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Op-Ed

L’urgence d’une labellisation des produits agricoles

Ces dernières années et suite à l’effondrement impromptu des prix du pétrole qui a exercé une influence négative sur notre pays, les pouvoirs publics prônent un modèle économique qui assigne à l’Agriculture un rôle prépondérant. Tout miser sur les produits agricoles pour booster nos exportations hors hydrocarbures afin de baisser les tensions qui s’exercent sur la balance des paiements du commerce extérieur qui enregistre, actuellement, un déficit flagrant

Les produits agricoles peuvent- ils remplir ce rôle ardu?
Les produits agricoles dans leur diversité, dont des produits bio et ceux de terroir n’ont, actuellement, aucun nom reconnu, aucune origine certifiée. Ce sont des produits difficilement reconnaissables et par conséquent, ne peuvent être exportés vers les marchés extérieurs qui sont exigeants en terme de norme et de certification des produits susceptibles de frôler (de franchir) leurs frontières et figurer sur les étals de leurs marchés.

L’Algérie recèle de nombreux produits de terroir variés et intéressants, dont des produits végétaux tels que les dattes de Tolga, les olives de table de Sig, l’huile d’olive et les figues de Kabylie, la pomme d’Arris, le raisin de table du Titteri, l’abricot et les grenades de Messaâd , la cerise de Miliana, la clémentine de Messerghine, la fraise de Skikda,…. Ainsi que produits animaux tels que la viande ovine de la race «Ouled Djellel» et «Rembi», basées essentiellement, dans les Hautes plaines steppiques du Centre ainsi que celle de la race «Hamra» que l’on trouve essentiellement, dans l’Atlas saharien au Sud, on cite, également, le miel de montagne de l’Atlas blidéen.

Tous ces produits ont une très bonne réputation chez les consommateurs nationaux et sont fortement prisés pour leurs vertus nutritives. Cependant l’économie nationale ne tire aucune plus-value de ces produits aussi bien sur le marché local qu’international

La labellisation prélude à toute promotion des produits à l’exportation
La labellisation c’est l’attribution d’un signe distinctif qui permet de valoriser un produit par rapport à un autre, en mettant en avant ses spécificités, sur la base desquelles le consommateur doit pouvoir le reconnaître, ainsi le label peut être perçu comme étant le symbole du soutien institutionnel de l’Etat à un produit.

Dans le cadre du programme d’appui à la mise en œuvre de l’Accord d’association, signé entre l’Algérie et l’UE, en 2005, un projet de jumelage entre l’Algérie et l’Union européenne, lancé en octobre 2014, avait pour objectif d’élaborer un dispositif institutionnel et réglementaire qui servira d’outil pour l’organisme chargé de la reconnaissance des produits et leur labellisation, en l’occurrence le comité national de labellisation. Dans le cadre de ce programme 03 produits agricoles de terroir ont été choisis comme produits pilotes, il s’agit de la figue sèche de Beni Maouche (Béjaia), Deglet Nour de Tolga (Biskra), et de l’olive de table de Sig (Mascara)

Il s’avère que les produits agricoles de terroir doivent se livrer à un véritable parcours de combattant pour leur labellisation, si les deux premiers produits sont bel et bien labélisés (IG : indication géographique), le processus de labellisation du troisième produit pilote (l’huile de table de Sig) n’est pas encore finalisé par le comité national de labellisation des produits agricoles. Cet organisme était prévu par la loi d’orientation agricole du 03 août 2008, consacré par le décret 13-260 du 07 juillet 2013 et installé, finalement, en juillet 2015, il est composé de représentants des administrations publiques concernées (Industrie, Agriculture, Ressources en eau, Commerce…), des agriculteurs, des artisans, des institutions techniques, de la société civile et des consommateurs. Sa mission se résume dans l’octroi d’une indication géographique, une appellation d’origine aux produits proposés à la labellisation. Il aura, aussi, à promouvoir le système de labellisation et assurer sa durabilité. Mais pour accélérer le processus de labellisation et de certification et être plus professionnel, il est impératif de procéder à l’agrément d’organismes spécialisés en la matière et ne pas compter uniquement sur la dite commission

Pour être compétitifs sur marchés extérieurs, nos produits agricoles de terroir, doivent être produits pour être exportés, produits en quantités suffisantes et avoir une qualité irréprochable ; la labellisation leur confère la protection et la certification.

Le processus de labellisation doit être allégé et fluide, l’assouplissement des procédures administratives y afférentes est primordial, le processus doit se réaliser dans les meilleurs délais possibles, pour tous les produits, en particulier ceux qui sont susceptibles d’être exportés, sous le label de qualité liée à l’origine

*Aissa MANSEUR est Consultant en agriculture et conseiller à l’export

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