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Nationale

L’extermination programmée de l’intelligentsia

L’extermination programmée de l’intelligentsia

Entre 1993 et 1998, on a assisté à la mise en exécution d’un véritable plan d’extermination des intellectuels algériens par les islamistes armés, toutes tendances confondues (GIA, FIDA et AIS).

C’était un « génocide programmé » bien avant quelque part au Moyen-Orient. Entre 1993 et 1998, pas moins de 500 étudiants algériens ont été assassinés par les terroristes de l’ex-Groupe islamique armé (GIA).

Lors de faux barrages, dans des attentats suicides ou à la bombe et durant les massacres collectifs, les étudiants ont toujours fait partie des victimes. Combien sont-elles ces étudiantes qui ont été égorgées pour avoir refusé de porter le voile imposé par les hordes terroristes du GIA ? Elles sont plus de 67 étudiantes, selon un chiffre dévoilé par une source sécuritaire généralement bien informée.

La plupart d’entre elles faisaient leurs études dans les Universités du centre et de l’ouest du pays. Elles sont dans leur majorité de l’est d’Alger, de Blida, de Tipasa, d’Aïn Defla, de Tizi Ouzou, de Bejaïa et bien d’autres wilayas. C’est le cas d’Amel Zenoune Zouani, cette jeune étudiante âgée de 22 ans qui a été égorgée en 1997 par un islamiste du GIA. La jeune fille a refusé de porter le voile qui lui a été imposé par les soi-disant islamistes.

Elle était une fille armée de courage et d’une rare bravoure, car elle croyait dur comme fer que porter le voile c’est avant tout une conviction, pas une exigence des terroristes du GIA. Comme Amel, il y a des dizaines d’autres étudiantes qui ont subi le même sort. Leur seul tort c’est d’avoir refusé le voile par la force. Même à son époque, le Prophète Mohamed (Qsssl) n’avait jamais imposé le voile pour les femmes.

D’autres étudiants ont été assassinés, égorgés et leurs corps mutilés par les sanguinaires islamistes lors de la décennie noire. Il s’agit de jeunes garçons qui ont refusé de rallier les rangs des terroristes ou qui ont osé dénoncer les actes barbares des groupes armés, tandis que d’autres ont choisi de rejoindre le corps de la Police ou de la Gendarmerie nationale.

Ils sont des centaines à avoir subi ce grave châtiment. Lyès de Kouba, Mohamed de Koléa, Hocine de Hadjout et la liste est longue, ces étudiants ont été assassinés gratuitement. Aujourd’hui, il est grand temps de rendre un vibrant hommage à ces martyrs du monde estudiantin. « J’ai vu un étudiant déchirer sa carte parce qu’il croyait que la photo était haram »

Lyès T. se souvient de ces semaines plutôt « mouvementées » vécues dans l’enceinte de l’Université des sciences et de la technologie Houari-Boumediene (USTHB). Il avait obtenu son baccalauréat en 1989, mention assez bien dans la filière sciences transitoires. Grand amoureux de la nature, il avait opté pour le tronc commun des sciences de la nature. Son but : obtenir un diplôme dans une filière liée à la nature.

Il était en première année quand les événements commençaient à perturber la stabilité du pays. Ces événements ont fini par atteindre l’université où des centaines d’étudiants dits « islamistes » tentaient d’imposer à l’université la volonté des dirigeants de l’ex-Front islamique du salut (FIS). « Des marches commençaient à être organisées au sein de cette université que des partisans de l’ex-FIS cherchaient à entraîner dans le terrain politique.

« Ils cherchaient à imposer à notre université le soutien à cet ex-parti, ne respectant pas le principe de non-politisation de l’université », témoigne Lyès. « Plusieurs fois, des marches vers l’extérieur de l’université ont été tentées. Elles étaient organisées en solidarité avec des dirigeants de l’ex-FIS interpellés et pour dénoncer l’interruption des élections législatives de 1991.

Je me rappelle que des policiers des brigades antiémeutes étaient postés à la sortie de l’université. Ils ont empêché les étudiants de sortir pour cette marche. Les étudiants partisans de l’ex-FIS ont fait plusieurs tentatives, mais sans réussir.

La marche a finalement eu lieu à l’intérieur de l’université. Des centaines d’étudiants scandaient « aâlayha nahya, wa aâlayha namout » (pour elle nous vivrons et pour elle nous mourrons). L’un des slogans de l’ex-FIS », dira-t-il. « Les brigades antiémeutes ont respecté l’espace universitaire et n’y ont pas accédé. Elles empêchaient les étudiants d’organiser une marche à partir de cette université vers l’extérieur.

En ce jour il y avait plusieurs manifestations à Alger et celle-là devait, selon les souhaits de ses organisateurs, avoir lieu pour joindre les autres marches », témoigne cet ancien étudiant. « Les étudiants qui devaient quitter l’université pour rentrer chez eux pouvaient le faire du côté de la gare ferroviaire. Ceux qui tentaient d’organiser une marche et sortir du portail donnant sur la route menant à Bab Ezzouar en étaient empêchés par les policiers », témoigne encore cet ex-étudiant.

« Il y avait un étudiant de la même promotion que moi qui avait même déchiré sa carte d’étudiant parce que, selon lui, la photo était haram. Il participait à la tentative de marche en soutien à l’ex-FIS. Je ne l’ai pas revu depuis cette année et je ne sais pas ce qu’il est devenu », témoigne encore Lyès, tout en se félicitant du fait que l’université n’ait pas cédé aux partisans du parti d’Abassi Madani. 

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