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Op-Ed

L’inévitable dialogue

S’il y a bien une chose qui fait l’unanimité des différents acteurs de la scène nationale en ces temps d’incertitude politique, c’est bien la nécessité d’aller vite vers un dialogue national serein, franc et rassembleur de toutes les forces vives du pays.
En trois mois de crise, de marches et de mobilisation populaire sans précédent dans notre histoire, le peuple a tout dit et nous voilà à la croisée des chemins avec beaucoup d’inquiétude et une seule question en tête : que faire ?
L’Algérie a consommé les options constitutionnelles possibles, et principalement le fameux article 102, désormais insuffisant pour une sortie de crise, la crise que nous vivons et de par sa complexité et son ancrage, transcende largement une loi fondamentale taillée sur mesure qui, plus est, regorge de pièges juridiques érigés en forteresse constitutionnelle pour protéger le régime du président démissionnaire. À ce casse-tête juridique, du système, viennent se greffer des dégâts considérables sur la classe politique et la société civile soumises, des années durant, et toutes tendances confondues, aux complots et aux intrigues du sérail visant à les déstabiliser au profit d’un seul individu qui voulait se maintenir au pouvoir. L’économie n’est pas en reste, la gravité des dossiers transmis à la justice, le nombre de hauts responsables, d’anciens chefs de gouvernement, des ministres et des walis convoqués par les juges, suffisent à nous donner une idée de l’ampleur des préjudices causés à la nation. 
Devant l’étendue du désastre, il est évident qu’il n’ y a pas de modèle de solution unique et idéale. Personne ne détient le monopole du bon sens et encore moins la science infuse pour pouvoir régler la crise d’un coup de baguette magique. Il n’ y a d’autres moyens de satisfaire les revendications populaires que par le dialogue politique.
Bien sûr, chacun, et selon sa conception de la situation apporte son lot de questions, de préoccupations et de solutions qu’il faut impérativement soumettre au dialogue.
D’ailleurs, les premières propositions ont déjà vu le jour ; on citera, à tire d’exemple, les lettres de Ahmed Taleb El Ibrahimi, la proposition d’Ahmed Benbitour , celle de l’ancien diplomate et ministre Abdelaziz Rahabi préconisant une lecture “flexible” du texte de la Constitution qui servirait les intérêts du peuple. On retiendra également l’appel au dialogue de Ali Benflis, président de Talai El Hurriyet, du MSP, du RCD et notamment du FFS, qui propose la tenue « dans des délais raisonnables » d’une conférence nationale de concertation et de dialogue.
Du côté de la société civile, les initiatives commencent à se cristalliser. Dans ce sens, s’inscrivent les démarches entreprises par plusieurs syndicats et tout récemment, la proposition de l’Organisation nationale des anciens moudjahidine (ONM). 
Il faut cependant rappeler que, depuis plusieurs semaines, le chef d’état-major de l’ANP, qui a rappelé son engagement à accompagner et soutenir les revendications populaires, a appelé au dialogue avec les institutions au moment ou plusieurs parties demandent à l’armée d’accompagner un processus de transition. Une preuve que la clé réside dans la concertation et l’échange des propositions ; faute de quoi, la crise que nous vivons ne fera que s’amplifier.
Mohamed Nazim Aziri

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