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Nationale

Louh contre-attaque

Louh contre-attaque

Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Tayeb Louh, ne pouvait pas rester passif face aux attaques de la veille des parlementaires de l’opposition.

Hier matin dans l’hémicycle de l’APN, il prit la parole avec un ton ferme et pédagogique pour répondre aux accusations contre la justice, sa « passivité » ou son « manque d’indépendance », notamment avec les épisodes du retour de l’ancien ministre de l’Energie, Chakib Khelil, et de l’hommage qu’il a reçu aussi bien des autorités politiques que de la part d’une zaouiya très connue dans la région d’Aïn Oussera (Djelfa). Pour Louh, il est inconcevable qu’on continue à ne pas respecter la présomption d’innocence, que chacun « devient juge et distribue des accusations à sa guise » sans se référer à la justice et à la loi. « Ou allons-nous comme ça ? » s’exclama le ministre, qui se dit très étonné que des élus fassent des dérapages de cette façon en accusant Khelil de « voleur » et de « corrompu », alors qu’il faut « laisser la justice faire son travail » en toute indépendance et sans ingérence.

Pour le ministre, la Constitution récemment adoptée par les parlementaires et les sénateurs inscrit cette séparation des pouvoirs et cette « liberté » des juges, demandant dans la foulée de son intervention aux députés de ne plus le saisir dans des affaires judiciaires en cours. « Dois-je m’immiscer dans les affaires de justice qui concernent les députés ? », s’interroge Louh, avant de répondre qu’il ne le fera pas ni « pour leurs affaires et leurs procès, ni pour les autres ».

Pour le ministre, l’Etat se bat depuis de longues années pour cette « séparation » des pouvoirs, pour l’amélioration des conditions des justiciables, le respect de leurs droits élémentaires, ainsi que pour la « liberté » du juge dans l’examen des dossiers et le traitement des affaires. Tranchant, il dira que le « juge est indépendant et qu’il n’est pas sous la tutelle du ministère », ni de celle du parquet, allant jusqu’à conseiller les parlementaires de l’APN de ne pas prononcer les noms des juges ou des procureurs de la République dans leurs interventions en plénière ou dans les débats des sessions, en qualifiant cela de « comportement grave ».
Il n’a pas manqué également de signaler les mauvais réflexes de certains députés de l’opposition, sans les citer, qui continuent de mettre en relief une tendance « médiatico-politique » qui consiste à « discréditer », « à remettre en cause » et à « suspecter » les institutions judiciaires du pays, ainsi que la probité des juges ou leur éthique. Depuis les récents procès sur des scandales de corruption et de détournements de deniers publics, à commencer par l’affaire Khalifa 2, jusqu’à celle de Sonatrach 1 en passant par l’autoroute Est-Ouest, des acteurs politiques n’ont pas cessé de mettre en doute les jugements et de les qualifier de « mascarades », allant jusqu’à dénoncer soit « des partis pris », soit des « déviations » dans le processus des procédures qui ont abouti aux procès et aux jugements. Certains avocats, relayés par l’opposition, ont dénoncé des « vices » de procédure sur plusieurs de ces affaires, alors que d’autres ont « relevé » « l’ingérence des pouvoirs publics » sur l’autorité des juges et des magistrats, notamment dans des affaires relatives à la corruption, aux malversations et autres détournements.

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