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Nationale

L’opposition met en garde contre les solutions conjoncturelles

L’opposition met en garde contre les solutions conjoncturelles

Les partis politiques s’opposent au plan d’action du gouvernement, le qualifiant de « solutions conjoncturelles à des problèmes durables ».

Présenté hier à l’Assemblée populaire nationale (APN) par le Premier ministre Ahmed Ouyahia, il est loin d’apporter des solutions réelles à la crise économique du pays qui perdure depuis la baisse drastique du prix du pétrole.

« Ouyahia met le peuple devant le fait accompli », a lancé Nacer Hamdadouche, président du groupe parlementaire du MSP, affirmant le Premier ministre ne fait que reprendre ce qui a été déjà annoncé par les partis de l’opposition et les économistes sur l’aggravation de la situation économique du pays.

« Nous avons tiré la sonnette d’alarme bien avant la crise pétrolière, lorsque le pays jouissait encore de l’aisance financière, mais on nous accusait à l’époque de tenir des discours alarmistes », a-t-il regretté.

Concernant le financement non conventionnel pour lequel a opté le gouvernement Ouyahia pour compenser le déficit du Trésor public et financer les projets d’investissements, ce même député prévient que c’est un grand risque à prendre du fait que l’Algérie est quasiment dépendante des hydrocarbures et ne possède pas une économie diversifiées pour compenser la chute drastique des recettes d’hydrocarbures.

« Il ne faut pas tromper l’opinion publique. La valeur du dinar ne résistera pas longtemps, d’autant que nous avons la monnaie la plus dévaluée par rapport aux pays voisins tels la Tunisie, le Maroc et la Libye », a-t-il argué, prévenant contre la poussée inflationniste et la dégradation du pouvoir d’achat qui peuvent découler de « la planche à billets ».

Même impression chez le Parti de la justice et du développement. Le président du groupe parlementaire de ce parti, Lakhdar Ben Khellaf, pense même que l’option du financement non conventionnel n’est qu’une phase qui précède le recours obligatoire à l’endettement extérieur. Pour lui, on ne fait que retarder cette fatalité car la planche à billets est une fausse solution à un vrai problème.

« Le fonds de régulation des recettes est vide, le matelas des réserves de change rétrécit à moins de 105 milliards de dollars et nous n’avons pas de garanties pour le remboursement des dettes, si jamais on doit recourir à l’endettement extérieur », s’est-il inquiété en se demandant quelles seront les conditions qui seront imposées à l’Algérie le jour où elle devrait recourir à l’endettement extérieur. Ce même député estime que la solution est ailleurs.

Il faut rembourser les crédits bancaires accordés aux opérateurs, convaincre les citoyens de déposer leur argent dans les banques en évitant de leur imposer les taux d’intérêt. Il propose également d’absorber la devise, estimée à plus de 5 milliards de dollars, qui circule sur le marché parallèle.

BenKhellaf relève par ailleurs que le plan d’action du gouvernement ne comporte pas dans ses textes des propos sur la lutte contre les crimes économiques ou des plans sur la diversification de l’économie nationale et l’amélioration des conditions de vie des citoyens.

« La lutte contre la corruption est quasiment absente dans ce plan d’action. Il n’y a pas vraiment de mentions sur la corruption ou l’évasion fiscale, ni sur le travail au noir ou le transfert illicite de la devise », a-t-il fait observer.

Ce même député semble remettre en cause le retour d’Ouyahia à la tête du gouvernement en déclarant que « les gens qui sont désignés pour régler la crise sont les mêmes que ceux qui ont régné durant l’aisance financière et qui nous ont menés à la crise actuelle ».

« Ces mêmes personnes ne font que reproduire les anciens programmes et les expériences ratées », a-t-il encore critiqué. Pour le Parti des travailleurs, la crise actuelle n’est que la conséquence des politiques précédentes et le gouvernement avance les yeux fermés sans tenir compte des erreurs du passé.

« Le plan d’action n’est qu’un tour de vis supplémentaire pour imposer davantage la politique d’austérité au simple citoyen », a-t-il regretté. Concernant la solution du financement non conventionnel, il a affirmé qu’il profitera en premier aux entreprises privées et aux opérateurs économiques qui vont réclamer l’argent public pour financer leurs projets.

« A travers le recours au financement non conventionnel l’Etat veut compenser le déficit du Trésor, mais il parle également de renflouer le Fonds national d’investissements », a-t-il expliqué, en proposant d’annuler carrément les fonds spéciaux qui, selon lui, ouvrent la voie au détournement de l’argent public. Sans surprise, les député du FLN et du RND soutiennent le plan du gouvernement sur toute la ligne, affirmant qu’il comporte des mesures « positives » visant à conserver les acquis sociaux.

Le député FLN Abdelhamid Si Afif, qui a été favorable au plan d’action du gouvernement, affirme que ce plan renferme des choix reflétant les priorités de la conjoncture actuelle, notamment la nécessité de trouver des alternatives aux hydrocarbures, appelant tout un chacun à « l’adhésion totale à la démarche de la mise en œuvre du plan » qu’il a qualifié d’ « ambitieux ».

Pour sa part, le député Mohamed Kidji du Rassemblement national démocratique (RND) a salué la teneur du plan d’action du gouvernement qui véhicule, pour lui, « un discours réaliste et franc », appelant à cette occasion à l’impératif de lever le gel sur les projets, notamment ceux du secteur de la santé et de l’éducation. Le plan d’action sera soumis au vote jeudi 21 septembre après les réponses du Premier ministre aux préoccupations soulevées par les députés.

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