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Nationale

L’insistance de Djaballah

L’insistance de Djaballah

L’initiative lancée depuis peu par Abdallah Djaballah, chef du Front de la justice et du développement, en direction des islamistes algériens vient de prendre une autre tournure.

C’est ainsi que les partisans de Djaballah viennent d’annoncer une nouvelle rencontre la semaine prochaine, les 19, 20 et 21 août dans la localité de Chott dans la wilaya de Tarf, à l’extrême est du pays.

Alors que certains observateurs avaient estimé que l’initiative était un « flop » en raison de la défection ou du refus de plusieurs leaders islamistes d’y participer, voilà que Djaballah insiste encore sur la question, allant jusqu’à se montrer patient et sage, voire très compréhensif sur l’attitude affichée par ses pairs.

Il est vrai qu’il ne fallait pas signer rapidement sur l’échec de la création d’une nouvelle alliance islamiste, mais certains analystes pensent que l’entêtement de Djaballah mérite bien des explications.

Dans leur dernière conférence de presse tenue avant-hier, Djaballah et ses assistants, auteurs de cette initiative de rassemblement des islamistes, ont affirmé que la mouvance a besoin d’un espace de concertation et de débats et qu’elle ne renie ni l’existence des actuels partis politiques d’obédience islamiste ni la multitude des courants idéologiques qui traversent la mouvance. Selon eux, l’idée est de lancer un chantier qui rappelle à bien des égards celui de la défunte Rabita créée vers la fin des années 1980 sous la houlette de cheikh Sahnoun Ahmed.

Ce dernier, imam de son état et ancien militant de l’Association des oulémas musulmans de Benbadis, avait décidé de fonder, dès la fin du monopartisme socialiste du FLN, une structure supra-partisane dans laquelle des partis politiques et des associations, ainsi que des chefs et des savants charismatiques se concerteraient et débattraient des questions d’importance nationale et pour la « sauvegarde » de l’identité religieuse du pays.

A cette époque, la Rabita avait bien joué un rôle capital et déterminant dans la bataille politique que l’ex-FIS dissous avait lancé contre le FLN et le pouvoir d’une manière générale. Les autres courants islamistes au sein de cette Rabita (représentés par le MSP de feu Nahnah et Ennahdha de Djaballah, voire les figures de proue de la Djazâra) avaient clairement signifié leur refus de suivre les pas de Abassi Madani et de son adjoint Benhadj.

La Rabita n’a pas ensuite survécu au chantage violent de l’ex-FIS et à l’éruption du terrorisme. Son éclatement et la mort de plusieurs de ses fondateurs n’a pas pour autant achevé le rêve des islamistes.

Cependant, si Djaballah insiste aujourd’hui sur ce projet, en dépit des résistances internes à la mouvance, c’est qu’il a ses propres raisons et explications, voire des motivations politiques. Car, des observateurs signalent que si Djaballah était féru de l’unité des islamistes et prêt à endosser le rassemblement, il aurait au moins donné des directives à ses députés de l’APN de rejoindre la fameuse Alliance de l’Algérie verte.

Cette dernière regroupe depuis 2012 les députés de trois partis islamistes, MSP, Islah et Ennahdha, et ne cesse de faire de la résistance et de l’opposition au sein de l’hémicycle. Pourquoi donc Djaballah fait l’impasse sur cette petite alliance, cette « dérisoire » union parlementaire ?

Pourquoi donc, en cet été finissant, le vieil opposant islamiste brandit-il son bâton « magique » et clame sur tous les toits médiatiques que l’avenir de la mouvance est justement dans la création d’une Rabita version Djaballah ? 

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