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Culture

Ludolf Hammeken le premier consul

Ludolf Hammeken le premier consul

Dans un ouvrage réalisé sous la direction de Torbjorn Odegaard, un groupe de chercheurs internationaux livre son travail autour des correspondances de Ludolf Hammeken, le premier consul dano-norvégien à Alger entre 1746 et 1751.

Edité par l’Entreprise nationale des arts graphiques, la publication Les correspondances de Ludolf Hammeken Le premier consul dano-norvégien à Alger 1746-1751 représente une collection de lettres envoyées par ce dernier à Copenhague.

Dans le contexte de la Régence d’Alger inhérente à l’empire ottoman, un traité de paix est conclu entre le Danemark-Norvège et Alger, le 05 août 1746.

Le premier consulat dano-norvégien est alors établi avec Ludolf Hammeken. Torbjorn Odegaard – fondateur de l’Institut scandinave des études maghrébines en Norvège (SINAS) – qui a coordonné la réalisation de l’ouvrage, explique qu’il s’agit d’une « contribution à l’histoire des relations entre le Danemark-Norvège et Alger et un supplément à l’historiographie de la nation moderne d’Algérie, étant donné qu’il est possible de représenter divers aspects de la société algéroise par le truchement des lettres du consul Ludolf Hammeken, adressées au roi et au gouvernement à Copenhague ».

La ville d’Alger est alors observée du point de vue d’un étranger, de plusieurs étrangers, donc de l’extérieur. Pour M. T. Odegaard, cette publication « contribue à déplacer du sud vers le nord de l’Europe le centre de gravité géographique d’où est observé et analysé l’Alger ottoman ». L’un des intérêts d’une telle publication est que les lettres du consul Ludolf Hammeken sont également accessibles aux historiens d’Algérie.

Travaux

L’une des membres du groupe de chercheurs, Dr. Nora Lafi – historienne spécialiste de l’histoire de l’empire ottoman et des villes du Maghreb et Moyen-Orient – s’est attelée à la description du contexte urbain d’Alger dans lequel a évolué le consul. Ce dernier est installé dans une ville qui est encore en chantier, en pleine reconstruction.

Elle rapporte que durant cette période, la paix est observée et une bonne entente règne avec le gouvernement impérial sous les deys Kourd Abdi (1724-1732), Ibrahim (1735-1745), Ibrahim Koutchouk (1745-1748) et Mohammed Ben Bekr (1748-1754), ce qui favorise la reconstruction. Aussi, la ville d’Alger est-elle épargnée des attaques espagnoles, comparée à celle d’Oran.

D’après N. Lafi, la ville portuaire algéroise est celle où les consuls « représentaient des intérêts étrangers et faisaient partie du milieu des marchands. Leur position dans la ville découlait de cette double identité ». Adnane Maaraf – masters en histoire médiévale et littérature et histoire du monde arabo-musulman – s’est intéressé, lui, à La mission de Hammeken à Alger vue par les consuls de France. Il rappelle que ce dernier – « auparavant consul de Hollande à Alger (1726-1732) » a pour tâche la conclusion d’un traité de paix avec la province ottomane d’Alger, puis avec Tunis et Tripoli.

Dans sa contribution L’histoire des traités entre la Régence d’Alger et les nations européennes, Radjai Abdelhadi Salmi – magister sur les relations entre Alger et les pays scandinaves durant l’époque ottomane – explique que « les nations européennes recoururent à deux méthodes différentes afin d’établir des relations diplomatiques avec Alger : La méthode pacifique ; Le recours à la force ou la diplomatie canonnière ».

Il affirme que la Régence d’Alger « aura conclu, en trois siècles d’existence, 76 traités avec les différentes nations européennes, ce qui tend à démontrer une grande autonomie dans la gestion de ses relations diplomatiques ». Il précise aussi que le Danemark-Norvège et Venise « craignent que la paix entre Alger et les Etats-Unis ne se fasse à leurs détriments.

La France, malgré des déclarations officielles favorables à l’établissement d’un traité de paix, craignit également, en raison des rapports alarmants que lui transmettait la chambre de commerce de Marseille, que le traité ne permette la libre navigation des navires commerciaux américains et voir ainsi apparaitre un nouveau concurrent en Méditerranée ».

Bio

Originaire de Bergen en Norvège, Ludolf Hammeken, également appelé Ludovicius ou Ludowich, est l’un des principaux acteurs dans les négociations de paix entre la Régence d’Alger et le Royaume Danemark-Norvège.

Le traité de paix est signé à Alger entre Frédéric V, roi de Danemark, et le dey Ibrahim Pacha de la République d’Alger, le mercredi 10 août 1746, en présence du conseiller de commerce, Ludolf Hammeken, du chef de l’escadre Urich Adolf Danneskiold Samsoe et du capitaine-lieutenant Gerhard Sivers. Un consulat dano-norvégien est alors créé, représenté par Ludolf Hammeken.
Ce nouveau et premier consul s’est chargé de transmettre le traité ratifié en 1747.

Il a fourni aux corsaires algériens les passeports délivrés par le Danemark. Il a exercé ses fonctions à Alger douze ans durant, six en tant que consul néerlandais et six en tant que représentant danois, avant d’aller à Tunis et à Tripoli pour la même mission : établir la paix avec les Etats d’Afrique du Nord.

Les correspondances de Ludolf Hammeken Le premier consul dano-norvégien à Alger 1746-1751
Editions ENAG, 2016, Algérie
Présentation de Torbjorn Odegaard
Ouvrage collectif et illustrations
211 pages

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