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Nationale

L’opposition met le cap sur l’après-Bouteflika

L’opposition met le cap sur l’après-Bouteflika

C’est une opposition déterminée et radicalisée encore plus qui s’est retrouvée samedi au siège du MSP. En effet, comme prévu lors de la rencontre de l’instance de concertation et de suivi (ICS), le discours de l’opposition n’a pas changé d’un iota.

Mieux, les derniers développements survenus sur la scène nationale, comme les résultats du Congrès du FLN, la démission de Bensalah de la tête du RND, le récent remaniement gouvernemental et la crise économique avec les faibles cours du brut, ont été des prétextes politiques d’une extrême importance qui ont motivé l’opposition à réagir et surtout à lancer un cri d’alarme.

D’emblée, c’est le leader du RCD, M.Mohcine Belabbas, qui donna le ton en critiquant sévèrement l’action du gouvernement et du pouvoir en général. Il expliqua que le « système tente de réorganiser ses rangs à travers le viol des statuts des partis et des putschs à la tête de leurs directions et à travers la redistribution des portefeuilles ministériels aux mêmes personnes qui sont impliquées dans les affaires de corruption dans les dossiers de l’autoroute Est-ouest, Khalifa et l’importation des médicaments ».

Pour le RCD, ces développements signifient surtout qu’il y a une « impossibilité de construire un consensus entre les clans du pouvoir qui luttent les uns contre les autres pour se repositionner afin de préparer à la période de l’après Bouteflika ».

Il mettra l’accent également sur le contexte de la détérioration des Droits de l’Homme, en soulignant les « nombreuses arrestations et détentions de militants, obligeant un bon nombre d’entre eux à quitter le pays clandestinement ». 

Le chef de file du pôle du changement et futur président du nouveau parti( dont le Congrès constitutif aura lieu la semaine prochaine), Ali Benflis, a mis l’accent sur son dada politique, « la vacance du pouvoir » et son « partage par trois ailes », estimant que la décision politique qui « est prise et exécuté en dehors du cadre constitutionnel » est partagée par ce qu’il appelle « la triade du véritable pouvoir ».

Une triade composée, selon lui par le cercle des proches du président Bouteflika, des forces de l’argent douteux ou issu de la corruption. Il affirma que cette triade prépare une stratégie d’attaque qui consiste à faire « hériter le pouvoir ».
Même son de cloche pour les autres chefs de partis d’opposition ou des personnalités connues pour leurs positions politiques à l’encontre du pouvoir.

Karim Tabbou pense qu’on prépare une élection présidentielle anticipée « en cercle fermé » et qui ne répond pas aux normes démocratiques, alors que l’islamiste Abderrezak Mokri affirme que « l’éventualité de voir le peuple sortir dans la rue est fort probable ». Il dira que cette « sortie sera spontanée, encouragée par les erreurs et les échecs du pouvoir, nourrie par des politiques de répression ».

Le chef du MSP estime toutefois que le recours des gens à la rue peut être destructeur en l’absence d’une autorité nationale, consciente et unie ». Citant les exemples syrien et libyen, Mokri pense le « révolte du peuple peut être une occasion historique pour le changement et la transition démocratique pacifique s’il y a des dirigeants capables de gérer les crises et arriver à réaliser des consensus ». 

Dans un autre contexte, les intervenants lors de ce sommet de l’opposition ont lancé l’idée de faire un bilan de la démarche de la coordination nationale des libertés (CNLTD), l’analyse des résultats obtenus et une évaluation sans complaisance de l’action de cette opposition depuis la signature de la plate-forme de Zéralda.

Certains ont suggéré l’élargissement des instances de cette opposition, comme la CNLTD ou l’ICS, à d’autres partis politiques et d’autres personnalités nationales et historiques, suggérant en même temps le changement des dénominations ou des appellations.

D’autres pensent qu’il faudra à ces instances une meilleure souplesse dans les adhésions politiques, d’autant que certains avaient émis le voeu de voir des représentants de mouvances et de sensibilités idéologiques intégrer soit la CNLTD, soit le pôle du changement ou l’ICS. 

Des propositions ont été faites lors des premières interventions des chefs de partis politiques, en attendant des débats plus profonds dans les ateliers et à huis clos. Parmi ces propositions, signalons celle du RCD qui avança le projet d’organiser le 5 octobre prochain une marche populaire dans la capitale afin de « dénoncer les atteintes aux libertés fondamentales, individuelles et collectives ». 

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