Les nouvelles cités à Annaba : Du neuf à la clochardisation – Le Jeune Indépendant
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Nationale

Les nouvelles cités à Annaba : Du neuf à la clochardisation

Les nouvelles cités à Annaba : Du neuf à la clochardisation

La plupart des nouvelles cités, social ou AADL, de la ville d’Annaba se sont clochardisées. Devant les bâtiments récemment attribués, on y voit déjà tout, on sent tout et on se demande qui est responsable de la situation dégradante constatées chaque jour. Pourtant ce n’était pas cette vision au premier jour de l’attribution du logement.

Tout a commencé par  cris de joie, youyous, musiques du terroir, un air de fête avec tous ces déménagements à Annaba  de milliers de famille tirés de la misère et qui, désormais, bénéficient de logements décents après des années passées dans des baraques et des bidonvilles. Une virée à la cité Dhorban (Pont Blanc), la cité des 600 logements, surnommée Bangladesh, ou les les cités LSP et AADL de Sidi Achour, El Bouni, Sidi Amar, El Hadjar et Chorfa renvoi à cette triste réalité.

Des cités flambant-neuves dotées de toutes les commodités , avec des espaces de détente, des aires de jeu, des allées et des chaussées bien propres sont ainsi mises à la disposition des citoyens qui en profitent pour y vivre décemment et profiter de ce nouveau cadre de vie auquel ils aspiraient tous.

Mais une fois cette euphorie, cet enthousiasme et cette liesse passée, les vieux réflexes reviennent, les comportements habituels reprennent le dessus et apparaissent au grand jour. Très vite le bidonville prend le pas sur la cité moderne qui commence à se ruraliser après deux à trois mois de son occupation par les  habitants. Les aires de jeu disparaissent comme par enchantement, balançoires, tourniquets, toboggans et autres installations sont vandalisées, ne demeurent en général que les armatures qui, elles aussi, sont démontées pour être vendues.

L’espace tout entier devient un terrain vague où les enfants jouent de temps en temps puis il se transforme en dépotoir de toutes sortes de déchets et ordures : de la vieille machine à laver, au réfrigérateur usé en passant par les écrans de vieilles télés, les déchets de matériaux de construction et les ordures ménagères.

Du dépotoir on passe à la décharge qui grossit, grossit .. Moustiques, gros rats, chats et chiens se disputent cette pâture qui devient un milieu très favorable à la reproduction de toutes sortes de bestioles.

Maladies de la peau, éruptions cutanées, maladies respiratoires et autres pathologies font leur apparition et se développent occasionnant des dépenses de santé qui grèvent les budgets des familles. Tout autour des immeubles, on dresse une clôture faite de bois et de piquets métalliques avec du fil de fer barbelé auquel on adjoint des plaques de tôle et de plastique. L’espace ainsi délimité est exploité comme jardin potager, plants de tomates, de laitues, d’oignons et d’ail sont disposés en carrés. On y ramène un chien qu’on attache, on monte une petite niche puis on construit un abri pour les poules et on a une petite ferme au bas de son appartement.

A la tombée de la nuit, on a les caquètements des poules, puis ce sont les aboiements des chiens pour finir avec le cri du coq à l’aube. Tout cela bien sûr avec les odeurs qui s’en dégagent et pénètrent jusque dans les appartements créant bien des désagréments aux habitants.

A l’entrée de l’immeuble, des ordures trainent, des sachets en plastique des bouteilles, des cannettes, des mégots, des gobelets et toutes sortes de déchets jetés par les fenêtres et les balcons.

Une euphorie de courte durée

A l’intérieur, les murs sont tapissés de graffitis grossiers qu’on a barrés en partie, la cage d’escalier est dans un sale état et la minuterie a été arrachée, n’en restent plus que les fils qui pendent.  Sous les escaliers, le locataire du rez-de-chaussée y dépose tout objet dont il n’ pas besoin et qu’il garde malgré tout espérant qu’il serve à quelque chose plus tard.

Un espace infesté de rats qui y vivent et qui parfois se glissent dans les appartements à la recherche de quelque victuaille. Cette dégradation générale de l’environnement et du cadre de vie est due en premier lieu à l’incivisme des habitants venus de tous horizons et qui se retrouvent tous partageant un espace commun.

Chacun y arrive avec sa propre culture, son « way of life », ses habitudes et veut continuer à vivre comme il l’a toujours fait. Ce qui a donné lieu à cette anarchie qui a transformé les cités modernes en les défigurant ; un melting pot détonnant qui a ruralisé la ville lui donnant une image hybride où se côtoient une  modernité toute relative et une  bidonvilisation rampante qui tend à s’installer.

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