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Culture

L’icône de la musique andalouse

L’icône de la musique andalouse

Le musicien, professeur de musique andalouse à Alger, Sid Ahmed Serri s’en est allé ce dimanche 15 novembre, après avoir consacré plus de cinquante ans de sa vie au genre. Il sera salué par nombre de personnalités.

Avant de décéder à l’âge de 85 ans, le chantre de la musique classique algérienne Sid Ahmed Serri aura énormément contribué à la préservation du genre, soit en tant que musicien ou en tant que professeur, et même en tant que chercheur et auteur.

En 1977, il signe chez l’Entreprise nationale des arts graphiques (ENAG) Chant andalous, Recueil des poèmes des noubates de la musique Sanaa (complété et réédité en 2002 puis en 2006).

Trois ans plus tard, il enregistre un coffret de 45 CD du style aroubi. Il sera le premier artiste lyrique à recevoir les insignes de l’Ordre du Mérite National, s’étant consacré, dans les années 1990, à l’enregistrement du répertoire de la musique andalouse algérienne pour la préserver, d’autant que l’apprentissage de cette musique est resté pendant longtemps dans l’oralité.

Natif de la Casbah d’Alger, son premier maître sera Si El Bachir El Bouziri. D’une association musicale, à commencer par El Andalousssia en juin 1945, Sid Ahmed Serri se forgera à la musique algérienne et sa rencontre avec le maître Abderrezak Fakhardji en 1946 semble déterminante.

Il contribuera à la diffusion de la musique andalouse en l’enseignant dans les associations El Mossilia de 1952 à 1988, El Djazïria Eth-Thaâliya (1988), au Conservatoire d’Alger, à l’Institut national de musique, à l’Ecole normale supérieure. Il participe aux activités de l’Orchestre de musique arabo-andalouse de la Société de concerts du Conservatoire d’Alger (1960-1964).

Il dirige l’Ensemble d’Alger en 1989 et initie le Printemps musical d’Alger. Reconnu également pour sa voix, cet interprète donnera nombre de concerts à l’étranger et en Algérie.

Pour Brahim Behloul, président de l’association El Djazira, le regretté Sid Ahmed Serri est un homme de « foi et de conviction » qui a consacré sa vie à la chanson andalouse. Youcef Ouznadji de l’association Rossignols d’Alger, évoque, lui, le dévouement du formateur à ses élèves.

L’interprète et compositeur Noureddine Saoudi évoque un « jour triste pour la culture algérienne » tout en saluant la « rigueur professionnelle » de l’artiste et formateur qui s’est investi dans un travail de transmission auquel il tenait par-dessus tout.

Quant au président du Conseil national des arts et des lettres, Abdelkader Bendamache, il qualifie le regretté d’ « artiste généreux », considérant que ses œuvres, toutes enregistrées, constituent « un legs inestimable au patrimoine musical algérien ».

Sid Ahmed Serri, auquel le journaliste Hamid Tahri a consacré en 2013 un ouvrage : Le chant du rossignol, sera élu en 2006 à la tête de la Fédération nationale des associations de musique classique algérienne. Il restera aussi un modèle de par son humilité d’artiste et sa modestie.

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