Le BAC: le temps aux reformes – Le Jeune Indépendant
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Le BAC: le temps aux reformes

Le BAC: le temps aux reformes

Après plusieurs discussions autour de la réforme du baccalauréat, l’examen le plus important du cursus scolaire, le projet vient d’être débattu encore une fois par l’Organisation algérienne des enseignants de l’éducation lors des travaux de son université d’été, où des recommandations ont été formulées portant principalement sur l’urgence de « réformer » cet examen et de le revoir de manière globale.

 

Partant de la réduction de la durée de cet examen à la prise en compte de l’évaluation continue pour les élèves, le dossier de réforme du baccalauréat refait surface, notamment après l’annonce du taux de réussite au bac session 2023, jugé par les syndicats du secteur d’« inacceptable ».   

Les syndicats demandent à ce que ce projet de réforme soit mené d’une manière radicale, à partir de la rentrée scolaire 2023/2024, selon l’Organisation algérienne des enseignants de l’éducation, mettant en garde contre la relance des anciens projets qui risquent de porter atteinte aux constantes identitaires, en recourant notamment à la suppression de certaines matières, à l’instar de l’éducation islamique.    

L’organisation syndicale a appelé à réintroduire ce qu’on appelle communément « la fiche de synthèse », qui avait été abandonnée en 1994, dans le but de valoriser l’effort et le travail continu de l’élève, mais, dit-elle, « cela ne doit pas se faire sans une étude et sans concertation avec les différents intervenants ».

L’organisation syndicale a suggéré l’importance du suivi et de l’évaluation continue du travail des élèves pendant l’année scolaire, qui « existaient auparavant mais qui ont été supprimés alors qu’il aurait fallu dès lors développer la fiche de synthèse en essayant de trouver de meilleurs mécanismes de suivi ».  « Le retour à la fiche de synthèse pourra peut-être lutter contre l’absentéisme chez les élèves de terminale », a indiqué le syndicat qui a souligné que, généralement, « les élèves de terminale désertent les lycées pour assister aux cours particuliers ».

Contacté par le Jeune Indépendant, le SG du Satef, Boualem Amoura, a indiqué que le dossier de la réforme du baccalauréat a été finalisé durant l’année scolaire 2015/2016, avec la participation des syndicats, des associations des parents d’élèves, des représentants du ministère et des experts enseignants universitaires, à l’image de M. Berrabah. Il a été soumis au gouvernement mais, a-t-il regretté, rien n’a été fait jusqu’à présent.

« Nous avons travaillé durant une année (2015/2016) sur ce sujet de réforme du bac. Nous sommes arrivés à un consensus. A l’époque de Mme Benghabrit, le dossier a été déposé chez l’ex-Premier ministre qui, malheureusement, l’a mis dans le tiroir », a déploré M. Amoura qui prône aussi la réduction de la durée de l’examen de passage à l’université. Il considère cependant que rien n’empêchait les responsables qui sont venus par la suite d’appliquer les résolutions auxquelles nous étions arrivés.

« En tant que Satef, nous avons suggéré un bac en deux parties. Autrement dit, les matières non essentielles se déroulent en 2e AS, et en terminale, l’élève devra se concentrer exclusivement sur les matières essentielles, propres à chaque filière », a expliqué Boualem Amoura, dont le syndicat a aussi proposé d’adopter le contrôle continu à partir de la 2e AS.

Le SATEF, a souligné M. Amoura, était contre la fiche de synthèse afin de démasquer les dépassements et le recours au gonflement des notes par certains enseignants. Il a relevé, en outre, que la prise en compte de l’évaluation du contrôle continu induira la réduction de la durée de cet examen de cinq à trois joursIl a expliqué, à ce propos, que 5 jours d’examen ont toujours été jugés longs et source de stress pour les candidats. « Ça fatigue également les surveillants et tout le personnel chargé d’assurer la sécurité », a-t-il ajouté.

 Les directeurs de lycée pour une réforme globale

Contacté par le Jeune Indépendant, Yazid Bouanane, chargé de l’information du Conseil national autonome des directeurs des lycées, a indiqué que la réforme de l’examen du baccalauréat doit être faite dans le cadre d’une vision globale, à laquelle doivent participer des spécialistes, des universitaires et divers acteurs du système éducatif dans son ensemble, y compris l’enseignement supérieur, l’éducation et la formation professionnelle.

Dès lors, a expliqué le syndicaliste, la réforme de l’examen du baccalauréat est considérée comme un épisode important et sensible au sein de cette réforme globale, nécessaire et urgente, d’autant plus que cet examen décisif, qui dure 5 jours, est devenu une lourde charge aussi bien pour les candidats que pour les enseignants.

Par conséquent, le CNADL, a fait savoir M. Bouanane, a appelé à la réduction de la durée du déroulement de cet examen à trois jours au lieu de cinq jours, en examinant seulement les candidats dans les matières essentielles. Quant aux autres matières, a-t-il suggéré, elles sont soit examinées en 2e AS, soit en calculant la moyenne générale de la 3e AS ; une manière d’inciter les élèves à accorder plus d’attention à l’évaluation continue pendant l’année scolaire.

Le CNADL demande, dans de ce cadre, de revenir au système de rachat des candidats qui ont une moyenne au baccalauréat supérieure à 9,50/20, un système établi auparavant, car il permet de donner de la considération au travail de l’élève pendant l’année scolaire.

Bouanane a également parlé de l’importance de réformer les programmes scolaires en les mettant au diapason des développements scientifiques et technologiques dans le monde, sans oublier la nécessité de les lier à notre société et aux choix stratégiques de l’Etat, tout en œuvrant à atteindre les objectifs stratégiques fixés par la loi 08/04 de la loi d’orientation de l’éducation. « Nous devons prendre en compte tout cela afin de parvenir à une éducation de qualité », a-t-il conclu.

En ce qui concerne les revendications socioprofessionnelles, l’Organisation algérienne des enseignants de l’éducation a fait savoir qu’une demande urgente a été formulée pour publier, dans les meilleurs délais, le statut particulier des enseignants et des travailleurs de l’éducation et permettre aux syndicats de revoir sa version finale afin de l’enrichir avant son approbation et sa publication dans le Journal officiel.

L’organisation de Boudjemâa Chihoub a appelé à l’amélioration du pouvoir d’achat des enseignants, « ce qui ne peut être réalisé qu’en accélérant la révision des subventions et primes promises par le ministre de l’Education nationale, en introduisant de nouvelles primes et révisant à la hausse celles existantes ». D’autres revendications sont également soulevées par le syndicat. Il s’agit du droit à la formation continue, qui contribuera à l’avancement du système éducatif, le rétablissement du droit à la retraite relative sans condition d’âge et l’activation de la loi sur la médecine du travail.

Dans le même contexte, le syndicat a appelé à la promotion automatique des enseignants avec la nécessité de valoriser les diplômes obtenus avant ou après l’emploi, sans condition ni restriction, en plus de prendre en compte les années de travail des enseignants en tant que contractuels dans la promotion professionnelle interne.

Afin d’améliorer les conditions de travail et de lutter contre toute forme de violence en milieu scolaire, l’organisation a lancé un appel à la tutelle pour mettre à la disposition des enseignants des salles de réunion au niveau de toutes les écoles primaires, en plus de l’urgence de promulguer une loi dans le code pénal criminalisant les agressions contre les enseignants, ainsi que réduire le volume horaire dans les trois paliers de l’enseignement.

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