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L’insoutenable drame du Liban

L’insoutenable drame du Liban

Meurtri depuis des années par les dissensions politiques interminables, écrasé par l’ampleur d’une crise économique complexe et recroquevillé en raison des tensions sur ses frontières avec la Syrie et la Palestine occupée, le Liban vient encore de subir une catastrophe sans précédent.

Deux puissantes explosions successives ont secoué ce mardi Beyrouth, faisant au moins 100 morts et plus de 4000 blessés. Ces explosions inouïes ont semé la désolation et la panique, provoquant un immense champignon de fumée dans le ciel de la capitale libanaise.

Selon les premiers éléments de l’enquête, c’est le nitrate d’ammonium qui est à l’origine des explosions. Le Premier ministre libanais a confirmé cette information, annonçant que 2750 tonnes de nitrate d’ammonium non sécurisées sont à l’origine des explosions du port.

Le directeur général de la Sûreté générale au Liban, Abbas Ibrahim, avait indiqué auparavant que les explosions dans un entrepôt du port étaient peut-être dues à des « matières explosives confisquées depuis des années ».
« C’est une catastrophe dans tous les sens du terme », a déploré le ministre de la santé, Hamad Hassan, « les hôpitaux de la capitale sont tous pleins de blessés ».

Face à l’ampleur de cette catastrophe, qui touche en son cœur un pays au bord du gouffre, le premier ministre libanais a fait appel, mardi soir, à l’aide internationale.

Selon les témoignages des habitants, ces explosions rappellent les attentats du 11septembre 2001, avec son lot de destruction massive de bâtiments, d’un ouragan de poussières et la consternation de la population surpris par les déflagrations.
Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont montré une première explosion suivie d’une autre qui provoque le gigantesque nuage de fumée.
Les déflagrations ont fait trembler les immeubles et brisé des vitres à des kilomètres à la ronde. Les dégâts sont incalculables. Selon les premiers chiffres avancés, les pertes pourraient dépasser les cinq milliards de dollars.

Avec cette catastrophe, c’est encore le pays tout entier qui est paralysé. Le port de la capitale, touché de plein fouet, est le poumon presque unique du pays, depuis que la guerre en Syrie a pris des proportions alarmantes, et les passages routiers fermés avec ce pays. Ruiné par la récession, l’inflation, et les répercussions de la pandémie du coronavirus, le Liban est incapable de se lever seul après cette tragédie.

D’où l’appel des autorités libanaises à l’aide internationale.
Déjà, on note une forte mobilisation des puissances mondiales, ainsi que des pays de la région moyen-orientale et des monarchies du golfe.

Pour les experts, il faudra attendre plusieurs semaines avant d’établir un bilan complet de cette tragédie. Cependant, des observateurs locaux pointent du doigt le laxisme ambiant de l’administration libanaise, empêtrée dans la corruption, le népotisme, la bureaucratie, le laisser aller et l’immobilisme.

On se pose surtout la question sur le pourquoi du maintien, pendant de longues années, de tant de produits dangereux dans un entrepôt, près des quartiers résidentiels, proches du port et de ses zones d’entreposage.

Par ailleurs, le ministère algérien des Affaires étrangères a annoncé que deux ressortissants algériens avaient été légèrement blessés lors des explosions, affirmant que “jusqu’à présent aucune présence de ressortissants algériens n’a été signalée au niveau des hôpitaux de Beyrouth”.
« Après ma déclaration préliminaire, faite quelques heures après les explosions ayant secoué mardi 4 août le port de Beyrouth, nous avons confirmé aujourd’hui que deux ressortissants algériens étaient légèrement blessés et jusqu’à présent aucune présence de ressortissants algériens n’a été signalée au niveau des hôpitaux de Beyrouth », a fait savoir le porte-parole du MAE, Abdelaziz Benali Cherif.

« Des maisons et locaux commerciaux appartenant à trois ressortissants algériens ont été considérablement endommagés, tandis que les biens de trois autres ressortissants algériens, ainsi que le siège de notre ambassade à Beyrouth et la résidence de l’ambassadeur ont été légèrement touchés (vitres des fenêtres brisées) », a-t-il dit.

« Nous avons des informations, non encore confirmées à notre ambassade à Beyrouth par les services sanitaires libanais, concernant un autre ressortissant algérien qui se trouverait dans un des hôpitaux de Beyrouth », a-t-il ajouté.

Les contacts se poursuivent entre les services de l’ambassade et les autorités libanaises pour vérifier cette information et s’enquérir de l’impact de l’explosion sur les membres de notre communauté au Liban, a indiqué le Porte-parole du MAE. Il a souligné, par là même, que les services de notre ambassade à Beyrouth sont intervenus pour prêter assistance à deux ressortissants algériens dont les domiciles ont subis des dégâts matériels suite à cette explosion. ”

De son côté, le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a adressé un message de condoléances et de compassion au président libanais, Michel Aoun, indique un communiqué de la Présidence.
“C’est avec une profonde tristesse et affliction que j’ai appris la nouvelle des explosions survenues mardi au port de Beyrouth ayant fait plusieurs morts et blessés et des dégâts matériels. En cette douloureuse circonstance, je tiens en mon nom personnel et au nom de l’Algérie, peuple et Gouvernement, à vous exprimer et à travers vous au peuple libanais frère et aux familles des victimes nos sincères condoléances et toute notre compassion et solidarité”, a écrit M. Tebboune.
Le chef de l’État a renouvelé la solidarité et le soutien de l’Algérie dans cette douloureuse épreuve au peuple libanais.
Sur les réseaux sociaux, les algériens étaient unanimes à exprimer leur choc face à l’ampleur du drame, faisant part, à travers divers messages et publications, de leur soutien envers le peuple libanais.

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