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Op-Ed

L’urgence du débat

Que va-t-il se passer demain, jour anniversaire de la nationalisation des hydrocarbure ? Un jour que l’opposition a choisi pour tenter d’exprimer son ras-le-bol de la gouvernance actuelle, dans la rue. Les rassemblements seront-ils autorisés et les frondeurs arriveront-ils à mobiliser la base citoyenne qui boycotte depuis des années la classe politique, opposition et pouvoir en place confondus ?

En Algérie, hormis les partisans des deux catégories précitées, personne ne peut témoigner objectivement de l’état d’esprit qui domine dans la société au sujet de la chose politique. Tous les paris, toutes les entreprises politiciennes, les plus audacieuses, les plus opportunistes, ont buté ces derniers temps contre l’indifférence des populations.

Ni les réseaux sociaux, pourtant très fréquentés et très actifs, ni les structures diverses, héritières des organisations de masse, ne parviennent désormais à prendre de l’ascendant sur les foules pour les convaincre par leur mot d’ordre.

Quand on pense aux dérives extrémistes des années 1990, ou plus récemment aux baltaguia payés pour saboter la libre expression, on ne peut que se réjouir de la méfiance des Algériens à l’endroit des leaders politiques de tous bords.

Cependant, parce qu’il serait hypocrite et malhonnête de laisser croire qu’un pays peut évoluer et se développer quand sa société civile a démissionné, il faut absolument que les institutions de l’Etat respectent l’engagement citoyen en se débarrassant une fois pour toutes de leur allégeance au pouvoir qui tient les commandes.

Pour cela, il existe des lois qui garantissent théoriquement l’impartialité de l’administration et qui devraient assurer le droit aux protestataires ou aux insatisfaits de manifester leurs revendications ou leurs idées politiques. Dans le calme, sans violence. Un droit constitutionnel, minimum démocratique à remettre en marche pour éviter que la frustration politique ne conduise à des dérapages dont personne ne pourra maîtriser les conséquences.

Il serait en effet dangereux de considérer que la faible adhésion populaire aux actions de l’opposition signifie que le peuple algérien ne s’intéresse plus à la situation politico-économique ou qu’il n’ait plus rien à dire. La faillite structurelle de l’opposition est une aubaine à double tranchant pour les gouvernants d’aujourd’hui.
C’est pourquoi, les autorités feraient bien d’encourager le débat, socle de la cohésion sociale.

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