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Nationale

L’universitaire Ammar Belhimeur : «Pour un dialogue de gestion de sortie de crise»

L’universitaire Ammar Belhimeur :  «Pour un dialogue de gestion de sortie de crise»

Le recours au dialogue pour sortir de la crise politique que traverse le pays est débattu à tous les niveaux. Si certains jugent qu’il ne se fera pas sans l’instauration d’un climat favorable, d’autres estiment que le dialogue et la médiation restent les meilleurs moyens pour mener le pays à bon port. Une pratique qui n’est pas nouvelle pour l’Algérie qui a souvent choisi cette voie pour surpasser des situations difficiles.

C’est ce qu’a indiqué Ammar Belhimer, enseignant universitaire, qui affirme que « l’Algérie a toujours été un pays de dialogue ».

Lors de son passage dans l’émission « l’invité de la rédaction de la Chaîne 3 », il a signalé que le pays a vécu plusieurs expériences de dialogue ; seulement, cette fois la situation est un peu particulière. « Nous nous inscrivons dans un dialogue de gestion de sortie de crise un peu particulière », explique-t-il.

L’invité de la rédaction préconise en outre un nouveau paradigme constitutionnel à même d’éviter de reproduire les erreurs du passé. Selon lui, il faut effectuer une rupture avec la rente pétrolière et l’économie informelle en adoptant de manière définitive la liberté de commerce et d’industrie. En plus, il faut rompre avec l’état de non droit qui suppose que les lois soient stables et accessibles.

Par ailleurs, M. Belhimer a évoqué la disqualification des partis politiques et la crise du modèle de régulation. Il estime qu’à l’exemple de l’Algérie, nombre de pays font face actuellement à des crises de confiance vis-à-vis des gouvernements, des médias et des ONG.

Se fiant à un sondage effectué par le Rassemblement action jeunesse (RAJ) dans 41 wilayas du pays, la veille des législatives du mois de mai 2017, il observe que celui-ci témoigne « d’une façon inquiétante » de la désaffection des jeunes par rapport à la classe politique et aux partis. Sur 1 500 jeunes, 1% seulement se déclarent adhérents d’un parti politique et 3% déclarent avoir déjà partagé une activité partisane. « Ils sont 43% à avoir une opinion négative sur les partis politiques », enchaîne-t-il.

Cependant, cette catégorie exprime sa sympathie envers les associations et les syndicats, avec respectivement 62 et 39%. Cela, dit-il, explique une disqualification totale des partis politiques et la crise du modèle de la démocratie représentative « sous haute surveillance policière » qui a prévalu jusqu’à la crise du 22 février.

Pour déboucher sur l’émergence d’une société civile, l’intervenant préconise d’abord la création d’associations libres, la formation d’un mouvement associatif puissant pour déboucher sur la formation d’une société civile. Mais pour cela, l’enseignant universitaire juge nécessaire de mettre un terme à la crise de la « démocratie participative » et de combler l’absence des espaces et des institutions de médiation politique et sociale par des associations et des syndicats libres de leurs mouvements.

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