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Nationale

L’Union africaine dénonce et met en garde Rabat

L’Union africaine dénonce et met en garde Rabat

Le Maroc a décidé unilatéralement de réduire les effectifs de la Minurso de 84 membres et de suspendre sa contribution financière de l’ordre de 3 millions de dollars.

La Mission permanente du Maroc à l’ONU a remis jeudi dernier au SG des Nations unies, Ban Ki-moon, et à l’UA, une liste de 84 membres internationaux des effectifs civils de la Minurso parmi lesquels le personnel politique, mais aussi des chauffeurs et des techniciens indispensables. Ils doivent quitter le Maroc sous trois jours.

Le Maroc a aussi décidé de retirer ses contingents engagés dans les opérations de maintien de la paix dans le monde. Les collaborateurs du SG de l’ONU mettent en garde : « Si la mission onusienne est empêchée de fonctionner, cela pourrait menacer la paix et la sécurité régionale », a déclaré le SG-adjoint aux affaires politiques Jeffrey Feltam. Selon des diplomates qui ont suivi le débat engagé au Conseil de sécurité, la France, l’Espagne, l’Egypte, le Japon et le Sénégal, ont pris ouvertement le parti de Rabat. Pour le Front Polisario, il n’y aura ni paix, ni stabilité dans la région tant que le peuple sahraoui restera privé de son droit à l’autodétermination.

« Le Maroc sait pertinemment qu’en cas de référendum, le peuple sahraoui choisira l’indépendance. Nous ne sommes pas Marocains et refusons de devenir Marocains », a martelé Mohamed Saleh, dirigeant du Front Polisario lors d’une conférence de presse à Alger. Un référendum d’autodétermination prévu en 1992 pour l’ancienne colonie espagnole, sous la supervision de l’ONU, est sans cesse reporté. Près de 24 heures après une sortie publique durant laquelle le SG de l’ONU Ban Ki-moon a déclaré être « furieux » contre la manifestation du 13 mars, la diplomatie marocaine annonce une série de mesures touchant, avec effet immédiat, les missions de l’ONU ainsi que la Minurso. 
La présidente de la Commission de l’Union africaine (UA), Nkosazana Dlamini-Zuma, a averti que la nouvelle attitude du Maroc relative aux mesures prises vis-à-vis de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental (Minurso) constituait « un précédent très dangereux qui remet en question le mandat du Conseil de sécurité de l’ONU dans le maintien de la paix et la sécurité dans le monde ». Mme Dlamini-Zuma a souligné que la décision marocaine allait « compliquer davantage l’impasse actuelle dans le processus de paix, raviver les tensions au Sahara occidental, et menacer la sécurité régionale à un moment où la communauté internationale se mobilise pour trouver une solution définitive au conflit (qui oppose le Maroc au Front Polisario,) conformément à la légalité internationale ».

Mme Dlamini-Zuma a appris avec stupéfaction la décision de Rabat de réduire le personnel de la Minurso, y compris les éléments de l’UA, a indiqué l’organisation panafricaine dans un communiqué reçu samedi par l’APS, mettant en garde contre un tel acte. « La présence et le fonctionnement de la Minurso au Sahara occidental sont conformes à la résolution du Conseil de sécurité 690 du 29 avril 1991 », a rappelé Mme Dlamini-Zuma, appelant ce dernier à « assumer pleinement sa responsabilité en la matière et à demander au Maroc de revoir sa décision concernant le retrait du personnel de la Minurso ».

Elle a aussi prié instamment le Conseil de sécurité de « réaffirmer le mandat entier de la Minurso, y compris l’organisation d’un référendum pour l’autodétermination du peuple du Sahara occidental », insistant sur la nécessité pour la communauté internationale, dans son ensemble, de continuer à fournir un appui sans réserve aux efforts déployés par M. Ban Ki-moon, et son envoyé personnel, Christopher Ross, vers la concrétisation de la solution au conflit conformément à la légalité internationale.
Les Etats Unis d’Amérique s’intéressent de près à la situation des droits de l’homme dans les territoires occupés du Sahara Occidental. Le Congrès américain va se pencher, le 23 mars courant, sur la question des droits de l’homme dans ces territoires colonisés, a-t-on appris d’une source sûre.

En effet, la Commission des droits de l’homme du Congrès américain, connue sous le nom de Tom Lantos Commission, va écouter les responsables américains en charge du dossier dans une audition qui pourrait durer plus qu’une journée. Si le Congrès américain s’intéresse depuis très longtemps aux droits de l’homme dans le monde, c’est la première fois de son histoire qu’il va consacrer une audition portant exclusivement sur la situation des droits de l’homme au Sahara occidental. Une première qui pourrait signifier beaucoup de choses par rapport à ce dossier, toujours bloqué au niveau de l’ONU à cause de l’attitude des autorités marocaines qui refusent de reprendre les négociations avec le Front Polisario.

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