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Nationale

Libye, le prochain sanctuaire de Daech

Libye, le prochain sanctuaire de Daech

La chute de la ville libyenne de Syrte et sa prise par les terroristes de l’Etat Islamique (EI) qui contrôlent, désormais, l’aéroport, confirme un vaste plan qui se trame dans les coulisses internationales où se prépare déjà la prochaine guerre de Daech, après celles de la Syrie et de l’Irak. Les experts et les analystes commentent cela en expliquant que, dans les prochains mois, un débarquement massif de terroristes est attendu en Libye, voire au Maghreb.

Le scénario syrien est en train de se redessiner, cette fois en Libye, où une branche de l’Etat Islamique (Daech) vient de prendre les commandes de l’une des villes les plus importantes du pays, Syrte. Cela arrive au moment où l’organisation terroriste avait pris, il y a quelques mois, une autre ville libyenne, Derna.

Cette ville avait été déclarée califat de l’Etat Islamique en Libye. Il y a quelques années de cela, Syrte, distante de seulement 600 km de la frontière tunisienne, avait été le théâtre de l’assassinat de l’ex-colonel Mouammar El Kadhafi. C’est aussi sa ville natale. Ce n’est pas étrange, donc, de voir l’Etat Islamique s’imposer dans cette ville emblématique de la Libye.

D’après plusieurs analystes, Daech se prépare à une grande invasion en Libye après avoir laissé ses traces sanguinaires en Irak et en Syrie. Ces analystes prédisent que le prochain sanctuaire de Daech sera la Libye et qui dit Libye dit Maghreb Islamique. Donc, quelque part, il s’agit fort probablement d’un grand plan ou d’une nouvelle étape choisie d’outre-mer. L’Algérie est directement concernée par cette prochaine vague de terrorisme barbare.

Le pays, voisin de la Libye mais aussi de la Tunisie et autres Mali et Niger, est donc sous la menace des groupes armés affiliés à l’EI. Les frontières algériennes sont vastes et sujettes à des périls venant de nos voisins, surtout la Libye et le Mali. L’Etat algérien est très conscient de cette menace que représente l’Etat Islamique, d’ailleurs toutes les mesures nécessaires sont prises et des détachements militaires sont déjà mobilisés tout au long des frontières.

C’est dans le cadre de ce dispositif draconien décidé par les autorités militaires que plusieurs groupes terroristes ont été neutralisés, tandis que d’importants lots d’armes ont été saisis. En chiffres, plus d’une centaine de terroristes ont été abattus depuis le début de l’année en cours alors que plus de 100 pièces d’armes de guerre, entre missiles, kalachnikovs, grenades, explosifs et RPG ont été saisies par les forces de l’Armée nationale populaire (ANP).

Les terroristes éliminés au cours des opérations de l’ANP ne sont pas toujours de nationalité algérienne, car beaucoup parmi eux sont issus de différentes nationalités, malienne, tchadienne, tunisienne, libyenne, même soudanaise et marocaine. Cela confirme la grande menace à laquelle le pays est confronté.

El Enbar, Hizbollah, Damas, Syrte et les milliers de combattants de Daech

La Libye demeure une cible de choix pour les milliers de terroristes de l’Etat Islamique ou Daech. Les experts prévoient le débarquement de milliers d’éléments de Daech en Libye, prochain sanctuaire du djihadisme mondial. Parmi ces terroristes se trouvent surtout des Tunisiens, des Libyens et des Kosovars. Ils prévoient aussi que la Libye devienne dans quelques mois le socle de Daech qui va, sans doute, laisser tomber la Syrie et l’Irak. 

Les analystes expliquent cela par l’arrivée massive des terroristes de l’Etat Islamique qui se trouvent dans les villes irakiennes, surtout à El Anbar et Ramādī. C’est dans ces deux villes irakiennes que les combattants du Hizbollah libanais préparent et mènent des opérations de grande envergure pour déloger les sbires d’Al Baghdadi (chef spirituel de l’Etat Islamique).

