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L’OPEP maintient le doute

L’OPEP maintient le doute

Que va t-il se passer à un mois du sommet de l’OPEP ? Avec le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), publié jeudi dernier, les experts s’attendent à un coup de frein à une hausse manifeste des cours du brut depuis plus d’un mois.

D’abord, ce rapport tente de « calmer » les soubresauts du marché, d’atténuer surtout les incohérences des analyses et d’éclairer les choix des consommateurs à propos de leurs stratégies et de conforter leurs prévisions.

C’est ainsi qu’on indique que la croissance de la demande sera révisée à la baisse, d’autant qu’en dépit d’une « légère hausse des stocks mondiaux de pétrole au premier semestre 2017 de 38,5 millions de barils, le marché est proche de l’équilibre ».

C’est un constat crédible qui donne raison aux solutions préconisées par l’OPEP quand elle a décidé de réduire sa production en s’alliant également avec des partenaires hors OPEP. 

Mais, l’AIE revoit à la baisse ses prévisions de croissance de la demande de brut en 2017, à 1,3 million de barils/jour contre 1,4 million précédemment. L’AIE publie des données qui confortent son analyse, notamment dans un certain nombre de pays qui connaissent une stagnation de la demande comme la Russie, l’Inde, les Etats Unis, la Corée du Sud et des pays du Moyen-Orient.

Avec le respect des clauses de l’accord de Vienne sur la réduction de la production, cette baisse des niveaux de production est compensée par ce recul de la demande, d’où l’équilibre tant recherché au sein du marché. Le respect de cet accord a atteint des seuils appréciables, des « taux de conformité » qui avoisinent les 90% pour les membres de l’OPEP et 68% pour les producteurs non membres du cartel.

Pour l’AIE, le renouvellement de l’accord de l’OPEP risque d’être contre-productif, car il encouragerait plutôt le secteur du pétrole de schiste aux Etats unis, d’autant que l’OPEP a mentionné récemment que la production américaine est en constante augmentation, une croissance qui porte l’offre de brut hors OPEP à plus d’un demi million de barils/j, soit plus de 200 000 barils/jour que les précédentes estimations.

C’est ce scénario qui domine actuellement les débats entre experts et autres investisseurs. A un mois du sommet de Vienne, on ne sait pas encore si le cartel va reconduire l’accord de novembre 2016 alors que les données économiques n’ont pas beaucoup changé, bien que les tensions géopolitiques refassent surface ces dernières semaines.

Pour beaucoup d’observateurs, l’OPEP, qui a perdu des positions importantes sur le marché, semble garder le secret espoir de maintenir la pression sur les compagnies US qui exploitent le pétrole de schiste. Ainsi, on pense que le cartel veut jouer la montre, en gagnant du temps pour permettre aux marchés de flamber à court terme.

Cet espoir se base sur des perspectives réalisées par des spécialistes sur l’avenir du pétrole mondial et l’évolution du marché et des cours, que l’AIE reprend dans son dernier rapport. C’est ainsi qu’on note que l’offre mondiale de pétrole pourrait avoir du mal à répondre aux besoins et à la demande après 2020, faute d’investissements suffisants dans le volet exploration et raffinage. 

Une situation qui pourrait créer des tensions en faisant baisser le niveau des stocks et les capacités des réserves, allant jusqu’à provoquer de nouvelles hausses exceptionnelles des prix. Mais, jusqu’à maintenant, personne parmi les membres de l’OPEP n’a dévoilé la stratégie du cartel face à ces données et autres indications économiques mondiales.

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