-- -- -- / -- -- --
Nationale

«L’or des pauvres» pour faire face aux dépenses du ramadhan

«L’or des pauvres» pour faire face aux dépenses du ramadhan

Face aux dépenses liées à des fêtes religieuses, comme l’avènement du mois de carême et quelques petites semaines après la rentrée scolaire, les ménages se débrouillent comme ils peuvent pour joindre les deux bouts.

Certains se rabattent sur des solutions, dont celle consistant à puiser dans des économies faites au long de l’année. D’autres ne pouvant faire des économies cherchent d’autres solutions. Le prêt sur gages est l’une de celle à laquelle recourent de nombreux ménages. Il s’agit de mettre en gage des bijoux, en contrepartie d’un prêt qui permettrait à ces familles de faire face aux dépenses.

La Banque du développement local (BDL) qui fait dans le prêt sur gages est, à chaque veille du mois de ramadhan et pendant tout ce mois sacré, prise d’assaut par un nombre important de personnes qui viennent mettre leurs bijoux en gage. « Moi, c’est chaque année que je viens ici mettre en gage les bijoux de mon épouse. Je le fais depuis quelques années à chaque veille de ramadhan pour un prêt qui nous permettra, moi, mon épouse et nos quatre enfants de faire face aux dépenses liées au mois sacré.

Je rembourse cette somme avant le mois de ramadhan d’après, et comme ça je récupère ces bijoux, mais peu de temps après je reviens pour encore les mettre en gage », dira Abdelhamid, père de famille, la cinquantaine, rencontré près de l’agence BDL d’El Annassers (ex-Ruisseau). Cette agence est l’une des cinq agences BDL à prêter sur gage. Deux se trouvent à Alger (El Annassers et Harrichet) et les trois autres à Oran, Constantine et Annaba.

Quelle somme une agence BDL de prêt sur gages peut-elle accorder à son client ? « Le montant du prêt peut atteindre 250 000 DA, seuil maximum. Il est fixé en fonction du poids de l’or gagé, à raison de 1000 dinars le gramme », précise la Banque. De nombreux ménages connaissent la procédure puisque sollicitant souvent cette banque pour de telles transactions.

« En période de grandes dépenses, comme au ramadan, nous recevons des dizaines de personnes quotidiennement », selon un employé d’une agence. Les bijoux déposés ont, parfois, une valeur sentimentale, nous diront nombre de clients, citant les bagues de fiançailles, les alliances et bijoux offerts à l’ occasion de mariages.

« Il m’est difficile de mettre en gage mon alliance mais je n’ai pas le choix face à la cherté de la vie et aux dépenses de carême », précise Kamel. Le prêt sur gages est exercé par La BDL depuis l’année 1985. « Héritée de l’ex-Crédit municipal lors de la première restructuration du secteur bancaire, La formule crédit sur gages est devenue une activité traditionnelle et exclusive de la BDL », selon cette banque.

« Le prêt sur gages est un produit de plus en plus usité par une frange de la population de plus en plus large pour le financement de certains besoins sociaux », ajoute la Banque. A noter que l’Algérie est membre de la Commission permanente de l’Association internationale des sociétés de crédit sur gage.
La vocation de l’association est la défense de l’épargne et du pouvoir d’achat des ménages dans plus de 20 pays, selon cette association.

« Dans le contexte économique actuel, où l’or s’est revalorisé par rapport à presque tous les autres actifs financiers ou devises, la forte pression forçant les ménages à se séparer de leurs objets en or s’est accrue parallèlement à l’augmentation du prix de ce métal », note cette association. Selon elle, « plus de 90 % des clients des monts-de-piété, avec très peu de différences d’un pays à l’autre, finissent par récupérer les objets mis en gage et préservent donc leur patrimoine familial ».

En Algérie, comme dans les autres pays membres de la Commission permanente de l’Association internationale des sociétés de crédit sur gage, le remboursement du prêt dépend des moyens financiers du déposant de ces biens.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email