Le Hizbollah mène aussi des opérations militaires contre les poches de l’EI en Syrie, surtout sur la vaste partie qui sépare le Liban de la Syrie où les combats font rage entre les deux parties. Les analystes expliquent, d’autre part, que l’annonce, il y a près d’un an, de la création d’un califat à Derna par l’Etat Islamique était un prélude à une invasion de Daech en Libye.

Les combattants tunisiens, libyens et kosovars, les plus redoutables

La menace qui pèse sur la Libye est prise très au sérieux par l’Algérie du moment que la sécurité du territoire national est en jeu, tandis que le scénario de Tiguentourine pourrait bien être réédité si les terroristes maghrébins de l’EI arrivent à entrer en Libye. En parlant de ces terroristes, il est important de revoir quelques chiffres sur eux.

Près de 10.000 « djihadistes » arabes ont été tués en Syrie depuis le début du conflit dans ce pays, avait annoncé il y a quelques mois l’agence de presse américaine United Press, qui se base sur des statistiques rendues publiques par le mouvement salafiste djihadiste de la Jordanie. Au total, ce sont 9 936 Arabes, activant sous la houlette des organisations affiliées à Al Qaida, qui ont été abattus de mars 2011 à décembre 2013.

Les « djihadistes » tunisiens arrivent en tête avec 1.902 individus tués, suivis des Libyens (1.807), des Irakiens (1.432), des Libanais (828), des Egyptiens (821), des Palestiniens issus des camps de réfugiés syriens (800), des Saoudiens (714), des Yéménites (571), des Marocains (412) et des Algériens (274).

Par ailleurs, selon l’agence américaine des statistiques Pentapolis, « les combattants originaires du Maghreb se caractérisent par un penchant pour la violence, tandis que ceux originaires du Caucase et de Tchétchénie excellent dans le tir, et les Irakiens dans tout ce qui a trait aux attentats à l’explosif et aux embuscades ».

Toujours selon Pentapolis, « les djihadistes maghrébins sont brillants dans la préparation de kamikazes, tandis que ceux originaires du Golfe, qui sont les moins exposés aux dangers de mort, se contentent de tenir des discours et de l’émission de fatwas ». Pour remonter dans le temps afin de mieux expliquer ce qui est en train de se planifier en Libye, il faut rappeler qu’il y a deux ans de cela, les forces de la coalition, essentiellement constituée de la France et de l’Italie, ont lancé une série d’opérations militaires visant la ville de Derna.

L’objectif était de stopper l’envahissement de la Libye par Daech et surtout d’éliminer les terroristes qui faisaient allégeance à la nébuleuse. Derna fut complétement rasée par les frappes aériennes de la coalition, et ce quelques jours seulement après le début de l’opération militaire. Ces bombardements n’auront servi à rien mais ils ont donné lieu à une renaissance des groupes armés affiliés à Daech.

Exécution des 21 coptes égyptiens et de 22 Ethiopiens,
le début de Daech en Libye

La décapitation de 21 chrétiens égyptiens le 14 février de l’année en cours après leur enlèvement par des terroristes de l’Etat Islamique a été le début du débarquement de Daech en Libye. Sur les images diffusées par Daech, on voyait des djihadistes vêtus de noir conduire leurs prisonniers habillés de combinaisons oranges jusqu’à une plage.

Là, ils les obligeaient à s’agenouiller et procèdaient aux décapitations. Avant les exécutions, l’un des djihadistes, armé d’un couteau, avait déclaré : « Pour vous les croisés, la sécurité n’est qu’un vain espoir ». La vidéo s’est répandue telle trainée de poudre sur la Toile.

Cette action barbare planifiée par l’Etat Islamique était un message à la communauté internationale et surtout aux pays du Maghreb, expliquant l’arrivée prochaine de l’Etat Islamique en Libye puis dans d’autres pays de la région. Mais la question qui s’impose devant toutes ces guerres, dont les acteurs sont les « djihadistes » est, qui se cache derrière l’Etat Islamique ?

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