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Nationale

L’Organisation spéciale (OS) ou le début de la fin du colonialisme

L’Organisation spéciale (OS) ou le début de la fin du colonialisme

Tout commence lorsque des militants radicaux du mouvement national, exacerbés, entre autres, par l’ampleur des massacres du 8 mai 1945, revendiquent le droit au passage à l’action armée. L’Organisation spéciale (OS) était née pour répondre à cette revendication avec l’objectif de « préparer la lutte armée ». Sa création marquera le début de la fin du colonialisme.

Les évènements tragiques du 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata ont conforté la conviction des militants du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) que seule l’action armée pouvait mener au recouvrement de la liberté, concomitamment à la lutte politique.

Créée le 16 février 1947 lors d’un congrès du PPA-MTLD, l’Organisation spéciale « était une structure paramilitaire dont la mission principale est de dispenser une instruction militaire aux jeunes recrues parmi les militants du parti les plus courageux, les plus convaincus et les plus discrets, et jouissant de stabilité et d’endurance physique », témoigne Mohamed Boudaoud, dit Si Mansour, l’un des membres les plus actifs de l’OS, qui activait à Tawarga en Kabylie avant de rejoindre la capitale.

Elle était confiée à un état-major national composé d’un coordinateur, Mohamed Belouizdad, d’un responsable militaire, Belhadj Djilali, et d’un responsable politique, Hocine Aït Ahmed. Pour les responsables départementaux, on trouvait Ahmed Ben Bella pour l’Oranie, Maroc Mohamed pour l’Algérois, Reguimi Djilali pour Alger, Aït Ahmed pour la Kabylie et Boudiaf Mohamed pour le Constantinois.

Mohamed Belouizdad assurait la liaison avec le Bureau politique du PPA dont il était membre. Dès la création, Mohamed Belouizdad – qui dirigeait la nouvelle structure, dans un premier temps, et après lui Hocine Ait Ahmed et Ahmed Ben Bella – a procédé à l’installation de cellules sur tout le territoire national dans le but d’enrôler le plus grand nombre de jeunes. « Durant l’instruction, on nous apprenait à mener une guérilla, à manier les armes et à traverser les zones dangereuses.

On nous apprenait aussi comment démasquer les agents de la police française », raconte Si Mansour qui précise que les « manuels des soldats français servaient de base à cet enseignement ». 

En effet, les militants bénéficiaient d’un enseignement théorique et d’un entraînement pratique articulé autour de la collecte d’armes à l’intérieur et à l’extérieur du pays, la création de réseaux de soutien ainsi que la mise en place de réseaux de communication et d’ateliers de fabrication d’armes.

On brûlait d’envie de passer à l’action

A la fin de l’année 1949, les militants avaient fini leur instruction et l’impatience pour l’action se faisait de plus en plus sentir, se souvient Si Mansour, qui assure que le cloisonnement devenait de plus en plus lourd à supporter et la fougue des jeunes difficile à retenir.

« On nous envoyait couvrir les murs de slogans patriotiques ou distribuer des tracts. Nous n’étions pas formés pour cela mais plutôt pour l’action ». Voilà le type de « protestation » qui valait souvent à son auteur un transfert dans une cellule disciplinaire…
Après avoir mené des actions héroiques et parfois spectaculaires comme celle de la poste d’Oran, l’OS fut démantelée par les autorités coloniales en mars 1950, à la suite d’une descente disciplinaire opérée à Tébessa par un commando de l’OS contre un militant soupçonné de connivence avec la police coloniale, chez laquelle il s’était réfugié.

Plusieurs des cadres et militants ont été arrêtés sur ses indications, dont Ben Bella, Belhadj, Reguimi, Yousfi, Mahsas, Driss et Asselah Ramdane, alors que beaucoup d’autres ont pu passer entre les mailles du filet, rejoignant le maquis et poursuivant le processus entamé, tels Boudiaf, Benboulaïd, Bitat, Didouche Mourad, Krim, ou encore Ouamrane.

Ces militants de base aguerris ont pu rejoindre les maquis et préparer la Révolution de Novembre dans la plus grande discrétion.
1er novembre 1954, minuit, la lutte armée de libération nationale peut commencer. « C’est un certain Salah Louanchi qui a informé des militants de l’OS, dont mois même, que les opérations menées étaient l’œuvre d’une nouvelle structure de nommée Front de libération nationale », témoigne Si Mansour.

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