-- -- -- / -- -- --
Nationale

Louisa Hanoune écrouée par le juge du tribunal militaire de Blida

Louisa Hanoune écrouée par le juge du tribunal militaire de Blida

En se rendant avec son chauffeur à la ville des Roses plus précisément au tribunal militaire de Blida, Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), ne se doutait pas un seul instant qu’elle ne regagnerait pas son domicile familial et passerait la nuit en prison, le juge d’instruction de la 2e chambre de l’instance militaire ayant décidé de l’incarcérer.

La première responsable du PT, qui se trouve emprisonnée depuis trois jours à l’établissement pénitentiaire civil de Blida, est poursuivie pour complicité d’atteinte à l’autorité de l’armée et pour avoir participé à un complot contre l’autorité de l’Etat.

Louisa Hanoune a été, dans un premier temps, entendue par le procureur militaire du même tribunal. En constatant la gravité des faits reprochés, celui-ci a sollicité de son collègue de l’instruction judiciaire militaire d’ouvrir une enquête.

Le magistrat instructeur a interrogé la patronne du PT sur les deux chefs d’inculpation cités plus haut ainsi que sur les réunions qu’elle a eues, notamment avec le frère du Président déchu, Saïd Bouteflika, écroué lui aussi à la prison militaire de Blida en compagnie de deux généraux Mediène Mohamed dit « général Toufik » et Tartag Athmane dit « général Bachir », et ce pour « atteinte à l’autorité de l’armée » et « complot contre l’autorité de l’Etat ».

Il convient de signaler que Louisa Hanoune n’a pas répondu à la convocation qui lui a été adressée, un jour auparavant, par le juge d’instruction du tribunal de Sidi M’hamed suite à une plainte déposée contre elle par l’ancienne ministre de la Culture Nadia Labidi. La secrétaire générale du PT avait accusé la ministre d’avoir détourné à des fins personnelles des sommes faramineuses du budget du ministère. Des sommes qu’elle aurait donné à son fils.

Louisa Hanoune a livré, le 25 mars dernier au Forum de Liberté, son point de vue et son analyse sur le mouvement de protestation populaire contre le pouvoir, le qualifiant de « véritable révolution », rejetant qu’il soit un « printemps arabe » ou un « hirak ».

La solution serait, pour Louisa Hanoune, la création de comités populaires. « Les comités populaires, c’est une auto-organisation de la majorité pour conserver le caractère pacifique du mouvement, exclure et isoler les provocateurs, et affirmer l’aspiration à la démocratie et non à un Etat islamique ou autre chose », avait-elle expliqué.

Le rôle de l’ANP ne doit pas être politique, selon Louisa Hanoune. Pour elle, « il incombe à l’Armée de protéger notre sécurité nationale, nos frontières, mais aussi de répondre à toute velléité d’ingérence étrangère ; ça l’Armée doit le dire », avait-elle insisté, assurant que « ceux qui appellent l’Armée à intervenir veulent nous entraîner dans une situation à l’égyptienne ! »

La position du chef d’état-major « a changé », selon Hanoune. « Après avoir soutenu le cinquième mandat, il a changé de ton », avait-elle affirmé. « Même si pour tous les citoyens cet homme est propre, il a fait partie du pouvoir, il a gouverné, et les jeunes veulent d’autres figures, pas celle-ci. Il est respectable et respecté, c’est vrai, mais, selon moi, il n’acceptera jamais [de présider la Conférence nationale] », avait-elle ajouté.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email