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Nationale

L’historien Hosni Kitouni au Jeune Indépendant : «Israël est l’instrument de la mort, mais ce sont Paris, Londres et Washington qui tirent les ficelles»

L’historien Hosni Kitouni au Jeune Indépendant : «Israël est l’instrument de la mort, mais ce sont Paris, Londres et Washington qui tirent les ficelles»

La complicité directe des pays occidentaux dans le génocide perpétré par l’armée d’occupation sioniste, le bras armé de l’état terroriste israélien, a été soulignée par le chercheur en Histoire et auteur, Hosni Kitouni, dans un entretien accordé au Jeune Indépendant.

M. Kitouni est notamment revenu sur l’impératif d’unifier les rangs de la résistance palestinienne pour faire face aux plans occidentaux et sionistes dans la région et protéger le peuple palestinien et ce qui reste de ses terres. L’historien a, également, mis en exergue l’importance de la résistance qui prend plusieurs et nouvelles formes face à un occupant impitoyable.     

Jeune Indépendant : Les bombardements israéliens à Ghaza s’apparentent à un génocide qui se déroule, depuis une quinzaine de jours, avec la complicité des pays occidentaux qui soutiennent militairement l’entité sioniste et assument ses crimes contre l’humanité. Comment peut-on, selon vous, mettre l’armée d’occupation sioniste devant ses responsabilités ?

La responsabilité des peuples et des États du monde est totalement engagée, elle peut être déterminante. Il ne faut surtout pas perdre de vue qu’Israël se comporte comme un État au-dessus des lois, il jouit d’une incomparable impunité qui défie le monde, les organisations internationales, et les opinions publiques. 

Une sorte d’arrogance que ne justifie ni sa puissance militaire ni sa puissance économique. C’est un peu l’enfant gâté de l’Occident et le protégé des Etats-Unis (USA). Vous avez sans doute remarqué que ces derniers ont déployé deux porte-avions avec leurs escortes en Méditerranée. Et pour ne laisser planer aucun doute, le secrétaire d’État américain Antony Blinken, en visite en  Israël,  a tenu à rassurer  son hôte,  le   Premier ministre Netanyahou : « Bien que vous puissiez vous défendre seuls, les États-Unis seront toujours à vos côtés». 

Ce soutien s’est traduit également militairement par la fourniture d’armement et un projet d’aide financière exceptionnelle de 20 milliards de dollars. C’est dire l’ampleur de l’engagement américain.

Pour ne pas être en reste, les autres puissances occidentales, l’Allemagne, la France par son ministre des affaires étrangères, sa présidente de l’Assemblée nationale et bientôt son président de la république, l’Union européenne, se sont empressés de marquer par leur présence, leur solidarité avec l’État d’Israël. Dans le même temps, ils n’ont pas eu un mot d’empathie pour les victimes des bombardements à Ghaza. L’Occident s’est collectivement rangé du côté de l’injustice, du génocide, du meurtre des enfants happés par le souffle des bombes au phosphore.

On voit donc ainsi que les Palestiniens se battent contre un ennemi collectif qui n’épargne aucun effort pour armer, financer, soutenir Israël et lui garantir une impunité totale.    

  Devant l’impunité dont jouit l’Etat sioniste, en raison de la complicité et du silence des pays occidentaux sur les crimes qu’il commet, comment mettre fin au génocide et aux souffrances du peuple palestinien ?

Je crois que les opinions publiques ont un rôle décisif à jouer, partout dans le monde et particulièrement dans les pays occidentaux pour forcer leurs gouvernements à cesser de cautionner impunément Israël. Par des manifestations, par des écrits, par le boycott des sociétés en lien avec Israël. Il faut que le mur de l’indifférence qui a jusque-là rendu invisible la lutte du peuple palestinien soit brisé.

Nous assistons depuis le 7 octobre à un extraordinaire mouvement d’empathie au sein des opinions publiques du monde pour la cause palestinienne, cela a fait bouger les lignes. Ce mouvement doit se poursuivre pour ne pas laisser le peuple palestinien se faire exterminer dans le silence et l’approbation tacite. Il y va de notre liberté à tous, car l’écrasement des Palestiniens, c’est un peu l’écrasement de chacun de nous par l’arrogance occidentale.

 Quelles options détiennent les Palestiniens, de Ghaza à la Cisjordanie, face à la machine à tuer sioniste ?

La seule option qui est laissée aux Ghazaouis, en ce moment, c’est de mourir ! Car les bombardements sont incessants, le blocus est total, ils n’ont plus d’eau, plus d’électricité, plus de carburant, plus de nourriture, plus de médicaments. On assiste à une mise à mort collective de plus de deux millions de personnes. 

Les témoignages de journalistes décrivent une situation « catastrophique ». On parle de désastre humanitaire. Selon plusieurs agences de l’ONU, les enfants décèdent à un rythme effréné (près de 2000 depuis le début de l’agression, ndlr). Voilà le terrible tableau qu’offre Ghaza aujourd’hui. Certes Israël est l’instrument de la mort, mais ceux qui tirent les ficelles sont à Paris, Londres, Washington.

 Est-ce que la résistance armée est le seul moyen possible pour les Palestiniens actuellement ?

La propagande occidentale présente l’attaque contre Israël du 7 octobre, comme ayant mobilisé le seul Hamas, une des branches de la résistance palestinienne. Or des informations crédibles indiquent que trois autres parties ont joint leurs forces au Hamas, il s’agit du Jihad islamique, du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), du Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG).

« C’est la première fois, depuis cinquante ans, que les organisations de résistances Ghazaouis s’unissent » fait remarquer un observateur. Le peuple palestinien a une cause commune, ses divisions le fragilisent et ouvrent des brèches pour l’ennemi. Les événements récents indiquent cependant qu’une tendance lourde semble se dessiner en faveur de l’unité par le bas, hors des partis. Rappelez-vous la série d’attentats en Israël durant l’année 2022, rappelez-vous aussi la résistance qui se manifeste actuellement en Cisjordanie. Des militants de plus en plus jeunes et inorganisés s’engagent dans la lutte. Mais cela reste des actions spontanées et isolées.

Le peuple palestinien cherche de nouvelles voies d’organisation et de résistance, y réussira-t-il ? Cela dépend de sa capacité à neutraliser les influences extérieures les plus nocives pour sa cause ?

En termes de type de violence, y-a-t-il des similitudes entre ce qui s’est passé en Algérie à l’époque coloniale et ce qui se passe actuellement en Palestine ?

Israël agit en puissance coloniale et les colonisateurs sont tous pareils, partout et en tout temps, ils sont exterminateurs, impitoyables, inhumains. C’est seulement la visibilité de leurs crimes qui change, pas leur nature ! Pensez au 8 mai 1945, en quelques semaines plus de 45 000 morts. Bombardement depuis les navires de guerre, par l’aviation, par les forces armées, la police, les milices. 

Pensez au Viêt Nam où les USA ont largué 1,6 million de tonnes de bombes en trois ans ! Pensez aux 500 000 enfants irakiens morts de faim à cause de l’embargo. Madeleine Albright, secrétaire d’État américaine, interrogée sur le coût humain de cet embargo, a eu cette réponse instructive : « Nous pensons que le prix en valait la peine».

Et plus loin encore pensez au génocide des Hereros et les Namas, dans l’actuelle Namibie, 80 % de la population a été massacré par l’armée allemande ! Ce qui se passe à Gaza présente la caractéristique d’être un massacre colonial en direct, vécu par les peuples en instantané, nous regardons et entendons la mort impitoyable accomplir son œuvre sur des enfants innocents, c’est intolérable ! Révoltant !



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