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Nationale

L’info algérienne désarmée : Guerre médiatique sans l’APS

L’info algérienne désarmée : Guerre médiatique sans l’APS

Qui a décidé de geler les activités des bureaux de l’APS à travers le monde ? Pourquoi avoir fermé quasiment toutes les antennes de notre agence de presse depuis des années ? D’aucuns voudraient faire croire aux considérations économiques alors que la décadence a commencé ou s’est accentuée dans les moments de prospérité financière qui ont permis les plus folles dépenses de prestige voire de gaspillage dans nombre de secteurs secondaires. Alors que la source nourricière de l’information nationale et internationale a été tarie comme on assèche volontairement un oued en détournant son cours. Dépêche non publiée.

« Deuxième main »

Officiellement, si l’on devait se fier à son site internet, notre glorieuse APS serait installée dans une douzaine de capitales : Paris, Bruxelles, Londres, Rome, Madrid, Moscou, Amman, Le Caire, Dakar, Tunis, Rabat et Washington. Pourtant, tout le monde sait que ces représentations ne sont plus opérationnelles pour la plupart, Le Caire faisant exception, en raison d’une faillite organisée. Des bureaux abandonnés, staffs rappelés par Alger sans jamais être remplacés pendant des mois. Du coup, il n’est pas sûr que l’info diffusée sous le sigle algérien soit vraiment obtenue, traitée et rapportée par nos journalistes. Ce qui expose toute la chaîne d’information des médias algériens, presse écrite, télévisions, radios du public et du privé à une dépendance vis-à-vis des agences étrangères qui n’ont évidemment pas la même perception des événements que l’Algérie du moins pour nombre de points forts de l’actualité. Le journaliste averti spécialisé dans les questions internationales se rend ainsi compte, au quotidien, des perles et des anomalies dans le traitement agencier des dépêches qui tombent au nom de l’APS réduite malheureusement à faire du « boulot de deuxième main ». Il arrive que, lorsque la vigilance faillit, l’on découvre une terminologie ou une tournure de phrase qui trahit l’esprit emprunté. Or, un « terroriste palestinien » demeurera toujours pour l’APS un résistant tant qu’il se battra pour la liberté et contre l’oppression de l’Etat sioniste. En ce sens, la neutralisation de nos bureaux de l’APS sur le front de l’information à l’étranger participe à un affaiblissement de notre capacité collective d’appréhender l’actualité mondiale en temps réel et selon notre conception du monde. Le préjudice dépassant la problématique de la compétition proprement journalistique puisque le professionnel de l’info n’est qu’un intermédiaire et que c’est l’opinion publique qui en pâtit le plus.

Non-alignés !

Dans le domaine économique ou politique, il faut théoriquement toujours défendre la possibilité d’une information officielle, crédible, tenant en compte de tous les éléments subjectifs qui entourent ou polluent l’interprétation des événements et qui intègrent des paramètres relatifs à l’intérêt national. Cela relève de la communication stratégique comparable à quête du renseignement. D’ailleurs, la plupart des pays amis de l’Algérie réclament l’ouverture ou le réveil des bureaux de l’APS afin que les Algériens s’émancipent de la propagande permanente des médias dominants à travers le monde. Pour les Chinois, par exemple, il est inconcevable qu’une puissance régionale comme l’Algérie n’ait pas de bureau à Pékin, de même pour nombre de pays d’Afrique ou d’Amérique latine fervents défenseurs d’une information internationale alternative, d’une voix des pays du sud capable de perpétuer l’âme de l’anticolonialisme, des luttes pour le droit des peuples à s’autodéterminer, à se développer, à vivre dans la paix.

Bâillon antinational

Nombre de diplomates étrangers le reprochent indirectement en notant ce paradoxe algérien d’une politique extérieure souverainiste, non alignée et révolutionnaire amputée cependant d’un membre. Celui de la communication. A l’heure des batailles médiatiques qui éclatent régulièrement, au lendemain des Printemps arabes, en ces temps de mondialisation violente, de manipulation de l’info, de l’image et de l’internationalisation du terrorisme comme vecteur de déstabilisation des Etats, bâillonner une agence de presse n’est plus seulement un délit de mauvaise gestion. C’est un sabotage, une trahison contre l’Algérie, un complot qui vise à désarmer le quatrième pouvoir.

La métaphore s’impose. Fermer les bureaux de l’APS à l’étranger c’est priver les patriotes, gardiens du temple Algérie, des munitions pour défendre vaillamment la Patrie dans la guerre médiatique permanente. En plus d’avoir verrouillé l’information institutionnelle nationale, le pouvoir en place aura empêché les Algériens de bénéficier d’un traitement national de l’actualité mondiale. Livrant son peuple aux campagnes insidieuses de désinformation via les chaînes satellitaires ,Internet ou le fil d’agences étrangères qui n’ont pas été, elles, sacrifiées sur l’autel de décisions politiques antinationales. 

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