La ceinture et la route, une rupture avec un monde unilatéral – Le Jeune Indépendant
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Algérie-Chine

La ceinture et la route, une rupture avec un monde unilatéral

La ceinture et la route, une rupture avec un monde unilatéral

Méga projet du XXIème siècle, l’Initiative de la Ceinture et la Route (ICR), nom moderne de la mythique Route de la Soie, entend lier la Chine aux grands pôles industriels et commerciaux, représente l’option Un changement de paradigme qui renseigne sur les postulats mis en avant par Pékin : partenariat mutuellement bénéfique, gagnant-gagnant et respect des systèmes politiques, sociaux et symboliques des peuples des pays et de leurs souverainetés.

Adoptée par le parti communiste chinois en 2013 et qualifiée par le président Xi Jinping de « projet du siècle », l’initiative de la ceinture de la route vise à créer de nouveaux comptoirs transnationaux, tous liés à la Chine adossés à une vision politique basée sur l’équité, le partage du savoir et l’accès au développement.

Projet central dans la stratégie économique de l’Empire du Milieu, l’ICR brasse, à ce jour, pas moins de 68 pays à travers le monde dans trois continents : Asie, Afrique et Europe, il regroupe 4.4 milliards de personnes et représente 40% du produit intérieur brut (PIB) mondial. C’est dire l’importance de la nouvelle route de la soie pour l’affirmation de la Chine comme puissance normative et pacifique, tournée vers un partenariat humanisé, qui tient compte de la dimension humaine du partage au dépend du seul profit.

Puissant outil du soft power chinois, l’ICR part du postulat économique avec ses variantes des infrastructures, de l’énergie, de l’emploi et de la formation, mais le soubassement philosophique est très important, car il fait la différence entre ce projet et les stratégies occidentales passées et présentes qui mettent l’accent sur l’exploitation, la prédation et la rapine.

Une coopération en mode crescendo

A contrario, le projet chinois se distingue par un détachement des postulats occidentaux, un découplage entre l’économique et le politique loin de toute conditionnalité telle que pratiquée par l’Europe ou les Etats-Unis.

Cette orientation est aux antipodes de l’option hégémonique et idéologique des pays occidentaux à leur tête les Etats-Unis qui usent de freins au nom de la sécurité pour contrarier l’émergence de toute initiative qui remet en cause l’ordre obsolète établi au lendemain de la seconde guerre mondiale.  La Chine appelle à une mondialisation économique basée sur l’inclusion et le bénéfice mutuel au lieu de diverses formes de protectionnisme qui se dressent en face des pays en développement tout en leur dictant les politiques internes à suivre au nom de la démocratie.
Tout au contraire, Pékin s’est illustrée par  non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats. Ce qui lui a permis  de conclure jusqu’au 14 février 2023,  plus de 200 documents de coopération dans le cadre de l’ICR avec 151 pays et 32 organisations internationales.

Pour Pékin, s’agit d’accroître ses exportations, d’écouler sa production et de trouver de nouveaux marchés pour ses entreprises de bâtiments et de travaux publics, la Chine étant en surcapacité industrielle. Autre objectif économique, la création de ces trajectoires de l’ICR répond également à un besoin de diversification et de sécurisation de ses approvisionnements énergétiques.

L’Asie centrale représente pour la Chine un intérêt majeur afin de se libérer de sa dépendance énergétique vis-à-vis des pays du Golfe et de la Russie. Les routes continentales et maritimes sont doublées par un système complexe de pipelines qui permettra à la Chine de garantir le transport du pétrole et du gaz.

On le voit, la Chine entend instaurer une ère de profit mutuel à l’échelle mondiale en proposant, grâce à des investissements économiques conséquents et à la croissance des échanges, un nouveau modèle inclusif entre Etats. Ce modèle serait appelé à se substituer à ce que Pékin qualifie de mondialisation économique dysfonctionnelle, c’est-à-dire, la mondialisation actuelle avec ses postulats occidentaux.

L’Afrique, partie prenante de l’Initiative « la Ceinture et la Route » n’est plus à la marge du développement et des échanges commerciaux internationaux. Elle n’est également plus cette poubelle où les puissances européennes avaient l’habitude de faire échouer leurs déchets. Déjà sur les plans politique et militaire, une sorte de rupture africaine de la tutelle historique de la Françafrique est en marche dans de nombreux pays notamment, le Mali, le Niger, le Burkina Faso et la Centrafrique. Un appel à de nouveau acteurs-partenaires tels que la Russie et la Chine est de plus en plus pressant.

Pékin devient ainsi un partenaire incontournable, indispensable et vital pour amorcer la deuxième décade du nouveau millénaire. C’est ce qui a donné lieu à l’émergence de pays pivots en Afrique grâce au partenariat avec la Chine à l’image de l’Ethiopie dont la croissance économique a servi d’exemple dans le continent.

L’Afrique, un vrai pole de l’ICR

L’Algérie s’inscrit pleinement dans cette dynamique. Alger a rejoint l’initiative chinoise de l’ICR en 2018, et en juillet 2023, les deux pays ont annoncé qu’ils étaient parvenus à un consensus sur le «plan exécutif pour la construction conjointe de l’initiative». En chiffres, les exportations de la Chine à destination de l’Algérie ont totalisé environ 76 milliards de dollars de 2010 à fin 2020 et 10 milliards de dollars pour l’année 2023.

Le 08 novembre 2022, l’Algérie et la Chine ont annoncé la signature du «deuxième plan quinquennal de coopération stratégique globale  pour les années 2022-2026».

Le plan vise à «continuer à intensifier la communication et la coopération entre les deux pays dans tous les domaines, y compris l’économie, le commerce, l’énergie, l’agriculture, la science et la technologie, l’espace, la santé et la communication humaine et culturelle, ainsi que la promotion du jumelage entre les stratégies de développement de l’Algérie et de la Chine».

L’amitié et la coopération algéro-chinoise s’est concrétisée dans au moins trois grands projets structurants : les chemins de fer sur une longueur,  le pôle industriel de phosphates à l’Est du pays et le projet de mines de fer à Ghara Djebilet à Tindouf et la réhabilitation des ports de trois importants port à l’Est et à l’Ouest du pays. En plus de l’utilisation des infrastructures algériennes déjà existantes : la transsaharienne, l’autoroute Est-Ouest ainsi que le port de Djen Djen. La coopération dans le domaine technologique a pris des proportions jamais égalée. Pour la première fois dans l’histoire, l’Algérie de ses bases de données au géant Huawei. La Media City attendue en 2025 qui sera construit par une entreprise chinoise servira de prototype à cette coopération technologique.

Ce projets en Algérie renseignent sur la particularité d’un destin partagé voulu par Pékin qui est celle de soutenir le développement de ses partenaires pour les rendre éligibles à un rôle prépondérant au sein d’un monde multilatérale.

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