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Nationale

L’ONU tance IBK

L’ONU tance IBK

Au lendemain du discours du président de la République malien, Ibrahim Boubakar Keita, prononcé à l’occasion de la signature de l’accord de paix et de réconciliation à Bamako, la MINUSMA, la mission onusienne de maintien de la paix dans le nord du Mali, a tenu une conférence de presse dans la capitale pour répondre aux reproches d’IBK.

Contestant tout « manque d’impartialité », le représentant de la MINUSMA, le secrétaire général adjoint, Hervé Ladsous, a regretté qu’aucun remerciement n’ait été adressé à sa structure ni à la France pour ses opérations Serval ou Barkhane. ..

Le lendemain, un communiqué officiel du gouvernement malien voudra se rattraper en « reconnaissant les actions remarquables des Nations unies » mais n’effacera pas les signes évidents d’un malaise, d’une crise de confiance sur lesquels les observateurs doivent s’interroger.

La vérité qui fâche

Nous le rapportions dans une édition précédente du JI, le président IBK s’est « lâché » lors du discours qui a clôturé la cérémonie de signature de l’accord de paix et de réconciliation entre les groupes politico-armés et le gouvernement malien.

Il a improvisé un discours qui ne s’est pas privé d’énoncer quelques vérités à l’endroit des Nations unies. En effet, le Président malien, connu pour son franc-parler, a exprimé son mécontentement quant au traitement de la problématique de la violence dans le nord du Mali par les forces de la MINUSMA. 

Il a déclaré, en présence des quelques présidents africains qui n’avaient pas encore quitté la salle, devant un parterre d’ambassadeurs, d’anciens hauts responsables du Mali, et des représentants de la MINUSMA, dont Hamdi Mongi et Hervé Ladsous qu’il « avait personnellement souffert de ces rapports onusiens déséquilibrés rédigés à propos de la situation qui prévaut dans le Septentrion malien. »

Le Président reprochant à cette force multinationale un certain parti-pris en faveur des rebelles irréductibles aux dépens de l’armée malienne et des autres groupes plus proches du pouvoir central. IBK avait eu des mots forts : « Nous ne sommes pas des barbares, nous sommes fiers de notre terre de civilisations… » L’orateur s’en prenant visiblement au déficit de confiance affiché par l’organisation onusienne vis-à-vis des institutions maliennes et notamment les forces de sécurité.

Le traumatisme kidalois

Or, d’un autre côté, IBK n’a pas oublié de remercier les pays amis qui ont apporté leur soutien à son pays durant cette crise avec une reconnaissance particulièrement soulignée à l’endroit de l’Algérie. Pour les spécialistes qui suivent de près ce dossier de la crise malienne, ils reconnaîtront la grille de lecture du pouvoir sous Ibrahim Boubakar Keita qui a très tôt affirmé, au lendemain de son élection, son agacement par rapport au rôle de la MINUSMA et de la France dans le nord du Mali.

L’épisode de Kidal qui a coûté son poste ministériel à la Défense au très expérimenté Soumeylou Boubeye Maiga, ancien patron des services secrets maliens, enfant de Gao et fin connaisseur des questions relatives à la rébellion, avait été la goutte qui avait fait déborder le vase. Le nouveau Président voulant sortir de cette « dette béate » envers les intervenants étrangers coupables à ses yeux d’entretenir le particularisme kidalois en interdisant aux forces régulières maliennes d’y restaurer leur autorité.

Depuis, malgré les changements de gouvernements et de ministres aux postes clés, le chef charismatique du RPM et premier magistrat du Mali, a dû s’interdire lui aussi de parler. Pour ne pas perturber un processus de médiation dont l’Algérie a été désignée chef de file à sa demande. Mais, des voix autorisées nous ont confié qu’IBK ne supporte plus la présence des acteurs extra-régionaux parce qu’il considère qu’ils outrepassent ou pervertissent leur mandat.

« Notre Président n’est pas souverainiste parce qu’il serait ingrat au sujet de la solidarité venue de l’extérieur, mais parce qu’il est des questions qui relèvent strictement de la décision de l’exécutif malien qui doit rendre des comptes au peuple » nous déclare un militant politique de l’opposition. Les bienfaiteurs occidentaux sauront-ils comprendre cela, eux qui donnent si souvent des leçons de démocratie aux autres ?

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