Loi sur le droit de grève : Critiques et réserves des syndicats  – Le Jeune Indépendant
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Nationale

Loi sur le droit de grève : Critiques et réserves des syndicats 

Loi sur le droit de grève : Critiques et réserves des syndicats 

Le projet de loi relatif au règlement des conflits du travail et au droit de grève est examiné ce mardi à l’Assemblée populaire nationale. Ce texte est fortement contesté par les syndicats autonomes, qui n’ont pas cessé d’affirmer leur mécontentement sur son contenu. Ces derniers ont exprimé hier leur refus catégorique de ce projet de loi, en le considérant comme étant « une dérive et un danger pour la stabilité du pays ».

Lors d’une conférence animée, ce lundi, au siège de l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (UNPEF), à Alger, les syndicats algériens autonomes estiment que le projet de loi est « une violation directe aux libertés syndicales, à la constitution ainsi que toutes les conventions internationales dans ce domaine, signées par l’Algérie, notamment 87,98 ».  

Dans sa déclaration au Jeune Indépendant, le secrétaire générale du Syndicat Algérien des travailleurs Algériens de l’enseignement et de la formation (SATEF), Boualem Amoura a précisé que « le rassemblement aujourd’hui au siège de l’UNPEF est l’occasion pour dénoncer l’adoption de la loi sur les conflits et le droit de grève examinée aujourd’hui par l’APN».

S’adressant au ministre du travail, le SG du Satef se demande comment les lois syndicales sont adoptées avec une « vitesse record, alors qu’il y des dossiers, à savoir ceux des métiers pénibles, le pouvoir d’achat et autres qui concernent la caisse nationale des retraites qui nécessitent  des solutions. Malheureusement, ils sont passés aux oubliettes ».

Evoquant le projet de loi sur le droit de grève, Boualem Amoura a fait savoir que les conditions d’organisation de grève sont impossibles à remplir, à savoir la préparation de grève qui nécessite au minimum trois mois, la présence d’un huissier de justice, deux tiers doivent signer le maintien de la grève à l’assemblée générale, la présence et la prise de parole de l’employeur sont exigées, alors que l’employé a eu recours justement à l’exercice syndical pour dénoncer l’injustice dont il a fait l’objet par ce même employeur. Le préavis de grève est fixé à 45 jours.  « Ceci est tout simplement une entrave au libre exercice syndical. Les deux projets sont contre des articles de la Constitution », a-t-il décrit.  

 Amoura a précisé que « les syndicats autonomes vont saisir officiellement le bureau international du travail (BIT) et le Conseil constitutionnel, ajoutant que « ces deux projets de loi ont été adoptés dans un hémicycle vide. Des députés qui sont payés avec des salaires faramineux et tous les privilèges n’ont même pas lu lesdits projets ».

Pour sa part, Rouina Zoubir, secrétaire général du Conseil des enseignants des lycées d’Algérie (CLA) a indiqué au Jeune indépendant que « le syndicaliste utilisait des moyens réglementaires pour défendre les travailleurs, notamment les grèves et aujourd’hui ce droit leur a été « confisqué », alors comment le travailleurs pourront réclamer leurs droits, ajoutant que « cette situation crée un déséquilibre dans la relation du travail entre l’employeur et l’employé. L’exercice syndical n’est pas la propriété des syndicalistes mais celle des travailleurs. Notre mission est d’encadrer les préoccupations de ces derniers dans le respect total des lois ».  

Pour Djamel Ghoul, coordinateur de la Confédération des syndicats algériens (CSA) « cette journée est une forme de lutte pour les libertés syndicales, dans le but de bâtir des sociétés civilisées, une valeur civilisationnelle dans toutes les religions ».

Le conférencier a précisé que « même si toutes les voies sont épuisées, le combat des syndicats algériens autonomes va continuer. S’agissant du projet de loi sur le droit de grève, Djamel Ghoul a affirmé que « la position des syndicats consiste à refuser d’une manière catégorique les deux projets, dans un cadre réglementaire et constitutionnel et que celle-ci restera gravée dans la mémoire des générations futures ».

Sadek Dziri, président de l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (UNPEF) a souligné qu’ « au cours de cette rencontre, nous refusons pour la deuxième fois ces deux projets de loi qui sont en contradiction avec les dispositifs de la constitution ».

Pour sa part, le Dr Lyes Merabet, président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) a expliqué que « l’exercice syndical n’a aucun sens sans le droit de grève ».

Répondant au ministre du travail qui avait évoqué que les grèves ont causé des pertes colossales au Trésor public, le Dr Merabet a précisé « que la corruption est à l’origine de ces pertes et que les syndicats ne sont pour rien. La preuve c’est que les anciens hauts responsables d’Etat sont aujourd’hui en prison ».

  

 

 

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