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L’instabilité gagne le marché

L’instabilité gagne le marché

Les cours du pétrole jouent au yoyo. Alors qu’avant-hier, les prix ont chuté considérablement pour atteindre les 49 dollars, pour la première fois depuis décembre, voilà que ces cours ont connu un petit redressement dans les échanges américains hier durant toute la journée. Cependant, le prix du WTI au Nymex n’a guère dépassé les 49,65 dollars le baril, alors que le Brent valait 52,07 hier après-midi. En fait, le déclin est massif en raison de deux facteurs majeurs.

Pour les experts, il s’agit d’abord de l’annonce publique des fortes réserves du brut américain, de quoi couvrir les besoins pour deux mois de toute la consommation de la plus grande économie mondiale. Le second est la forte augmentation de la production du schiste américain, qui vient d’atteindre les 9 millions de barils/jour. Ce sont ces deux facteurs qui ont joué en défaveur du marché, malgré que l’OPEP semble respecter scrupuleusement les quotas définis lors des accords de 2016.

Toutefois, en perdant plus de quatre dollars de sa valeur, le pétrole semble entrer dans une période d’instabilité et de fragilité qui va durer encore quelques semaines. Car l’offre crée des inquiétudes majeures auprès des investisseurs, et met à mal les espoirs des pays producteurs de l’OPEP et de ses partenaires non affiliés au cartel.

De plus, d’autres experts estiment que les inquiétudes sont pointées sur la situation du dollar, dont le raffermissement n’aiderait nullement le marché. Hier, il aura fallu un léger affaiblissement de la monnaie américaine pour que le pétrole gagne quelques cents, car moins coûteux sur le marché de la consommation.

Mais, avec la remontée de la production du schiste et les promesses de la politique du président Trump dans le secteur, il sera très difficile de trouver des équilibres durables et fermes. Deux mois après l’entrée en vigueur de l’accord des membres de l’OPEP sur la baisse de la production et en dépit d’un respect presque total des quotas, les signes de rééquilibrage ne sont pas visibles. Certains suggèrent déjà un retour de manivelle pour faire baisser les cours afin de dissuader les compagnies US qui exploitent les gisements de schiste.

Des rumeurs persistantes font état de la non-reconduction de l’accord de Vienne lors du sommet de mai prochain. Mais, il ne s’agit que de rumeurs. Il faudra attendre la réunion des experts de l’OPEP, notamment de son comité de suivi, prévue le 26 mars au Koweit, pour identifier de nouveaux signaux sur l’avenir de l’accord et surtout sur les intentions des gros producteurs, comme l’Arabie saoudite. Le marché demeure ainsi à l’écoute des moindres bruissements de ses propres investisseurs, peu enclins aujourd’hui à se risquer dans la prospection et l’exploration. Des coupes importantes sont notées dans les budgets des grandes compagnies mondiales réservés à ce chapitre.

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