-- -- -- / -- -- --
Nationale

L’indépendance de la justice leitmotiv du hirak du mardi

L’indépendance de la justice leitmotiv du hirak du mardi

La mobilisation se poursuit au sein du mouvement des étudiants pour le 51e mardi à travers plusieurs wilayas, avec comme revendication principale l’indépendance de la justice. 
C’est le cas de la marche à Alger où les étudiants ont encore une fois réitéré l’indépendance de la justice et dénoncé une machine judiciaire à deux vitesses.
Les hirakistes ont exprimé leur satisfaction de la sortie du procureur du tribunal de Sidi M’Hamed dimanche dernier lors du procès des détenus d’opinion arrêtés le 49e vendredi, quand il a demandé l’application de la loi et s’est lancé même dans une plaidoirie en faveur d’une justice indépendante.
« L’indépendance de la justice est l’une des conditions incontournables pour aller vers le changement démocratique et la construction d’un Etat de droit. Je salue la plaidoirie du procureur du Tribunal de Sidi M’Hamed ayant demandé l’application de la loi malgré les pressions qu’il subit de la haute sphère. Sa convocation par le ministère de tutelle le lendemain de ce procès en est la preuve » nous a déclaré Abou, un des coordinateurs du mouvement des étudiants avant de poursuivre : « Le procès du chef du parti des Travailleurs (PT), Louisa Hanoune, libérée avant-hier soir après avoir été condamnée à 15 ans de prison ferme en septembre passé, vient confirmer encore une fois le fonctionnement de l’appareil judiciaire. Il y a anguille sous roche ! »
La communauté estudiantine a été également solidaire avec les hirakiste des wilayas de Tiaret et Sidi Bel Abbès qui résistent, dans des conditions difficiles, pour le maintien du hirak à la répression et aux tentatives d’essoufflement du mouvement de contestation. S’adressant aux marcheurs, Abdou a dit : « Nous saluons nos frères des wilayas de Tiaret et de Sidi Bel Abbès pour leur courage et pour avoir pu briser le blocus imposé aux manifestations hebdomadaires dans ces wilayas durant presque un mois. Depuis cette tribune d’Alger, je leur dirai : « nous sommes très fiers de votre combativité. » Cet élan de solidarité n’est pas nouveau au sein de la communauté universitaire. Cette dernière a toujours fait de ce principe une monnaie courante dans son combat, qui bouclera bientôt un an.
Par ailleurs, les contestataires ont clamé les mêmes slogans allant, grosso modo, dans le sens des revendications portées depuis le 22 février 2019. Tels « Klitou lables ya serrakine », (vous avez spolié le pays, voleurs) « Châab yourid iskat inidam » (le peuple veut faire tomber le système), « FLN dégage, RND dégage, FSS dégage ! ». Ils mettent en outre l’accent sur les réformes conduisant à l’amorce d’un véritable changement démocratique et qui doivent être introduites dans la Constitution. « La nouvelle Algérie ne se construit pas en recyclant l’ancien système corrompu », « elmouchkil rahou f’char3iya, ta3dil doustour massrahia » (le problème se pose sur la légitimité, la révision de la Constitution est une mise en scène), scandaient-ils.
Ce 51e mardi a été marqué par le geste des citoyens de Bab-El-Oued, fidèles à ce rendez-vous, qui ont ramené un coq pour participer à la manif. Manière de dire que les coqs aussi doivent désormais participer au hirak pour revendiquer leur liberté suite à l’incident du « coq arrêté » à El Biar, dont le chant semblait déranger des représentations diplomatiques. Un fait qui crée le buzz et suscite un tollé sur les réseaux sociaux. À la fin de cette marche, un hommage appuyé a été rendu par les participants au soldat martyr, Brahim Ben Adda, assassiné il y a trois lors d’un attentat terroriste perpétré à Bordj Badji-Mokhtar.
Et pour message phare des hirakiste du mardi en leur 51e acte : « Lorsqu’on se rendra compte qu’on est prisonnier sans être forcément dernière des barreaux, on réalisera la valeur du hirak ». 

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email