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Nationale

LF 2016 au Sénat : Benkhalfa convainc les sénateurs

LF 2016 au Sénat : Benkhalfa convainc les sénateurs

C’est cet après-midi que la loi de finances 2016 sera votée et adoptée par le Conseil de la nation. Il ne faudra pas beaucoup de temps pour que cette loi controversée et qui a suscité des polémiques et des altercations violentes passe sans grains de sable.

Ici, au sein du Sénat, le gouvernement ne craint pas des agitations comme celles de l’APN, bien qu’il existe une toute petite poche de résistance ou d’opposition de la part de quelques sénateurs rebelles.

C’est insignifiant. Et c’est favorable comme climat pour que le premier argentier du pays puisse expliquer et tenter de convaincre les récalcitrants que ce projet de la LF 2016 est moins contraignant qu’on ne le pense, et qu’il est plus que nécessaire pour redresser l’économie du pays et trouver des solutions à ses premières crises.

Pour Benkhalfa, il y a bien un déficit budgétaire dû à la chute vertigineuse des cours du brent. Or, c’est un déficit qui semble prendre des allures de catastrophes si le rythme de la dégringolade des prix du baril se poursuit et si le gouvernement ne trouve pas de solutions immédiates et urgentes.

C’est pour cela que le ministre des Finances pense que notre déficit « est structurel et non conjoncturel » et que l’Etat « doit se diriger vers une gestion pragmatique de ses ressources ».
Il reconnaît que la situation actuelle menace les équilibres financiers du pays et c’est ce constat alarmant qui poussa le gouvernement à opter pour deux feuilles de route « complémentaires » : agir et prendre des mesures audacieuses pour réorienter notre économie et sa dépendance envers les hydrocarbures, et maintenir une politique sociale d’équilibre tout en la ciblant vers les couches défavorisées.

Pour Benkhalfa, les augmentations des prix de l’électricité et des carburants, comme les taux des différentes taxes, sont une nécessité pour compenser en partie le déficit et, surtout, compenser les maigres recettes obtenues de la fiscalité pétrolière en chute libre.

C’est dans cette optique que le ministre des Finances a revendiqué l’ouverture du capital des sociétés publiques aux privés nationaux, rassurant même au passage que cette ouverture ne concernera pas les grandes entreprises publiques stratégiques comme la Sonelgaz.

Pour Benkhalfa, la règle 51/49 sera élargie à d’autres secteurs, comme le prévoient d’ailleurs certains dispositifs du nouveau code de l’investissement que s’apprête à défendre à l’APN le ministre de l’Industrie et des Mines dans quelques semaines.

Cette ouverture est dictée par l’impératif financier, car l’Etat n’a plus les capacités de soutenir annuellement des centaines d’entreprises publiques de taille moyenne (on avance le chiffre de 1 500), continuellement en difficulté ou en faillite, mais qui emploient des dizaines de milliers de travailleurs. Une ouverture de capital qui ressemble beaucoup plus à une forme de privatisation « protégée » et « soft » et à une transformation en douceur de la nature même de l’économie nationale, dominée depuis l’indépendance par une idéologie socialiste ou la « préférence des leviers publics » en matière économique.

Avec l’ouverture au privé, le budget de l’Etat sera moins enclin à supporter de lourds fardeaux. D’ailleurs, le recours à l’endettement extérieur pour financer des projets est déjà sur les tablettes du gouvernement. Car, un seul chiffre explique les périls actuels qui pèsent sur les finances l’Etat : la fiscalité ordinaire ne couvrira que 60% des dépenses de gestion. Il en faudra plus pour atteindre un taux qui permettra de satisfaire également les budgets consacrés aux masses salariales et au fonctionnement des services de l’Etat.

Quoi qu’il en soit, il semble bien que cette fois-ci le gouvernement a pris ces précautions pour « amadouer » les sénateurs et les convaincre de la justesse de leurs diagnostics. Hier soir, Benkhalfa était optimiste et confiant.

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