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Culture

L’intellectuel sur les planches

L’intellectuel sur les planches

Au lendemain de son ouverture, la onzième édition du Festival national du théâtre professionnel sera marquée, ce jeudi 24 novembre, au Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi à Alger, par des œuvres axées sur l’intellectuel avec ses conflits intérieurs et sa relation avec le politique.

Présentées dans différentes conceptions scénographiques, les pièces proposées en ce deuxième jour du Festival mettront en valeur la thématique sur l’intellectuel. La pièce Boulemhayen, une production du Théâtre régional Kateb-Yacine de Tizi Ouzou, écrite et mise en scène par le comédien et dramaturge Mohamed Adar, a fait ressortir sur les planches du Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi (TNA) les difficultés tiraillant les intellectuels qui veulent préserver leur intégrité devant l’adversité, la corruption et la récupération politique.

Le personnage Boulemhayen, campé par Abdelkader Boutera, il a réussi à jouer un personnage profond avec beaucoup de fluidité et de légèreté, a rejoint une formation politique avec l’ambition d’améliorer les choses mais il finit par se retirer car déçu par les agissements et les dérives de ses dirigeants qui seront, dans le passé, des militants comme lui.

Dans un décor statique suggérant un espace clos, Boulemhayen se retrouve confronté entre les tentatives de récupération de ses anciens compagnons, aujourd’hui au pouvoir, et les appels à l’aide d’une nouvelle formation politique.

L’auteur élargit ces conflits à une confrontation entre modernité et tradition ou fortune et intellect dans un esprit qui ne trouve de refuge que dans les paroles d’un derviche inspiré du théâtre populaire.

Se passant de chorégraphie et de musique, le metteur en scène a préféré introduire plusieurs fois des chants amazighs réécrits et portés par la voix de Nacera Benyoucef qui a séduit un public encore peu nombreux, rapporte l’Agence presse service d’Algérie. Malgré la profondeur du texte, la pièce n’a pour seul tempo que certains éclats de voix exagérés et des déclamations de poésie.

Cependant, cette œuvre reste l’une des rares pièces écrites par un auteur algérien contemporain en compétition. Représentant le Théâtre régional de Guelma, le metteur en scène Ali Djebbara a, quant à lui, proposé Shaka Zulu, une pièce orientée vers le psychodrame et le théâtre universel, adaptée de l’œuvre

Le professeur Taranne du dramaturge français Arthur Adamov (1908-1970), relatant la persécution d’un universitaire extravaguant accusé à tort d’exhibitionnisme et d’abus sexuels. La profondeur du texte va au-delà de la persécution et entre dans un processus angoissant qui amène peu à peu la victime à se dépouiller de ce qu’elle croit être pour devenir ce qu’on veut qu’elle soit.

Dénonçant des pratiques entravant l’émergence d’un débat public et l’émancipation intellectuelle avec une pointe de satire portée par les comédiens Issam Taachit et Kenza Benboussaha, cette pièce a également privilégié un décor minimaliste qui ne joue pas de grand rôle dans une scénographie assez statique.

Inaugurée ce mercredi avec la représentation de la pièce El Iskafia du Théâtre régional de Skikda, adaptée du livre La savetière prodigieuse de l’Espagnol Federico Garcia Lorca (1898-1936), cette présente édition du Festival national du théâtre professionnel se poursuit jusqu’au vendredi 2 décembre avec encore quatorze œuvres en compétition.

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