Lutte contre la corruption : création d’un réseau pour l’intégrité
Un réseau national pour l’intégrité (RNI) sera bientôt mis sur pied. Il s’agit d’un nouveau projet dont la vocation est la promotion de la lutte contre la corruption, en associant les dynamiques de la société civile. C’est ce qu’a indiqué, ce mercredi à Alger, le directeur de l’Organe national de prévention et de lutte contre la corruption (ONPLC), Tarek Kour, en marge d’une rencontre tenue à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre la corruption, mettant en exergue les efforts de l’Algérie déployés en la matière.
«Ce projet, premier du genre, a été initié par l’ONPLC et s’étalera sur 5 ans. Il visera à promouvoir la culture de la lutte contre la corruption dans la société. Cette démarche se concrétisera à travers l’implication des médias et de la société civile, encourageant la dénonciation de tout acte ayant trait à ce phénomène», a déclaré M. Kour. Selon le même responsable, l’idée de mettre en place ce réseau a été inspirée des clauses de la convention des Nations unies, laquelle favorise la participation active de la société civile dans ce type d’action. Il est ainsi important de soutenir les lanceurs d’alerte en leur fournissant les moyens nécessaires mais surtout en les protégeant dans leur travail, poursuit l’intervenant.
L’activité du RNI sera axée donc sur les actions de sensibilisation, la formation contre les dangers de la corruption ainsi que sur le soutien du rôle de la société civile en s’érigeant comme dispositif de vigilance et d’alerte. «Les efforts de lutte contre la corruption ne peuvent être couronnés de succès que par la conjugaison des efforts et la coordination entre les différents acteurs», a-t-il estimé. Par ailleurs, le directeur de l’ONPLC a relevé que l’Algérie a pu réaliser des «acquis en matière de promotion de la démocratie participative et la consécration de l’Etat des institutions, mais aussi du renforcement des capacités des instances chargées de la lutte contre la corruption».
Il a cité, à ce titre, les amendements introduits dans la nouvelle Constitution soumise à un référendum populaire le 1er novembre dernier, dont les dispositions évoquent la prévention et la lutte contre ce phénomène qui gangrène la société et les institutions de l’Etat. Preuve en est, selon lui, la création de la Haute Autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption en tant qu’instance de contrôle. Cela renseigne sur l’engagement de l’Algérie à l’égard des conventions internationales dans ce domaine, a renchéri M.Kour devant la représentante résidente du Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD), Blerta Aliko. L’ONPLC s’emploie, a ajouté M. Kour, à trouver les mécanismes nécessaires à la consécration et à l’opérationnalisation du rôle de la société civile dans la prévention et la lutte contre la corruption, d’où la création du RNI. La représentante du PNUD à Alger, Mme Aliko, a salué le projet de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la corruption en cours d’élaboration. Selon elle, «cette stratégie est susceptible de renforcer l’intégrité et la bonne gouvernance en Algérie», non sans mettre l’accent sur l’importance de prendre les mesures et dispositions nécessaires à l’application de ladite stratégie sur le terrain.
L’implication de la société civile dans la gestion des affaires publiques permettra, selon elle, de faire barrage aux corrompus et corrupteurs, notamment à travers la mise en place du nouveau RNI. La responsable onusienne a considéré que les ambitions de l’Algérie concernant la concrétisation des ODD (objectifs de développement durables) sont «grandes», d’où sa classification deuxième à l’échelle continentale en termes de développement humain.