ».
Il a ajouté que « certains réseaux cherchent à faire passer l’Algérie du statut de zone de transit à celui de zone de consommation, en exploitant sa position géographique stratégique et l’étendue de ses frontières ».
S’appuyant sur des études et recherches menées dans les milieux juvéniles, le président de l’APN a expliqué que « l’addiction est le révélateur d’importants déséquilibres structurels dans la relation entre l’individu, la société et l’Etat », soulignant que ces constats « démontrent les limites de certaines politiques publiques et imposent une approche globale dépassant les réponses sécuritaires traditionnelles ».
La prévention, pilier central de la stratégie nationale
Il a rappelé que « l’addiction est une maladie chronique et multidimensionnelle, aux causes psychologiques, sociales et économiques imbriquées », dont les effets touchent la famille, l’école et l’environnement culturel, avertissant que « toute politique qui ignore cette complexité reste partielle et d’un impact limité ».
Sur le plan social, M. Boughali a estimé que « la propagation de l’addiction reflète la fragilité de certaines structures sociales », mettant en avant la pertinence de « replacer la prévention au cœur des politiques publiques, de restaurer la confiance entre les jeunes et les institutions, et de renforcer les valeurs de citoyenneté et d’appartenance nationale ».
En outre, le président de l’APN a rappelé que « le législateur algérien a très tôt pris conscience de la gravité du phénomène », mettant en place un cadre juridique criminalisant le trafic, la promotion et la détention de drogues, tout en renforçant les sanctions contre les réseaux criminels
Il a néanmoins souligné que « les mutations rapides du phénomène imposent une révision continue des textes », et ce afin de garantir un équilibre entre la dissuasion pénale et la protection de la santé publique, entre la sanction et la réinsertion, plaidant pour « l’élargissement des peines alternatives et un rôle accru du juge dans l’orientation des consommateurs vers le traitement ».
Par ailleurs, M. Boughali a rendu hommage aux efforts des services de sécurité, affirmant que « l’Armée nationale populaire et les différents corps de sécurité mènent un travail considérable dans la sécurisation des frontières et le démantèlement des réseaux criminels ».
Il a toutefois relevé que « la nature du danger impose une approche sécuritaire anticipative, fondée sur le renseignement, la coordination institutionnelle et le renforcement de la coopération régionale et internationale », notamment face à l’interconnexion entre drogue et criminalité organisée.
Le président de l’APN a réaffirmé que « la prévention demeure le véritable pari stratégique », appelant à « l’intégration de l’éducation sanitaire et psychologique dans le système éducatif, la généralisation du soutien psychologique dans les établissements scolaires et universitaires, ainsi que la mise à disposition d’espaces culturels et sportifs réels ».
Il a également plaidé pour « un discours médiatique scientifique, responsable et éthique », tout en soulignant que « le traitement et la réinsertion doivent constituer un axe indissociable des politiques publiques de santé et de protection sociale ».
Boughali a rappelé que « la mission des députés ne se limite pas à la législation », mais englobe également « le contrôle de l’action gouvernementale, l’évaluation de l’efficacité des politiques publiques et le renforcement de la coordination intersectorielle ». Il a assuré que « la coopération entre le Parlement, les universités, la société civile et les experts est devenue une nécessité stratégique ».
En conclusion, le président de l’APN a soutenu que « la lutte contre la drogue constitue un test majeur pour l’efficacité des politiques sociales », mais aussi « un enjeu national, éthique et juridique qui exige une volonté collective, des lois évolutives et des politiques fondées sur la prévention, le traitement et la réinsertion ». Il a également réitéré « l’engagement du Parlement à poursuivre l’amélioration du cadre législatif, le renforcement du contrôle parlementaire et le soutien à toutes les initiatives visant à bâtir une société algérienne cohésive, protégée par les valeurs, éclairée par le savoir et régie par l’Etat de droit ».