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Nationale

L’octroi des lettres de crédit limité aux importateurs «sérieux»

L’octroi des lettres de crédit limité aux importateurs «sérieux»

Les mesures restrictives visant à limiter les dépenses publiques prennent place dans le système financier des banques algériennes publiques et privées installées dans le pays.

Les importateurs sont désormais dans le viseur des décideurs et les prêts seront délivrés au compte-gouttes, annonce-t-on. Ces restrictions toucheront désormais les importations de biens, notamment ceux destinés à la consommation, à l’image des véhicules.

Fini donc le bon vieux temps, où les entreprises pouvaient obtenir plus de quatre fois le montant de leurs fonds propres comme prêt pour importer des produits, parfois même avec très peu de garanties.
La dernière mesure destinée à limiter les importations en plafonnant l’octroi des fonds aux importateurs vise, à en croire les acteurs économiques, à réduire les importations et, par ricochet, à limiter la facture des dépenses.

Bien que d’aucuns s’attendent à ce que cette mesure favorise les grands groupes économiques, qui finiront par s’adjuger le plus gros du marché puisqu’ils présentent plus de garanties, sachant que les banques aussi bien publiques que privées ont reçu des instruction de limiter l’octroi des prêts tout au plus à une fois les fonds propres de l’importateur demandeur de prêt. 

C’est-à-dire ne pas dépasser une fois les fonds propres du demandeur de la lettre de crédit. Un document dont la délivrance sera aussi, et c’est tout à fait logique, soumise à conditions et ne profitera qu’au détenteur de fonds importants, d’autant qu’un contrôle rigoureux sera de mise pour la délivrance du sésame.

Aussi, il est à craindre que les petits importateurs auront à justifier leur demande par un bilan de l’exercice précédent à la mesure du prêt souhaité, preuve de la bonne santé des finances de l’entreprise.

Il est aussi utile de rappeler que jadis, des centaines d’importateurs « empochaient » des prêts parfois équivalents à quatre fois leur propres fonds pour l’achat de produits de large consommation qu’ils écoulaient souvent au marché noir, avec tout ce qui s’ensuit comme fuite de capitaux et leur injection dans la sphère informelle.

L’appel du ministre des Finances visant à « bancariser » des fonds informels circulant sur le marché parallèle va d’ailleurs dans ce sens. Evalués par la banque d’Algérie entre 1 000 et 1 300 milliards de dinars, ces sommes constitueraient, à en croire Abderrahmane Benkhalfa, une bouée de sauvetage pour les banques qui pourront par la suite, les réinjecter dans le circuit légal. Bien que, lors d’une récente intervention, le ministre a paru plutôt évasif sur la question de savoir si la mesure avait donné les résultats escomptés.

Le ministre s’est refusé à donner des chiffres, se limitant à dire que « l’opération est en bonne voie ». En tout cas, tout porte à croire que le premier argentier du pays voudrait se donner le temps, mais en attendant, des mesures en amont seront prises et les restrictions toucheront, à n’en point douter, de larges secteurs.

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