-- -- -- / -- -- --
Op-Ed

L’œuf et le serpent

Non-ingérence et non intervention militaire hors de son territoire, ce sont des principes fondamentaux réitérés mille fois à l’adresse des différents partenaires ou visiteurs qui voudraient engager l’Algérie sur le terrain des puissances qui n’ont pas de scrupule à faire la cuisine ou mener des guerres chez les autres.

Les Algériens peuvent se féliciter de cette politique étrangère prudente et respectueuse des souverainetés nationales parce que sur le plan moral il n’y a rien à redire dans ce choix stratégique. Pourtant, il n’est pas interdit de réfléchir à l’efficacité d’une telle doctrine dans un contexte mondial où même des monarchies du Golfe sous tutelle américaine s’autorisent à s’en aller bombarder des civils dans un pays tiers.

L’Algérie peut-elle encore rester sur la défensive absolue quand des chancelleries lointaines s’affairent à fabriquer des menaces dans son périmètre stratégique immédiat ?

L’attaque de Tiguentourine, et le coup politico-diplomatique qu’elle visait d’atteindre, ont laissé supposer que les services de sécurité algériens auraient pu neutraliser la menace en Libye, avant que les desperados de Mokhtar Belmokhtar ne viennent narguer l’ANP sur un site gazier.

Par ailleurs, à plusieurs reprises, nos pays voisins ont sollicité les autorités d’Alger pour assumer des opérations militaires sur leur territoire en reconnaissant le professionnalisme de l’armée algérienne et de ses commandos d’élite. Dans le cadre de la coopération, il a même été question d’un droit de poursuites, d’une confiance totale en l’Algérie.

Nous avons même essuyé les reproches d’officiels maliens qui attendaient des Algériens ce qu’ont accompli les soldats français dans le massif des Ifoghas, au nom de l’amitié des deux pays et en raison de l’expertise algérienne dans ce domaine si délicat de la lutte antiterroriste.
Nos services de renseignements ont trop souvent signalé l’activité de terroristes à des gouvernements qui n’ont pas voulu s’en occuper.

Cela a commencé à Londres au sujet du sinistre Abou Hamza, quand l’Algérie luttait seule contre le mal du siècle. Cela continue dans le Sahel pour le MUJAO ou Al Mourabitoune. A la lumière de ces éléments concrets, on peut se demander s’il ne faut pas anticiper sur la menace en allant tuer dans l’œuf le serpent qui va naître pour piquer l’Algérie.
 

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email