-- -- -- / -- -- --
Monde

Libye: Wagner alibi d’une amnésie atlantiste

Libye: Wagner alibi d’une amnésie atlantiste

Après les attaques en règle contre la Chine à propos du Coronavirus et son origine, voilà qu’une nouvelle salve est lancée par les Occidentaux contre un autre pays du bloc eurasiatique, il s’agit là de la Russie. Moscou est accusée par Washington et Londres entre autres d’alimenter le bourbier libyen. Ces pays feignent oublier qu’ils étaient, avec la France et le Qatar, à la manœuvre pour détruire la Jamahiriya du colonel Kadhafi en 2011.

Les traces de leur méfait sont toujours visibles, et seuls les Libyens payent au quotidien le lourd tribut de l’aventure néocoloniale sous couvert du « printemps arabe ». L’Algérie en a fait les frais en Janvier 2013 à Tiguentourine. La Libye étant devenue un marché des armes à ciel ouvert et un terrain de prédilection pour l’organisation terroriste dont Daech, démembrée par la Russie en Syrie 
« Les activités du groupe Wagner continuent d’exacerber le conflit et prolongent la souffrance du peuple libyen. Et je veux exhorter tous les membres du Conseil de sécurité à appliquer les résolutions de ce Conseil qu’ils ont eux-mêmes voté ». Cette phrase a été prononcée par l’ambassadeur britannique à l’Onu, Jonathan Allen à l’occasion d’une visioconférence du Conseil de sécurité, tenue avant-hier mardi, autour de la crise en Libye. En effet, un récent rapport de l’Onu sur la présence de mercenaires russes et syriens dans ce pays a été rendu public ces derniers jours.
L’ambassadrice américaine, Kelly Craft, a abondé dans le même sens réclamant que « tous les acteurs impliqués dans le conflit libyen suspendent immédiatement leurs activités militaires ». « Ils doivent arrêter les transferts en cours d’équipements militaires et de personnels étrangers vers la Libye, incluant les mercenaires du groupe Wagner ».

Moscou a balayé d’un revers de main ces accusations occidentales. « Nous voyons beaucoup de spéculations sur de présumés mercenaires russes », a ainsi réagi l’ambassadeur russe à l’Onu, Vassily Nebenzia.

« Dans sa majorité, le rapport de l’ONU est basé sur des informations non vérifiées ou clairement fabriquées, avec l’objectif de discréditer la politique de la Russie en Libye », a-t-il critiqué. « Beaucoup d’informations liées à des citoyens russes mentionnées dans le rapport sont simplement sans fondement » et « il n’y a pas de militaires russes en Libye », a-t-il insisté.

Amnésie soudaine
Le récent rapport d’experts onusiens contrôlant l’embargo sur les armes imposé à la Libye a confirmé la présence de 800 à 1.200 mercenaires du groupe russe Wagner pour épauler le maréchal Khalifa Haftar qui cherche à conquérir la capitale Tripoli depuis avril 2019.
Le soutien russe « a conduit à une escalade importante du conflit et une détérioration de la situation humanitaire en Libye », a affirmé Chris Robinson, spécialiste de la Russie au département d’Etat américain. « Wagner est souvent considérée à tort comme une société privée de sécurité, mais c’est en fait un instrument du gouvernement russe utilisé par le Kremlin pour faire avancer ses objectifs à moindre coût et à moindre risque », a-t-il dit à des journalistes, il y a quelques jours.
Londres et Washington semblent être atteints d’une amnésie soudaine. Ces deux capitales étaient à la pointe de la coalition arabo-atlantiste qui a agressé la Libye du colonel Kadhafi à la faveur de la stratégie de changement de régime dans la région, baptisée « printemps arabe ». Derrière ce qualificatif romantique, c’est la destruction des structures étatiques et sociales de plusieurs pays arabes qui a été mis en branle.
D’ailleurs, certains pays à l’instar de la Syrie, le Yémen et la Libye souffrent toujours des répercussions de cette vague de « printanisation ». La guerre par procuration qui se déroule actuellement en Libye cache mal ce jeu d’intérêts entre puissances rivales qui n’arrivent pas à se départager. Et les accusations occidentales contre la Russie font partie de ce jeu d’influence mondiale dans différents théâtres régionaux.

Accuser la société de mercenaires Wagner, est devenu le leitmotiv de la diplomatie anglo-saxonne pour discréditer la position internationale de la Russie.

Comme si que seul l’Etat russe est à la manœuvre en Libye. Les interférences françaises, égyptiennes, émiraties, britanniques et américaines en faveur de Haftar dans l’Est du pays sont passées sous silence. De même pour l’ingérence directe et manifeste de la Turquie et du Qatar au profit du GNA de Fayez al-Sarradj à Tripoli.
Tous ces protagonistes sont impliqués à grand renfort de mercenaires, d’argent et d’armes afin de se positionner dans ce qui s’apparente de plus en plus à un imbroglio libyen. Les puissances atlantistes ainsi que certains pays arabes avaient activement œuvré à renverser le colonel Kadhafi, tous oublient qu’ils ont détruit un pays stable avec des institutions, certes atypiques, mais qui maitrisaient les contradictions tribales de la Libye.
Aujourd’hui c’est la Russie qui est accusé d’être, via la société Wagner, le principal facteur déstabilisant de ce pays. Pour les puissances atlantistes, c’est faire preuve de mauvaise foi absolue que de nier qu’elles sont à l’origine du drame actuel du peuple libyen, un peuple devenu martyr d’une cause qui n’est même pas la sienne. 

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email