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Nationale

L’UE dénonce les obstacles dressés par Rabat contre les ONG

L’UE dénonce les obstacles dressés par Rabat contre les ONG

L’Union européenne (UE) a dénoncé, par la voix de la vice-présidente de la Commission en charge des Affaires étrangères et de la Politique de sécurité, Federica Mogherini, les obstacles dressés par le Maroc pour empêcher les organisations de défense des droits de l’Homme, ainsi que les parlementaires européens de se rendre dans les territoires sahraouis occupés. 

Dans sa réponse hier à des parlementaires européens sur cette question, Mme Mogherini a fait part des « difficultés rencontrées par certaines organisations internationales, mais aussi par les délégations parlementaires, y compris les membres du Parlement européen, et les organisations des droits de l’Homme dans l’accès au territoire du Sahara occidental » occupé.
Elle a précisé, à ce propos, que l’UE est « favorable à une approche constructive et de dialogue sur des questions sensibles ». Il est à rappeler que la déclaration finale de la 39e édition de la EUCOCO, tenue à Madrid en novembre dernier, a évoqué les difficultés rencontrées par les diverses organisations internationales dans l’exécution de leur travail dans les territoires occupés du Sahara occidental.

Plusieurs organisations et militants des droits de l’Homme désireux de s’enquérir de la situation des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés sont souvent empêchés de le faire ou expulsés par les autorités coloniales marocaines. Au moins 60 journalistes et militants européens ont été expulsés du Sahara occidental depuis 2014. A la mi-février, deux journalistes français l’ont été manu militari du Maroc. L’affaire a fait grand bruit en France tandis que l’organisation « Reporters sans Frontières » a fait part de sa protestation auprès des autorités marocaines. Depuis avril 2014, l’Association sahraouie des victimes des violations graves des droits de l’homme commises par l’Etat marocain (ASVDH) a compté 62 personnes non-marocaines ayant été expulsées du Sahara occidental, notamment de la ville d’El Ayoun. La majorité des expulsés sont des Espagnols, notamment des Iles Canaries qui ont une liaison aérienne directe avec El Ayoun, et six journalistes (deux Italiens, trois Espagnols et un Sahraoui). La militante Isabel Lourenço, mandatée par l’ONG Adala U, a été expulsée le 23 février 2015. Le 25 février, la militante des droits de l’Homme portugaise, Isabel Lourenço, a été renvoyée de force vers son pays. La délégation de l’ONG américaine Center Robert F. Kennedy for justice and Human Rights est constamment sous surveillance policière et fait face, à chaque visite au Maroc ou au Sahara occidental, à des intimidations et des interdictions.

Le pouvoir marocain use de son quadrillage policier et militaire du Sahara occidental, qu’il occupe illégalement depuis 1975, pour empêcher journalistes, avocats, députés européens, observateurs mandatés par des ONG de se déplacer librement sur ce territoire et de rencontrer tous les Sahraouis qui luttent sur place, au sein d’associations locales (interdites) ou d’ONG internationales. Le Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) a inclus la protection des droits de l’Homme dans la mission de la Minurso (Mission de l’ONU pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental).

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