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Nationale

L’expertise sans préjugé

L’expertise sans préjugé

C’est hier qu’ont débuté à Alger les travaux d’un atelier portant sur « l’enquête et la poursuite d’affaires terroristes, en lien avec la menace de combattants terroristes étrangers. » Organisée par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et financée par l’ambassade du Japon, cette rencontre regroupe différents spécialistes de la question qui doivent échanger des expériences et des points de vue.

Bien entendu, ce sera l’occasion de profiter de l’expertise algérienne dans le domaine, durant ces trois journées de concertation qui ambitionnent de conclure par des recommandations pratiques. Pour le renforcement de l’arsenal législatif au bénéfice de la coopération internationale dans la lutte contre le terrorisme. Question : le décalage culturel dans l’appréhension du « jihadisme » peut-il être surmonté ?

Le prisme culturel

La problématique n’est pas taboue mais gêne la plupart des experts algériens qui ont à partager leur expérience avec leurs confrères étrangers notamment les Occidentaux.

Comment expliquer à des profanes les articulations de la radicalisation islamiste (puisqu’il s’agit de la source la plus répandue actuellement des actions terroriste) à des technocrates qui confondent, malgré eux, la foi et le fanatisme ? Pas évident même si l’académisme de ces experts formés dans les meilleurs centres de renseignements après de brillantes études en langue arabe dans de grandes universités doit leur permettre théoriquement de faire le distinguo entre le prosélytisme et le recrutement terroriste.

Les préjugés sont têtus et peu d’entre eux peuvent concevoir la dé radicalisation par l’enseignement religieux. Laïcité et judéo-christianisme conditionnant un tant soit peu la représentation.

Les Algériens ne l’ignorent pas et prennent en compte le hiatus dans l’approche du phénomène. « Il nous faut toujours recommencer, expliquer, démontrer que ce qu’ils appellent le « jihadisme » n’a rien à voir avec le Jihad de notre sainte religion.

Dubitatifs ou surpris ces experts étrangers très techniciens ne sont pas mécontents de sortir de l’amalgame parce qu’ils deviennent beaucoup plus efficaces dans le repérage des cas de radicalisation (…) surtout que les politiques leur demandent conseil pour la prévention… »

La voix de l’Algérie

Voilà donc ce qui pourra aussi faire l’objet d’un échange en filigrane lors de ces discussions à huis-clos que d’autres étrangers, les Japonais, soutiennent financièrement après le tragique épisode de Tiguentourine où plusieurs de leurs ressortissants ont perdu la vie malgré l’intervention salvatrice des forces de sécurité algériennes.

Une mise à niveau quant à l’identification du terrorisme par-delà les enquêtes et la poursuite des affaires terroristes devrait se voir renforcer et traduite par un renforcement de la législation et une harmonisation des textes pour une meilleure coopération internationale.

Le représentant du ministère des Affaires étrangères algérien, Mourad Adjabi, a déclaré lors de l’ouverture des travaux que « L’Algérie mesure l’importance des efforts qui doivent continuer d’être consentis inlassablement à l’échelle mondiale pour mieux combattre et s’adapter aux formes et moyens sans cesse changeants du terrorisme, notamment avec la montée du phénomène de radicalisation et d’extrémisme violent(…)des réformes doivent être entreprises tant pour démocratiser les relations internationales au sein du Conseil de Sécurité que pour réaliser le développement et l’égalité sans lesquels il serait vain de vouloir concrétiser la paix, la sécurité et la stabilité internationales ».

La démocratisation des relations internationales étant la seule manière de tirer profit des pays qui ont malheureusement une expertise réelle de terrain dans la lutte contre le terrorisme islamiste qui frappe d’abord les pays musulmans qui ont à déplorer des centaines de milliers de morts au nom de leur religion qui interdit telle barbarie.

Gageons que la criminalisation du paiement des rançons sera de nouveau abordée comme un cas d’école que l’Algérie a soumis avec pertinence à l’ONU.

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